ASTHME JUVÉNILE
LES ENDOCRINES
jamais restée plus de trois mois sans en avoir. Le traitement thjToïdien a eu une action immédiate, puis continue, sur l’oppression et l’état général de la malade. Quant aux crises d’asthme, elle n’a plus jamais éprouvé de crise, et a travaillé tous les jours sans interruption.
Garçon de dix-huit ans atteint d’asthme et d’arthritisme héréditaire. On retrouve dans ses antécédents la migraine, l’eczéma, le rhumatisme. Chez lui, l’asthme a débuté dès l’enfance. Il représente un type de « chétif », avec rachitisme de la colonne vertébrale et état neurasthéniforme. Il avait été soumis pendant une dizaine d’années au traitement ioduré, sans aucun résultat. Dès le premier mois de l’emploi de la thyroïde, (novembre 1910), au lieu de crises quotidiennes, il n’en a ressenti qu’une en décembre, moins forte et plus courte que les précédentes.
Les crises se sont espacées au point de faire prononcer le mot de guérison. Pendant la guerre, à force de persévérance, ce brave jeune homme a pu s’engager comme automobiliste. (PI. XI, fig. 21-22). Il a été alors repris de quelques crises à Salonique, mais depuis, l’asthme a, pour ainsi dire, disparu ; il s’est marié et s’est créé une belle situation.
L’asthme nasal, rhinite spasmodique, qui, lorsqu’il est spécialisé à une certaine époque de l’année, est dénommé « rhume des foins », réalise une localisation morbide sur certaines cellules du nerf trijumeau, dont les branches se rendent à la muqueuse nasale. Deux symptômes essentiels le caractérisentdes éternuements en série (symptôme mote^) et symptôme sécrétoire : écoulement d’un liquide
clair comme de l’eau, assez abondant pour tremper plusieurs serviettes. Les deux exemples suivants montrent l’influence curative de la poudre de thgroîde contre cet asthme, coupable parfois de troubler l’existence de celui qui le présente.
Une infirmière de la clinique Henri de Rothschild a commencé son asthme, par des crises de larmoiement, qui se sont prolongées pendant un an. Ultérieurement, et tous les jours, pendant quatre ans, une crise survenait dans l’après-midi et se prolongeait jusque vers le matin. Elle passait son temps à éternuer et à se moucher, n’arrivait à dormir qu’à force d’excès de fatigue.
Dès le troisième cachet de thyroïde, le nez cessa de couler, les éternuements disparurent; elle fut par ailleurs, transformée dans tout son tempérament.
Une actrice d’un de nos grands théâtres présentait des crises d’asthme des foins, provoqués particulièrement par l’odeur des fleurs et compliquées d’une toux ressemblant à celle de la coqueluche, mais qui, heureusement, ne survint jamais lorsqu’elle était sur la scène.
Soumise à la thyroïdothérapie, le 11 juin, elle se trouva si modifiée que, le 20 juin, elle n’hésita pas à aller à la campagne. Je fus agréablement surpris, en allant chez elle, le 23 juin, de voir son appartement rempli de fleurs.
3“ Le Rhumatisme
Bien différent du rhumatisme articulaire aigu, qui est une maladie infectieuse, tout en évoluant de préférence chez des sujets porteurs de trouWes en-
les endocrines
docriniens, le rhumatisme chronique porte également sur les articulations, mais sa tendance naturelle est d’évoluer sur un mode chronique. îl peut débuter dès l’enfance. En réalité, il est plutôt l’apanage de gens plus âgés.
Il revêt des formes multiples. La variété proprement douloureuse comprend des sujets, vrais baromètres, d’une extrême sensibilité, qui prévoient les changements de temps et sont très affectés par les variations cosmiques.
Une forme déjà plus avancée se traduit par des craquements, des froissements articulaires, qui sont les indices du manque de synovie, ce qui répond à une sorte de vieillissement souvent précoce des articulations.
Le bruit de neige écrasée, surtout perceptible au genou, est en rapport cette fois avec une inflammation de la synoviale.
Un degré de plus, du liquide est exsudé dans l’articulation, c’est V ^ hydarthrose ^.
Des raideurs, des ankylosés, avec atrophies musc^aires, des déformations, rendant les mouvements difficiles et douloureux, représentent un palier déjà plus élevé du rhumatisme.
La force maxima est réalisée par le rhumatisme chronique déformant progressif. Le malade est frappé dans un nombre plus ou moins considérable d’articulations, y compris celle des mâchoires et de la colonne vertébrale, celles des doigts et des orteils, n se produit de l’hypertrophie ou de l’atrophie des os, des subluxations qui mettent le sujet à la torture et rMuisent son activité. Il finit par être condamné a l’immobilisation, parfois à l’alitement continu. Les rhumatisants chroniques, peu fortunés, forment la clientèle des hospices où ils entrent comme incurables.
Le rhumatisme chronique évolue fréquemment sur un terrain d’arthritisme. Les glandes, en particulier, la thyroïde et Yovcdre, sont souvent troublées chez ce genre d’infirmes. C’est par le rhumatisme chro-
nique que, concurremment avec la migraine, i’ai commencé, il y a vingt-cinq ans environ, l’emploi dû traitement thyroïdien contre l’arthritisme.
Mon premier malade, qui ne faisait plus aucun mouvement des membres inférieurs et chez qui on avait le droit de prévoir la nécessité prochaine de lui introduire les aliments, dans la bouche, fut transformé par la médication thyroïdienne. Le dosage alors n’était pas précisé. Mon malade me poussait à lui prescrire des doses de plus en plus fortes, car plus je les élevais, plus il voyait fondre ses déformations et disparaître ses douleurs. Malheureusement, il fut sensibilisé par la médication, et je dus suspendre le traitement, alors qu’il était en pleine voie de transformation.
Je me contenterai de choisir, dans un lot de -trois cents cas de rhumatisme chronique grave, dont j’ai publié les résultats en 1913, quelques exemples, pour démontrer les effets de la médication thyroïdienne contre cette affection morbide, rebelle aux médications préconisées auparavant.
Un sujet de quarante et un ans, atteint de rhumatisme héréditaire à forme articulaire et musculaire, souffre depuis une vingtaine d’années de poussées continuelles, dont l’une l’immobilisa durant huit mois et doüzie jours. Soigné en décembre 1905 et janvier 1906 par soixantedeux cachets de poudre thyroïdienne, il n’a plus, dans l’espace de dix ans, et par exception, qu’une demi-journée de douleurs qui ne le font pas s’arrêter dans son travail.
Planche XII