II. — Les Grands
3. — Grandelette a douze ans. Elle est restée petite dans sa première enfance. Tout d’un coup, sous l’influence d’une puberté qui s’installe, elle pousse à vue d’oeil, « comme une as-
LE TEMPÉRÂMES
perge». Sa croissance précipitée la fatigue, son travail scolaire s’en ressent. Elle se plaint de maux de tête, d’incapacité d’attention, d’asthénie musculaire, de fièvre. Elle doit renoncer momentanément à ses études.
L’endocrinologue relève à la fois chez elle des signes indiquant : une insuffisance de la thyroïde; en particulier, surtout en hiver, du refroidissement des extrémités, qui sont glacées, d’une teinte violacée, presque rouge, et se couvrent facilement d’en gelures; et une surfonction de la même glande, avec nervosité, augmentation du volume du cou, qui est trop rempli et réalise le petit goitre de tempérament Le tout constitue I’instabilité thyroïdienne, qui est justiciable du traitement thyroïdien; mais, dans ce cas, il doit être donné à doses faibles ou très faibles, doses régulatrices, qui atténuent l’excès de rapidité de la croissance, réchauffent en même temps le sujet et calment sa nervosité.
4. — Autre type. Je suis consulté par Formidable. Il a douze ans, donne l’impression d’en avoir dix-huit; il chausse 41; il est constamment fatigué, ne peut fixer son attention, se plaint de vertiges. Il a les mains froides, un réseau de mauvaise circulation sur les jambes.
Jeune, il a longtemps présenté des mouvements saccadés, comme dans la danse de Saint Guy. Il est nerveux, pleure facilement, manifeste encore des mouvements involontaires, des tics.
Son augmentation de taille et des pieds, tient à la glande hypophyse, qui est surexcitée dans son cas, mais la morphologie de Formidable est paradoxale, car ce sujet, si grand, a une petite tête, une voûte palatine ogivale. En fait, il n’est pas en équilibre des fonctions hypophysaires.
LES ENDOCRINES
Ce n’est pas tout; d’autres glandes sont encore troublées chez lui. En particulier, ses mouvements involontaires, ses tics sont à mettre sur le compte de l’insuffisance de la glande parathyroïde. Toutefois ce qui domine dans son état, c’est son gigantisme qu’il faut arrêter. Une opothérapie appropriée atténue l’ensemble de ces troubles. On y arrive au bout d’un certain temps. A quinze ans et demi, son dévelôpement se trouve fixé, mais 11 mesure 1 m. 83 et chausse 44.'
Souvent ce n’est pas la taille qui attire l’attention; c’est le DÉVELOPPEMENT GRAISSEUX, qui est insuffisant ou excessif. Les glandes endocrines interviennent à la fois dans la maigreur et dans l’obésité.
UI. — Le» Maigres
Il existe diverses variétés d’amaigris.
5. — Echalas est maigre. Elle n’a Jamais eu d’appétit et, malgré supplications, promesses, récompenses, elle ne peut manger. Son excuse est d’avoir un petit estomac qui n’accepte pas beaucoup de nourriture, qui clapote facilement et se vide lentement. Ses organes du ventre sont tombants. « C’est une ptosée ». Son intestin capricieux, souvent paresseux, est soumis à des débâcles, dès qu’elle se force â s’alimenter davantage.
Il s’agit d’une grande fille fatiguée, à petit thorax, à petit abdomen qui n’assimile pas.
Dans ce cas, c’est par l’opothérapie stomacale et intestinale, par l’injection de glandes d’énergie (surrénale et hypophyse), c’est par l’emploi de la pan-
LE TEMPÈRAMEÎ^T
créatine, qui est le ferment de l’intestin, ou des injections d’insuline qui ouvrent souvent l’appétit, qu’on renforcera les sucs digestifs de la malade, qu’on luttera contre l’insuffisance de son alimentation.
6. — Accélérée maigrit par un mécanisme tout à fait différent. C’est une « basedowienne », toujours agitée, toujours en mouvement, dor* mant mal la nuit, tourmentée par des garderobes fréquentes. Toutes ces conditions favorisent l’amaigrissement, malgré un appétit plutôt exagéré. Ce qui, chez elle, entraîne essentiellement la fonte de la graisse, c’est que chacune de ses cellules, y compris celles du tissu adipeux, se consument avec une grande rapidité. L’exagération de ses échanges gazeux en est la preuve. Ici, c’est la rapidité et l’excès de l’assimilation qui produit l’amaigrissement. On la combattra en réduisant la surfonction de la glande thyroïde.
7 . — Décharnée est devenue squelettique, après avoir eu plutôt une tendance à l’obésité, mais en classe, on l’a traitée de « grosse mémère», et en même temps, une de ses compagnes, à l’âge de la puberté, a été prise de la crainte d’engraisser. Alors elles ont cessé, l’une et l’autre, de s’alimenter; il s’est produit, chez toutes deux, une sorte de maladie psychique (anorexie mentale), l’impuissance à avoir faim. Les traitements psychothérapiques, l’isolement médical,
LES ENDOCRINES
le gavage, qui sont parfois suffisants dans les cas de ce genre, ont échoué chez ces deux malades.
Ayant relevé, chez elles, des signes d’insuffisance thyroïdienne, en particulier du refroidissement, une coloration violette remontant de l’extrémité des doigts à l’avant-bras, de la constipation, la cessation des règles, on les a soumises à la médication par le corps thyroïde. Ce traitement a excité leur appétit, a poussé les sujets à manger, même contre leur gré.
Décharnée a doublé de poids en six mois. Elle qui, à 18 ans, était un véritable squelette, pesant le poids invraisemblable de 18 kilos, et qui serait, sans aucun doute, morte de faim, a, sous l’influence du traitement thyroïdien, retrouvé du poids et de l’appétit.
6. — Momie réalise une forme exceptionnelle d’amaigrissement, car, chez lui, ce n’est pas seulement la graisse qui a fondu, ce sont aussi les masses musculaires. La peau est comme collée sur les os; il a pris l’air d’un vieillard avec des rides et une pigmentation généralisée.
Dans les cas exceptionnels de cet ordre, et qui, quand ils sont trop avancés, sont au-dessus des ressources de l’art, la glande responsable est essentiellement la glande surrénale. Si on emploie, d’une façon précoce, cette glande, il est permis d’espérer 1 arrêt de l’évolution d’un état d’amaigrissement aussi grave.
D’après ces exemples, Za maigreur reconnaît des mécanismes différents: ce peut être une fuite intestmale, une insuffisance des ferments de l’estomac.
un manque total de l’appétit, une inhibition de la glande thyroïde, un mauvais fonctionnement dè la capsule surrénale. Chaque cas doit être étudié d’une façon approfondie, pour être combattue par des moyens adéquats.