‹ Le tempérament et ses troubles. Les glandes endocrinesChapitre 10 sur 57 · IV. — Les Obèses · texte numérisé non relu

IV. — Les Obèses

A la base de toute obésité — le fait est indéniable — il faut placer: la suralimentation, bien que certains individus, de ce point de vue, privilégiés, puissent beaucoup manger sans engraisser, et, en second lieu, la sédentarité. Autrement dit, il y a, chez les obèses, excès de recettes par rapport aux dépenses, qui sont insuffisantes. Mais le tempérament prend une part, non négligeable, à la production de l’obésité. Qui dit tempérament, dit glandes endocrines. Mais ce ne sont pas toujours les mêmes endocrines qui sont troublées dans l’obésité, comme le montrent les quelques portraits qui vont suivre:

9. — Potiron se met à table avec joie; il aime que ce soit bon et qu’il y en ait beaucoup’. Le pain, les féculents, les entremets, le sucre, les aliments riches flattent plus son estomac que les légumes verts et les fruits. C’est un parvenu, un nouveau riche, qm trouve, dans le plaisir de la bouche, la récompense de sa fortune. Après un copieux repas, il monte en auto pour aller à ses affaires, car c’est à la mode de ne plus faire un pas à pied. Aussi il s’alourdit, il lui pousse un double menton, son bedon se développe. Même si les glandes incrétoires n’ont pas été, au préalable, touchées chez lui, du fait de l’hérédité ou par des maladies antérieures, leur fonctioanemeat dimiuim, sous î’influâiee de l’engraisse-

ment progressif. Et si l’obèse a fait une première cure de restriction ou d’exercice, qui a semblé suffisante, mais n’a pas été poussée assez loin, Potiron redevient rapidement obèse, et toute nouvelle cure est plus difficile, plus longue, plus incomplète que la première. Elle nécessite l’emploi de la thyroïde et de l’hypophyse, avec surveillance particulièrement attentive, surtout si le sujet à « un cœur gras. »

10 . — Porcelet est un obèse héréditaire. Il compte, dans ses antécédents, une mère et un père qui ont eu maille à partir avec la graisse et qui, néanmoins, ont poussé leur fils, pendant sa jeunesse, à beaucoup s’alimenter. Lui-même s’est rendu compte — trop tard que l’engraissement ne lui réussissait pas. Il est pâle, essouflé, facilement refroidi, rhumatisant chronique, a des migraines depuis sa tendre jeunesse. La graisse est répartie sur tout le corps; elle prédomine toutefois aux angles des mâchoires, dans la région sous-mentonnière et forme des masses au-dessus des clavicules.

La recherche de son métabolisme basal, (page 186) fournit un renseignement précieux : il y a abaissement de ce métabolisme, ce qui veut dire insuffisance thyroïdienne. Et, de fait, le traitement thyroïdien, manié avec prudence, sous la surveillance médicale attentive, associé à la restriction alimentaire et à la culture physique, améliore le sujet pour l’ensemble de ses symptômes et en particulier pour son fthésjté

11. — Enorme a eu de nombreuses maladies dans son enfance, y compris de la tuberculose articulaire. On a dit à ses parents qu’ils auraient de la peine à le faire vivre. Aussi l’ont-il habitué à se nourrir, plus que de raison. Ail ans, il pesait 80 kilos. Entré dans une pension, il a été soumis au régime commun, a fait des exercices comme ses camarades et, à 15 ans, ,il était redescendu au poids de 49 kilos 500. Mais il n’avait pas oublié ses habitudes alimentaires. Sorti de l’école, il se met à manger comme un fou, absorbe jusqu’à trois livres de pain et trois livres de viande dans un repas. Il se livre à des paris et, dans l’un d’eux, ingère 23 assiettes de soupe. Il arrive à peser 202 kilos.

Nous le trouvons > plus tard à l’hôpital Beaujon, enfoui dans la graisse, qui prédomine néanmoins à l’abdomen, aux régions mammaires, aux cuisses et aux régions fessières. Les attributs de son sexe sont moins, développés que chez un nouveau-né. Il ne présente pas de poils sur le corps, à peine a-t-il quelques vagues pilosités sur la lèvre supérieure. Une étude minutieuse établit qu’il s’agit là d’une forme d’obésité excessive, accompagnée d’un retard génital invraisemblable, d’origine hypophysaire. Soumis à l’opothérapie, par la glande hypophyse d’abord, puis par l’opothérapie testiculaire, il se réyeüle, se développe, perd progressivement une quantité considérable de graisse. La peau de son ventre qui pointait en avant, débarrassée d’une partie de son tissus adipeux, forme comme un tablier de 5 kilos tombant sur les jambes et dont la chirurgie le débarrasse.

Fait intéressant: les cachets d’hypophyse déterminent la sortie tout d’abord de poils sur le corps au point que le sujet, dont l’intelligence commence a s éveiller, demande à son voisin de lit si la médication « va faire de lui un ours ». Peu à peu, le traite-

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