‹ Le TartuffeChapitre 9 sur 106 · TROISIÈME PLACET · texte numérisé non relu

TROISIÈME PLACET

PRÉSENTÉ AU ROI LE 5 FÉVRIER l66g.

OIRE,

Un fort honnête médecin , dont j'ai l'honneur d'être le malade ^ me promet et veut s'obliger pardevant notaires de me (aire vivre encore trente années, si je puis lui obtenir une grâce de Votre Majesté. Je lui ai dît , sur sa promesse , que je ne lui demandois pas tant, et que je serois satisfait de lui pourvu qu'il s'obligeât de ne me point tuer. Cette grâce , Sire , est un canonicat de votre chapelle royale de Vincennes, vacant par la mort de. . .'.

Oserai-je demander encore cette grâce à Votre Majesté le propre jour de la grande résurrection de Tartuffe , ressuscité par vos bontés ? Je suis par cette première fciveur réconcilié avec les dévots ; et je le serois par cette seconde avec les médecins. C'est pour moi , sans doute , trop de grâces à la fois ; mais peut-être n'en est-ce pas trop pour Votre Majesté : et j'attends avec un peu d'espérance respectueuse la réponse de mon placet '.

I. M. de Mauvilain est le médecin pour lequel Molière a fadt le troisième placet qui est à la télé de son Tartuffe , lorsqu'il demanda au roi un canonicat de Vincennes pour le fils de ce médecin....

On rapporte, dans deux liwes de remarques, que, M. de Mauvilain et lui étant à Versailles au dîner du roi , Sa Majesté dit à Molière : « Voilà donc votre <' médecin? Que vous fadt-il? ^ Sire, répondit Molière, nous raisonnons en- « semble ; il m'ordonne des remèdes, je ne les fsâs point, et je guéris. » (Grx-

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