I. — Arthritisme
L’arthritisme est considéré, chez l’adulte, comme une diathèse précipitante, c’est-à-dire que les arthritiques font facilement des précipités, des dépôts qui se traduisent par des calculs biliaires, rénaux, amygdaliens, intestinaux, par les tophus de la goutte. Cette prédisposition tient aux troubles des échanges internes, portant sur l’acide urique, l’acide oxalique, la cholestérine, les phosphates, etc...
Contre la formation de ces divers calculs, l’opothérapie peut agir préventivement.
Son action est formellement démontrée sur les crises passagères de l’arthritisme, que j’ai appelé les Endocrinolepsies, pour montrer les liens qu’eUes affectent avec les endocrines, en même temps que pour indiquer le caractère brutal de leur apparition, comme celle de l’épÙepsie.
1“ La Migraine
C’est une forme spéciale de mal de tête à douleurs inoubliables. Elle survient par crises, est souvent localisée à une moitié seulement du crâne, d’où son nom é’hémicranie. Elle commence en général dès l’enfance, et s’accompagne de phénomènes, nausées, parfois vomissements, vertiges, etc... Pendant toute la durée de mes études médicales, le traitement de la migraine paraissait au-dessus des ressources de l’art. Mis ultérieurement en présence de cas de migraines typiques, dans mon entourage, j’étais honteux et malheureux de cette carence thérapeutique. Pendant cinq ans, j’ai étudié les diverses migraines qui se présentaient à mon observation et je formulais alors une théorie générale de la migraine. Elle m’amenait à lui fixer un siège bulbaire, au voisinage des centres de la nausée, des vomissements, du vertige, du grand centre circulatoire; à reconnaître Vinfluence déchaînante, chez les femmes, de certains actes périodiques, le rôle bienfaisant de la gestation et je fus conduit à la connaissance de la migraine thgroïdienne.
Je résume très brièvement ici les derniers cas démonstratifs que j’ai publiés à l’appui des effets thérapeutiques de l’opothérapie dans la migraine.
1“ Vieille fille dont toute la vie a été empoisonnée par des crises de migraine, qui survenaient jusqu’à trois fois par semaine, la maintenaient au lit et lui interdisaient le moindre projet de déplacement, à Versailles, par exemple. Sujet ayant des pulsations très rapides et fabriquant beaucoup de chaleur. Soumise au traitement thjTOÏdien, à doses très petites, dont elle prit une boîte de quarante-huit cachets en trois mois, elle n’éprouve pendant ce temps qu’une migraine, d’une journée, pour avoir assisté une
les endocrines
anrie au moment de la mort de son mari. Une seconde migraine avorta. Elle put alors aller retrouver, en Chine, une sœur qui s’y trouvait mariée, y resta, toute une année, et fut prise ensuite d’une véritable frénésie de voyages.
J’avais antérieurement guéri son frère de migraines par le traitement thyroïdien. Fait confirmatif : prisonnier pendant la guerre, il fut pris alors d’une maladie de Basedow.
2“ Un de nos grands inventeurs présentait des céphalées quotidiennes et des migraines assez rares, mais qui se terminaient par des angoisses cardiaques, lui donnant la sensation de la mort, et par une perte de connaissance.
11 fut débarrasé de ses migraines et de ses céphalées par le traitement thyroïdien à petites doses, auquel il est resté fidèle, tout en augmentant progressivement le dosage.
3“ Migraineuse depuis l’âge de quatorze ans jusqu’à soixante-huit ans, sans avoir été améliorée — ce qui est pourtant la règle — par la naissance de deux enfants ou par la ménopause. Une première boîte de cachets de corps thyroïde diminua ses migraines; elle fut guérie par une deuxième boîte. Le jour où je repris complètement son observation pour la publier, elle me rappela dans l’escalier, pour ajouter qu’elle pou- '■uit actuellement manger du chocolat, qui lui donnait auparavant — ce qui est d’ailleurs fréquent — des crises de migraines.
J’ai signalé ailleurs les migraines par ceüvdite qui se rattachent également aux glandes. Elles guérissent toutefois par un traitement de massage vibratoire.
D’autres glandes interviénnent dans la préparation et l’explosion de la migraine : ovaire, surré^e, hypophyse, parathyroïde, foie, et, suivant les cas, le thérapeute doit se guider sur les troubles de chacune de ces glandes, pour lutter victorieusement contre cette douloureuse affection.
2“ L’Asthme
Ce mot est souvent employé à tort pour indicper toute variété de gêne- respiratoire. En réalité, il a un sens précis: il correspond à une aiFection dont le point de départ est localisé au centre bulbaire du nerf de la respiration (nerf pneumo-gastrique), et qui, par perturbation de ce centre, donne lieu à des crises de spasmes respiratoires, avec impression parfois atroce, d’étouffement.
Cette maladie est souvent héréditaire. Sur le noyau prédisposé de l’asthme, de nombreuses influences infectieuses, toxiques, autotoxiques, agissent pour le rendre encore plus sensible. Une cause accessoire, émotion, odeurs, congestion nasale, fait alors éclater la crise.
Tant au point de vue de la prédisposition asthmatique que de l’apparition de l’accès d’asthme, les endocrines interviennent. Je n’indique ici que quelques résultats personnels du traitement thyroïdien.
La première asthmatique, dont j’ai publié l’observation, était âgée de quarante ans; elle était atteinte depuis douze années d’accès d’asthme, se prolongeant jusqu’à deux jours et demi, survenant de deux à trois fois par mois, Elle n’était
Planche XI
Fig. 21
Aoanl le Irailemenl thuroïdien.