SYNTHÈSE-COMPARAISONS
Une vue synüiétique va résumer toute notre doctrine.
Notre PERSONNAI.ITÉ se traduit, par les formes de notre corps, nos réactions humorales, l’état de notre système nerveux. Elle est subordonnée au fonctionnement des endocrikes, qui interviennent dans l’état de nos divers appareils, nos tissus, nos cellules. Les glandes sont en accord avec le système sympathique, vaste réseau étendu à tout le corps et dont l’activité se manifeste, en particulier, par l’intermédiaire' de l’appareil circulatoire.
Si l’on considère, d’ensemble, l’être vivant, on arrive à cette conclusion : dérivé de la fusion des cellules, qui servent à perpétuer l’espèce, et qui, par dédoublements successifs, forment l’individu, celui-ci est finalement composé d’une infinité de cellules différenciées. Comme les cellules originelles, chaque cellule du corps garde, en elle, le reflet de tout l’organisme et est, au point de vue métaphysique, un petit être, un petit foie, un petit rein, un petit système nerveux. Toute cellule est de même une glande endocrine rudimentaire. Mais dans la division du travail, nécessaire au bon fonctionnement de la machine totale, il a été réparti aux glandes endocrines le rôle de régulateurs, qui faisant intervenir le système nerveux, l’appat^ circulatoire, les divers métabolismes, participent à toutes les fonctions.
En fait, si les glandes font notre tempérament celui-ci est rarement normal, car trop nombreuse sont les causes qui modifient le fonctionnement de ces glandes, mettent en désarroi une ou plusieurs d’entre elles, dévient leur activité en sens différents déterminent des instabilités mtdtiples. En outre, là tendance d’une ^ande à rétablir son équüibre, fait, en dépassant la mesure, apparaître un déséquilibre de sens opposé. La répercussion des troubles des glandes l’une sur l’autre accentue encore le déséquilibre total.
Bien qu’on puisse classer, en catégories, les tempéraments, il existe, dans chaque cas, des nuances si particulières, que chaque personnalité reste individuelle, comme aussi chaque visage, chaque état humoral, chaque psychisme, chaque écriture.
La personnalité est à la fois la réunion des caractères généraux et individuels qui, au travers du type, laisse percer l’individu. En dérivant simultanément de plusieurs glandes, les états endocriniens, qui correspondent aux troubles du tempérament, ont une prédominance. A côté de nombreux prénoms, chaque cas porte un nom de famille, qui dépend de la glande principalement touchée. De même, chaque glande, à côté d’actions générales sur l’organisme (système nerveux), développement, circulation, équilibre du calcium), a des propriétés plus personnelles, ce qui produit la division du travail.
La glande thyroïde est essentiellement la glande de la rapidité, mais elle est aussi la glande de la croissance, de la différenciation, de la chaleur animale, de la chevelure. C’est une des glandes principales de la féminilité, de la juvénilité, de la nervosité.
La glande surrénale est la glande de Vénergie. Elle agit sur Vappareil musculaire, la tension ar-
LES ENDOCRINES
térieUe, la pigmentation. C’est une glande virilogène.
Virilogène également la glande hypophyse, qui agit aussi dans la croissance exagérée, et porte ses effets surtout sur les extrémités et commande les systèmes musculaire, ligamenteux et élastique.
La glande parathyroïde est la glande de l’appareil musculaire lisse, responsable des tics, des spasmes, des crampes.
L’activité plus ou moins accusée de ces diverses glandes traduit certaines caractéristiques générales.
La formule endocrinienne de la femme est réalisée — en dehors des ovaires (tota mulier in ovario) (Jayle) '— par une insuffisance relative des glandes virilogènes (surrénale, hypophyse), (d’où plus grande tendance à la fatigue), et par une hyperfonction de la glande thyroïde, (d’où finesse, nervosité, sens artistique).
La formule endocrinienne de l’homme se traduit surtout par une activité relative des glandes ^drilogènes, (testicule, surrénale, hypophyse), d’où fermeté, résistance, volonté. La thyroïde fonctionne sur un mode moyen, d’où moins de nervosisme que chez les femmes.
Les bissexués associent ces tendances en séries variées et en accentuations multiples.
Uartiste de génie tient à la fois de l’homme, souvent à un degré très accentué, mais aussi de la femme et de l’enfant.
LE TEMPÉBAMENT
Comment concevoir le rôle des endocrines dans la machine humaine? J’ai essayé de résoudre ce problème par trois comparaisons successives, que je soumets au lecteur.
Première compcamsom — J’ai envisagé une installation de force motrice, qui’ comporte des moteurs (système nerveux, circulation, calorification, équilibre calcique); des chaudières, correspondant aux glandes; des machines-outils, (viscères, métabolisme général).
Dans cette installation, dont chacun des composants conserve ses qualités propres, le rôle des chaudières est important. L’une d’elles ne fonctionnet-elle pas? les autres doivent assurer plus ou moins son travail, pour que les divers moteurs ne s’arrêtent pas. Un mauvais mélange de charbon, une insuffisance de charbon, un excès de charbon, troublera la fonction des chaudières et, par contre-coup, des moteurs. Si les chaudières restent trop longtemps sans fonctionner, les moteurs peuvent se rouiller et si, d’une façon trop tardive, on remet la chaudière en pression, le moteur ne pourra peutêtre plus être en état de bon fonctionnement (d’où l’intérêt de donner le plus tôt possible du charbon aux chaudières, ce qui équivaut à instituer le traitement opothérapique de bonne heure). Par l’internîêdiaire des moteurs, les chaudières exercent leur activité sur un très grand nombre d’appareils. Par des dispositifs particuliers, le moteur qui est actionné par les chaudières, peut actionner un appareil essentiel de la chaudière (cheval alimentaire). Ceci correspond à l’action réciproque des glandes sur le système nerveux et du système nerveux sur les glandes.
