‹ Le tempérament et ses troubles. Les glandes endocrinesChapitre 34 sur 57 · A PROPOS DE PROBLÈMES TOUCHANT LES DIVERSES BRANCHES DE LA MÉDECINE · texte numérisé non relu

A PROPOS DE PROBLÈMES TOUCHANT LES DIVERSES BRANCHES DE LA MÉDECINE

Le grand public, qui cherche un remède à toutes ses misères, a intérêt à ne pas ignorer que dans nombre de problèmes, qui fout l’objet des préoccupations du chirurgien, de l’accoucheur, des médecins spécialistes, le tempérament intervient, laissant « pointer l’oreille », des endocrines et réclame les bienfaits de l’opothérapie.

A) Chirurgie. — Un individu, renversé par une auto, a une fracture du crâne. C’est là un pur accident, qui n’a rien à voir avec le tempérament. Toutefois, si l’accidenté est diabétique, son diabète en sera aggravé; gare à un coma diabétique, qu’il faut prévenir par l’insuline.

Lorsqu’au lieu d’être provoqué par un traumatisme violent, une fracture du col du fémur est la suite d’un simple faux pas, il y a lieu de rechercher, dans l’état glandulaire, la cause et le traitement de la fragilité osseuse.

I.a réitération des fractures, le retard de leur consolidation sans raison locale, doivent conduire à un inventaire endocrinien, qui entraîne une opothérapie bienfaisante.

J’ai soigné av^ec le Dr. Roederer une jeune fille de 28 ans, porteuse de barbe, obèse, dont les

menstrues, souvent suspendues, étaient remplacées par des enflures, simulant l’érysipèle, et qui s’était fait, dans son appartement, trois fractures spontanées.

Le traitement opothérapique, joint à la restriction alimentaire, consolida rapidement la troisième fracture, La malade maigrit, les règles revinrent d’abord régulièrement, la pousse de la barbe fut arrêtée. Pour être complet, j’ajoute que la malade fut reconnue plus tard atteinte de syphilis héréditaire.

Une rétention d’urine, une dilatation paralytique de l’estomac, une constipation rebelle, consécutives à des opérations, cèdent parfois à l’opothérapie hypophyso-sm-rénalienne.

Un chirurgien est appelé d’urgence pour un anthrax à marche rapide. Le dosage du sucre dans le sang et dans l’urine, le dosage de l’acétone doivent être précisés, sans perdre un instant.

Un sujet fait facilement de la suppuration) une plaie ne guérit pas normalement; parmi les causes de la tendance à faire du pus ou de ce retard à ^érir des plaies, peut figurer, — tuberculose, syphilis, mises à part —l’état endocrinien.

C’est encore lui qui peut être responsable d’hémorragies, immédiates ou tardives, liées aux opérations. Aussi, avant toute intervention, une étude du sang est-elle nécessaire pour éviter, par un traitement glandulaire préventif, (foie, rate, hypophyse, thyroïde), un ennui de cet ordre.

Il mettra également à l’abri, dans une certaine mesure, de la complication, tant redoute, de la phléflui» si elle comporte un élément infectieux, est facilitée par une prédisposition naturelle des veines.

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Le chirurgien doit, avant de prendre le bistouri en main, penser aux états fluxionnatres qui simulent l’ovarite, l’ostéomyélite, la cholécystite, la mastoïdite. Ces états sont en général, de caractère incomplet, de durée passagère, mais sujets à répétition.

Par contre une chirurgie des glandes : thymus, thyroïde, ovaires, surrénales, sollicite l’babileté de l’opérateur.

Les greffes testiculaires, ovariennes, thyroïdiennes, parathyrofidiennes, ouvrent, de]>uis Voronoff, à la chirurgie, un chapitre d’endocrinothérapie, à laquelle mon ami îlartigues a consacré un intéressant ouvrage.

B) L’Accoucheur rencontre les endocrines, à tous les carrefours de sa profession; elles interviennent invariablement dans la qualité des sexes, dans la conception, l’état normal ou les troubles si variés de la gestation, la naissance de l’enfant, la lactation.

C) Au même titre, le Gynécologue consulté pour la puberté tardive, irrégulière, parfois précoce, pour les avances, les retards, le déséquilibre mensuel, pour les troubles de la ménopause, pour les états fluxionnaires de l’appareil utéro-ovarien et leurs conséquences, doit être particulièrement familiarisé avec l’endocrinologie, dans toutes ses nuances.

