CHAPITRE LL
TENTATIVES D'EMPLOI DU TÉLÉPHONE COMME INSTRUMENT DE MESURES RELATIVES.
[. — Appareil de Wien.
A côté des nombreuses méthodes de mesures où le téléphone est employé comme indicateur de maximum ou de minimum, des tentatives ont été faites pour utiliser cet instrument comme un véritable galvanomètre, Je citerai d'abord un appareil usité dans les laboratoires allemands et qui est dû à Wien.
La description et l'indication des travaux que l’auteur a effectués avec cet appareil ont paru sous le titre : Le téléphone employé optiquement pour la mesure de l’intensité des courants (').
Je reproduis ci-dessous la Note que M. Bouty a consacrée à ce Mémoire (?) :
« Le téléphone employé est un téléphone ordinaire ou un téléphone muni de deux électro-aimants symétriquement placés par rapport à la membrane et lui présentant leurs pôles de noms contraires.
» La membrane du téléphone est reliée, par l’intermédiaire d’une tige mince fixée à son centre, à un morceau de ressort de montre très fin qui porte un miroir. Quand on fait passer un courant dans la bobine du téléphone, le miroir éproave un déplacement angulaire qu'on mesure par la méthode de réflexion et qui, dans des limites assez larges, est proportionnel à l'intensité du courant.
(!) Wiedemanns Annalen, t. XLIT, p. 593-621; L. XLIV, p..681-712. (2) Journal de Physique, 3° série, t. I, p. 547 et suiv.
Le
On peut régler la longueur du ressort de manière que la période de ses vibrations propres coïncide avec celle de la membrane et celle du courant sinusoïdal employé; l’amplitude de lexcursion du miroir est alors amplifiée dans un rapport théoriquement infini et pratiquement supérieur à 100 et l'appareil devient propre à déceler et à mesurer des courants sinusoïdaux de très faible intensité, Il est à remarquer que le téléphone optique de Wien, réglé pour des courants sinusoïdaux de période déterminée, peut être considéré comme à peu près insensible pour des courants d’une autre période. Il en résulte que, tandis que le téléphone acoustique ne peut jamais être réduit au silence dans les mesures effectuées au moyen du pont de Wheatstone et qu’il y a seulement un minimum de bruit, le miroir du téléphone optique peut être amené rigoureusement au repos. »
Wien a employé son appareil pour la mesure de la résistance de l’acide sulfurique étendu au voisinage du maximum de conductibilité, comme appareil de zéro dans un pont de Wheatstone parcouru par des courants alternatifs, pour la comparaison de coefficients d’induction entre eux ou à des capacités, etc.
Quelque intérêt que présente cet appareil, il offre cet inconvénient d’être exclusivement un appareil de résonance et, comme tel, d’avoir des applications limitées. En outre, les déplacements du miroir ne sont liés à ceux de la membrane que par l’intermédiaire d’un dispositif mécanique dont l’inertie déforme, altère le mouvement de celle-ci.