En dehors des chaudières et des moteurs, l’installation comporte encore des organes de transmission, qui aboutissent à des machines (machinesoutils par exemple).
LES ENDOCRINES
Suivant la qualité des nouveaux appareils envisagés (organes du corps, métabolisme cellulaire), le rendement de toute l’installation sera plus ou moins bon. Si les agents de liaison manifestent de la résistance, par exemple, üs agiront par contre-coup sur la chaudière, qui aura à fournir plus d’énergie et qui actionnera moins bien le moteur. Par une usure anormale de certaines pièces, le moteur (système nerveux) peut subir des variations, être sujet à des caprices.
Tous les éléments de l’installation sont donc solidaires les uns des autres, de même que les diverses parties de notre organisme.
Deuxième comparaison. — J’ai, d’autre part, chercbé à représenter les rapports réciproques entre le système nerveux et les glandes endocrines, en comparant le système nerveux à la justice, les glandes aux INDIVIDUS et aux nations.
I. Lors d’une première étape de la civilisation, dans les peuplades primitives, les différends et les accords se réglaient directement, entre individus ou groupe d’individus.
On peut voir là la répercussion directe, soit des glandes endocrines les unes sur les autres; soit d’une glande (la thyroïde par exemple) sur un état particulier de la peau, le myxœdème.
II. Ultérieurement — et il en est ainsi dans le développement successif des êtres, et dans le développement progressif d’un être (tel que l’homme) — un autre moyen d’action s’est constitué. C’est le système nerveux, la justice dans notre comparaison. D’abord rudimentaire, elle s’est progressivement organisée, comme le système nerveux lui-même. 1^, peu à peu, dans les pays civilisés, la justice est représentée par une échelle de juridictions, de même que l’on voit, dans le système nerveux, se superpose des centres de juridiction de plus en plus éten-
Or : 1° Les arrêts de la justice interviennent pour maintenir l’équilibre entre les individus; entre corps constitués et les individus; entre la société ^ les individus. ’
De la même façon, le système nerveux rétablit réquilibre troublé entre les diverses parties de l’organisme, y compris les glandes endocrines, qui sont soumises à son influence.
Mais inversement : 2“ la justice reste subordonnée aux sociétés dont elle est l’instrument.
C’est ainsi que, si la loi est applicable aux législateurs, ceux-ci sont susceptibles d’en modifier le fonctionnement. Autrement dit, le système nerveux, dont l’action s’étend aux divers organes, peut être influencé par ces organes eux-mêmes. Tout en représentant une institution de première importance dans la société, la justice, comme le système nerveux, reste en partie sous la dépendance des groupements dont elle est l’émanation.
3“ En outre, il est permis de supposer (pe, en dehors même de son fonctionnement, la justice exerce, comme une sorte d’action latente, continue, de préservation qui contribue à l’harmonie générale. Ce ■qui correspond à l’action physiologique du système nerveux, qui maintient le bon ordre organique. C’est dans ce sens qu’on peut espérer l’action de la ciété des Nations, qui n’ayant pas de force organisée à sa disposition, créera peut-être une atmosphère de sécurité entre les diverses nations du globe.
C’est ainsi qu’indépendamment de la justice, des individus, des nations (glandes endocrines) peuvent régler directement entre eux leurs différends, établir les accords qui seront sanctionnés ultérieurement par des organismes qiii sont les juridictions spéciales, correspondant au système nerveux. Celuici n’intervient alors, comme dans certains troubles endocriniens, que d'une façon secondaire.
Par cette comparaison, on se rend compte de Vintrication, dans l’organisme, du système nerveux et des endocrines, constituant, somme toute, un appareil neuro-endocrinien.
Troisième comparaison. — J’ai, par aUleurs, comparé les prodnits des glandes, les hormones, aux i 40 RDA>'TS qu’on utilise en teinture.
Pour teindre une étoffe, il faut une étoffe, de la teinture, mais aussi des sul»tances chimiques qui mordancent l’étoffe.
Le tissu est le système nerveux. Pour être bien teint, il faut d’abord qu’il soit intact. Lorsqu’il est lacéré (lésions du système nerveux), la bonne qualité des mordants ne permettra pas la teinture de tout le tissu. Si la teinture et le tissu sont en bonne qualité, la teinture du tissu n’en sera pas moins manquée^ si le mordant (hormone) fait défaut, mais — comme dans le myxœdème — l’intervention même tardive du mordant permettra à nouveau l’apparition de la bonne teinte.
Autre considération : suivant les étoffes, coton, laine, soie, qu’on veut teindre, suivant les couleurs d’anUine ou d’alizarine qu’on utilise, on ne se sert pas des mêmes mordants.
Ce qui se traduit ainsi dans notre comparaison : les diverses parties du grand sympathique ne sont pas mordancées par les mêmes hormones. L’adrénaline agit surtout sur le grand sympathique, le suc thyroïdien sur le parasympathique.
Souvent, pour rendre une couleur plus stable sur une étoffe, on fait suivre l’effet du mordant de celui d’un fixateur. De même, parfois plusieurs sécrétions endocriniennes se combinent, l’une sensibilisant l’autre.
En CONCLUSION, lorsqu’il y a seulement un trouble CHIMIQUE du système nerveux, lorsqu’il y a manque de ce mordant, qui fixe la couleur, la substance mordançante, si elle est bien appliqué, rétablira la fonction troublée.
C’est la morale de l’emploi de Topothérapie contre les troubles du tempérament.
TABLE DES MATIÈRES