La Chaussée a dit , dans Mélanide , acte m , scène
Les amans sont enti'e eux un peuple bien bizarre.
2. Relisez cette admirable scènç où deux amans viennent de se raccom-
Goosle
De vous plaire à me dire une chose affligeante ?
MARIAJfE.
Mais, vous, n*êtes-vous pas l'homme le plus ingrat...?
DORINE
Pour une autre saison laissons tout ce débat , Et songeons à parer ce fâcheux mariage.
MARIANE
Dis-nous donc quels ressorts il faut mettre en usage.
DORINE
Nous en ferons agir de toutes les façons.
( A Marîane. ) (A Valère. )
Votre père se moque ; et ce sont des chansons.
(A Mariane.)
Mais, pour vous, il vaut mieux qu'à son extravagance D'un doux consentement vous prêtiez l'apparence, Afin qu'en cas d'alarme il vous soit plus aisé De tirer en longueur cet hymen proposé.
En attrapant du temps , à tout on remédie.
Tantôt vous payerez ^ de quelque maladie ,
moder, et où Tirn d*eux, après la paix faite et scellée, dit, pour la première parole :
Oh çà! n'ai-je pas lieu de me plaindre de vous ?
Relisez cent traits de cette force; et, si tous avez aimé, vous tomberez aux genoux de Molière , et vous répéterez ce mot de Sadi : « Voilà celui qui sait c< comme on aime.» (Laharpe.)
I. Tantôt vous payerez ; payerez f est ici de trois syllabes, comme dans ce vers de Quinault :
Je payerai bien chèrement, etc.
La Fontaine a {dix payerai de deux syllabes dans sa première fable. Molière, dans une pièce qu'il a écrite avec force, revient ici à une négligence qu'il avait déjà plus d'une fois évitée. Vaugelas avait cependant décidé qu'il fallait dire , en poésie ,je pairaif je loùrai, et non ^às je payerai , etc. ( Bret. )