D) Le Pédiatre, dont la tâche est de surveiller les premiers progrès du nourrisson, de veiller à la croissance de l’enfant, de remédier aux défauts de son tempérament, doit compter l’opothérapie parmi ses armes les plus précieuses.

E) Le Dermatologiste sait que les affections de la peau, parasitoses mises à part, sont la signature

cutanée des troubles du tempérament et connaît les ressources d’un traitement glandulaire bien appliqué.

La question des poils, des cheveux, des ongles, est à la fois dans le domaine du spécialiste et de l’endocrinologiste.

F) L’Urologiste fait appel à l’opothérapie à propos de l’incontinence d’urine d’enfants, à propos des fluxions vésicales, se traduisant par des besoins impérieux d’uriner, par des douleurs, par des urines troubles, des hémorragies, dues aux congestions du bassinet et du rein. La lithiase rénale demande l’intervention des endocrines.

G) VOphtalmologie est étroitement liée aux glandes à sécrétion interne.

Les troubles de la vue conduisant parfois au diagnostic des troubles endocriniens.

Avant la guerre, je reçus la visite d’un chimiste allemand, qui vint — armé d’un dictionnaire — me consulter pour sa femme, dans l’incapacité de tenter le voyage jusqu’à Paris. Elle avait déjà vu 25 médecins, en particulier Rocher, le père, qui lui avait dit : Dans aucun cas ne prenez de thyroïde. Les avis étaient partagés. Les uns disaient : sa thyroïde fonctionne trop, les autres, elle ne fonctionne pas assez. L’ophtalmologiste de Breslau avait conseillé au mari de la malade de me demander mon avis. Le Dr. Léopold-Lévi départagera les confrères. Il connaît le cas de votre femme. Sa thyroïde est en déséquilibre de fonctionnement. Il jugeait ainsi, d’après l’état des yeux. Il était dans le vrm.

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Après avoir étudié le mémoire très volumineux, (lue la malade avait fait rédiger sur son cas, et malgré l’avis du Dr. Kocher, j’instituai un traitement thyroïdien régulateur, auquel j’adjoignis quelques autres produits opothérapiques. La malade fut transformée, se rendit au bout de quelques mois à Paris. Exotisme : quand je vins la visiter à'l’hôtel, elle se porta à ma rencontre et me baisa les mains.

Les tumeurs de l’hypophyse, l’acromégalie sont parfois reconnues, dès le début, par les troubles portant sur le champ visuel.

Les fausses conjonctivites, les iritis rattachées au rhumatisme, la cataracte, conduisent à l’opothérapie thyroïdienne et parathyroïdienne. L’emploi du corps thyroïde a permis à certains de mes malades de se passer des lunettes, auxquelles ils étaient obligés jusqu’alors d’avoir recours.

Le traitement surrénalien a mis une de mes patientes à l’abri de douleurs à l’accomodation qui, après le repas du soir, l’empêchaient de travailler.

H) L’Oto-rhinologiste doit tenir compte des états endocriniens dans certaines variétés de bruits d’oreilles, sans lésion locale; de vertiges; de fausse mastoïdite.

J’ai noté avec M. de Parrel l’amélioration de sujets, soumis par lui à la rééducation auditive, lorsque l’affection évoluait sur un terrain de troubles glandulaires, et que les malades étaient justiciables d’un traitement opothérapique qui était mors adapté à leur cas. Le traitement parathyroïdien a été recommandé dans l’oto-sclérose.

Les gonflements de la muqueuse nasale, les rhu- ®ès à répétition, l’asthme nasal, les irrégularités de la fonction respiratoire sont à étudier, dans leurs rapports avec les endocrines.

I) Le Stomatologiste, derrière l’état local des dents doit fixer son attention, tant du point de vue du développement de cès organes,, que du point de vue des maladies dentaires, sur leurs relations avec l’appareil endocriPo-sympatliique. La question se pose en particulier à propos de l’affection, à mécanismes si complexes, qu’on appelle la carie dentaire, et qu’envisage, dans un rapport récent, mon ami le D' Frey.

J) Le Spécialiste en rayons X. et en radium emploie ces moyens puissants, pour réduire et parfois augmenter le fonctionnement de diverses glandes.

K) Le Physiothérapeute, qui étudie l’action de ses rayons ultra-violets et infra-rouges sur l’appareil endocrine, les combine avec l’opothérapie contre les engelures, le rachitisme, les retards de puberté, l’obésité, la maigreur.

