SCENE iV ELMIRE, DAMIS, TARTUFFE
DAMIS, sortant du cabinet ou il s'ctait retiré.
Non, madame, non : ceci doit se répandre. J'étais en cet endroit, d'où j'ai pu tout entendre; Et la bonté du Ciel m's-semble avoir conduit l'our confondre l'orgueil d'un traître qui me nuit. Pour m'ouvrir une voie à prendre la vengeance De son hypocrisie cl de son insolence, A détromper mion père, et lui mettre en plein jour L'àme d'un scélérat qui vous parle d'amour.
ELMIRE
Non, D.aniis : il suîTit qu'il se rende plus sage, r.l t.^che H mériwM' ia grâce où je m'engage.
52 LE TAnrUFFE
Puisque je l'ai promis, ne m'en dédites pas. Ce n'est point mon hnmcur de faire des éclats; Une femme se rit de soi lises pareilles, Et jamais d'un mari n'en trouble les oreilles.
Vous avez vos raisons pour en user ainsi;
El pour faire autrement j'ai les miennes aussi.
Le vouloir éiDargner est une raillerie ;
Et l'insolent orgueil de sa cagoterie
N'a triomphe que trop de mon juste courroux,
Et que trop excité de désordre chez nous.
Le fourbe trop longtemps a gouverné mon père
Et desserNÏ mes feux avec ceux de "N'alère.
Il faut cjue du perfide il soit désabusé;
Et le Ciel pour cela m'offre un moyen aisé.
D3 cette occasion je lui suis redevable,
Et, pour la négliger, elle est trop favorable :
Ce serait mériter qu'il me la vînt ravir
Que de l'avoir en main et ne m'en pas servir,
elmiue
Non, s'il vous plaît; il faut que je me croie. }.[on âme est maintenant au comble de sa joie; Et vos discours en vain prétendent in'obligcr A quitter le plaisir de me pouvoir venger. Sans aller plus avant, je vais vider l'affaire; Et voici justement de quoi me satisfaire.