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Appareil de Cauro

La difficulté d'atteindre directement le mouvement de la membrane résulte, d’une part, de l'extrême petitesse

des efforts électromagnétiques mis en jeu — et à ce point de vue l'emploi d’un dispositif optique d’observation s'impose — et, d'autre part, de l’extrême petitesse du mouvement de la membrane — et ce second point de vue conduit à l'emploi des méthodes interférentielles de mesures dont l’usage s’est tellement étendu dans ces dernières années.

C'est sous cette forme que Cauro, dans sa thèse intitulée : Mesures sur le microphone (Paris, 1899), aborda la question (‘). Le dispositif optique qu’il employait était

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Fig. 22.

- DISPOSITIF DE CAURO.

T Téléphone; D Disque en verre plan; P Plan de verre formant les anneaux; L Lentille.

des plus simples et à peu près identique à celui de Fizeau. « La membrane portait en son centre un petit disque en verre, destiné à former les anneaux. Devant la membrane se trouvait un deuxième plan de verre monté dans un barillet qu’on pouvait déplacer d’avant en arrière et fixer par une vis et qui portait une lentille convergente de court foyer (10°" environ). On formait au foyer de cette lentille une image très petite de la source que l’on pouvait placer très loin, dans une direction perpendiculaire à l’axe de

(1) Antérieurement, Salet avait eu déjà l’idée d'utiliser les propriétés des anneaux colorés pour l’étude du téléphone.

5o A. GUYAU.

l'appareil, la lumière étant renvoyée au moyen d’un petit prisme à réflexion totale.

Le faisceau tombe parallèlement sur le système de Ja lame fixe et du petit disque en verre. On forme les anneaux au contact, puis on s'éloigne progressivement jusqu'à atteindre le maximum qui suit la septième ou huitième extinction. On a alors entre les deux verres une distance de 2"*, ce qui est très important pour supprimer les effets de la viscosité de l’air et les effets dus à l’attracuon des deux plaques qui doivent se produire au contact.

On fait vibrer la membrane, les franges se brouillent, on leur rend leur netteté en stroboscopant le faisceau. On les voit alors se mouvoir lentement. On forme un quadrillage sur la plaque de verre qui est en avant. On mesure sur ce quadrillage le déplacement des franges » (1).

« La vibration de la membrane téléphonique et celle de la plaque microphonique sont de l’ordre d’une fraction de micron. Au contraire, la vibration de la couche d’air est de l’ordre de plusieurs centièmes de millimètre (ou tout au moins de la membrane élastique légère qui la mesure) (?). »

La mesure du déplacement des franges au moyen d’une simple glace quadrillée est des plus rudimentaire. Elle n'a permis à Cauro que l'évaluation de l’ordre de grandeur des déplacements de la membrane téléphonique. Sans doute n'a-t-il pas poussé plus loin sa tentative à cause de la difficulté de la mise au point d’un véritable appareil de mesure.

Toutefois, dès 1893, Raps (*), dans une étude des vibrations de l’air, parvint à photographier des franges d’interférence obtenues dans un réfractomètre de Jamin. Son dispositif d'enregistrement par cylindre tournant était analogue à celui que j'ai étudié pour l’oscillographe interférentiel décrit ci-après. Pè

(*) Cauro, Mesures sur le microphone, Thèse, p. 36.

(2) Cauro, Loc. cit, p. 55.

(°) Rars, Wiedemann's Annalen 1893, t. L et Journal de Physique, 1894, 3°'série. t. III.

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