CONCLUSION
En abordant l'étude du téléphone comme instrument de mesure, j'ai eu surtout en vue l’écouteur téléphonique. Le microphone, en effet, constitué par des contacts imparfaits, donc instables, n’a pas une régularité de fonctionnement (!) qui puisse, en général, lui permettre d’être utilisé pour des mesures acoustiques (?). L'usage du récepteur téléphonique, bien au contraire, est aujourd’hui courant dans les laboratoires et même dans l’industrie. [I n’est, il est vrai, employé jusqu'ici que comme instrument de zéro et c’est sous cette forme que je l’ai tout d’abord présenté au lecteur.
Une étude complète du pont de Wheatstone en courant alternatif (3) m'a permis d'exprimer la condition générale du silence téléphonique, condition qui, je crois, n'avait pas encore été donnée. Elle est suivie d’une monographie sommaire des principales méthodes de zéro actuellement utilisées, soit dans les laboratoires, soit dans l’industrie.
Mes recherches ont porté ensuite sur les moyens de transformer l’écouteur téléphonique en un véritable galvanomètre, de le faire sortir du rôle négatif, quelque important qu'il soit, que lui imposait son emploi exclusif comme indicateur de maximum ou de minimum.
Des travaux antérieurs avaient fixé l’ordre de grandeur des déplacements de la membrane vibrante (4). Le but
(:) On trouvera à ce sujet des précisions intéressantes dans les travaux de CAMPBELL, MVational Physical Laboratory Collected Researches, t. IV, 1908.
(2?) Voir cependant l’usage que Mercadier a fait du microphone dans ses recherches sur la sensibilité des écouteurs et le rôle de la membrane vibrante.
(5) Chapitre IT, p. 11 et suivantes.
(*) Cauro, Recherches sur le microphone (Thèse Paris, 1899).
que je m'étais proposé ne pouvait être alteint que par la réalisation d’un appareil permettant d'observer des mouvements de très petite amplitude, Get instrument, que j'ai appelé oscillographe interférentiel (1), m’a permis d'enregistrer photographiquement, dans de bonnes condiuons, des vibrations rapides (512 «) avec une précision dépassant oë,o1 (?).
La substitution de lentilles cylindriques aux lentilles sphériques que j'ai jusqu'ici employées, réduirait notablement le temps de pose et permettrait d'aborder avec la même précision l'étude des vibrations les plus rapides.
Le fonctionnement de cet oscillographe soulève toute une série de problèmes que je me suis attaché à résoudre: calcul du mouvement des surfaces interférentielles en fonction de celui des franges (3), séparation- des raies de l'arc au mercure (‘), conditions d'éclairement maximum des miroirs interférentiels (5), netteté des franges en lumière non parallèle (5), ordre de grandeur «les temps de pose en fonction de la période du mouvement (7).
Les formules simples auxquelles je suis parvenu, permettent de caractériser les conditions expérimentales (S$) et d'aborder le problème que l'ingénieur doit toujours se poser en présence d’un appareil nouveau : comment modifier les éléments caractéristiques d’un premier instrument pour satisfaire, si cela est possible, à des conditions données de fonctionnement et d’encombrement? (°).
(*) Description : Chapitre IV, p. 51; Tableau synoptique de ses principales caractéristiques : Chapitre IV, p. 55.
(2) Chapitre IV, p. 60.
(3) Chapitre IV, p. 56 et Note I, p. 103.
(‘) Chapitre V, p. 66.
(5) Chapitre V, p. 72:
(5) Chapitre V, p. 73, et Note II, p. 109.
(*) Chapitre IV, p. 59.
(#) Chapitre V, p. 72, et Chapitre IV, Tableau synoptique, p. 55.
(?) Chapitre V, p. 83.
Les reproductions (!) d’un certain nombre d’oscillogrammes correspondant, soit à des vibrations vocales, soit à des vibrations régulières, permettront à l’expérimentateur de se rendre compte des ressources que lui offre l’oscillographie interférentielle appliquée à l’enregistrement du mouvement de la membrane téléphonique (?).
Les recherches que je viens de résumer ont été faites dans le laboratoire de M. P, Janet, à la Sorbonne. Je lui exprime ici toute ma reconnaissance pour l'accueil qu'il a bien voulu me faire, les conseils et les encouragements qu'il n’a cessé de me donner. Je prie également mes anciens maîtres MM. Fabry et Tissot, ainsi que MM. Bouasse, Jouaust, Riquier et Sagnac, d’agréer mes plus vifs remerciements pour l’appui que mon inexpérience a trouvé auprès de leur science.
(:) Chapitre IV, p. 55, et Chapitre VI, p. 85 à 96. (?) Chapitre VI, p. 85 et suivantes.