Il compte, parmi ses moyens actifs, les manœuvres spéciales de massothérapie, qui assurent le triomphe médical de la cellulite.

L) Le médecin Hydrologue approfondit le tempérament des curistes, pour fixer le dosage des eaux qu’U utilise, et dont le mode d’action est en partie endocrinien.

Les endocrines fournissent le canevas sur lequel des états multiples d’ordre général, composent leur ouvrage, à dessins variés.

Fièvre. — La fièvre est une réaction aux toxi-in-* fections, quel qu’en soit le mécanisme intime: réaction des centres de la thermogénèse, à des troubles des protéines et des colloïdes.

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A côté de la fièvre des maladies infectieuses, il existe une fièvre endocriniennEï Bien plus, à infection égale « chacun fait sa fièvre, selon l’état de ses endocrines». On peut en dire autant des réactions nerveuses et émotives. Ce sont les « ardents», les hyperthyroïdiens, qui font facilement de la fièvre, comme du délire.

La sénilité, en amoindrissant l’activité glandulaire, ralentit et réduit les réactions thermiques, comme les réactions émotives et neuropsychiaues.

Que dire des endocrines dans leurs rapports avec les trois maladies qui sont encore l’opprobre de la médecine: la tuberculose, la syphilis et le cancer?

Tuberculose. — Due au bacille de Koch, la tuberculose revêt des formes différentes, suivant la voie d’entrée du parasite, la quantité des assaillants, leur virulence. Mais l’état de résistance fondamentale du sujet, fonction de ses endocrines, intervient dans révolution de la maladie. On entend souvent cette formule simpliste: l’humanité se divise en deux variétés opposées d’individus : les arthritiques et les tuberculeux. Mais les arthritiques peuvent devenir tuberculeux et succomber à une tuberculose très virulente. Le plus souvent toutefois, les tuberculeux guérissent, parce qu’ils sont arthritiques. C’est que les humeurs d’arthritiques ne sont pas favorables à l’évolution de la tuberculose. Les petits hypothyroïdiens, correspondant au type habituel des arthritiques, manifestent, en général, des formes défensives de tuberculose, avec sclérose pulmonaire. Poncet et Leriche avaient renversé le problème, et fait dé I arthritisme une forme inflammatoire de la tuberculose. En réalité, la tuberculose peut, comme d’autres infections, toucher les glandes, mais elles sont, en général, assez résistantes - au bacille tubercusauf la surrénale, qui donne lieu à la maladie dAddison. L’atteinte de la glande thyroïde se tra- ®dit à son tour par la maladie de Basedow.

Malgré la complexité des faits, qui' permet des interprétations opposées, la doctrine <dassique de

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rarthritisme, réfractaire à la ttiberculose, en faisant de la sclérose, reste vraie dans son ensemble.

Pour ce qui est de la syphilis, le problème est différent. Cette maladie, lorsqu’elle est acquise, atteint l’appareil endocriüien. Elle le frappe encore davantage, au cours du développement, La plupart des endocrinoses sont, pour certains médecins excessifs, le résultat de la syphilis héréditaire. Malgré cette exagération, ü convient, dans les états pluriglandulaires, de penser toujours à l’hérédité de la syphilis, et à la sanction thérapeutique qu’eUe comporte. Quelquefois, chez les endocriniens, le traitement, en particulier arsenical, est mal supporté. L’emploi préventif de l’adrénaline, un traitement préalable de thyroïde à doses régulatrices, permet la reprise du traitement anti-syphilitique abandonné.

Quant au cancer, nous sommes si peu éclairés sur cette maladie, que nous ne savons, malgré les faits les mieux observés et l’expérimentation, s’il est contagieux, s’il est héréditaire, s’il est d’origine parasitaire ou dû à une aberration cellulaire. D’après les derniers travaux de M. A. Lumière, le cancer épithélial serait, au début, une maladie locale, développée aux dépens de cicatrices, mais qui, pour évoluer, a besoin de trouver un organisme consentant, en particulier, par suite d’une carence en magnésie. Ce qui nous ramène aux glandes endocrines <}ui prennent une part active au métabolisme des principes minéraux.

Beaucoup d’autres questions touchant les grands appareils: digestif, respiratoire, circulatoire, sexuel, intéressent les médecins de médecine générale et des spécialistes. Ils font l’objet du chapitre suivant.

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