V. PAROI DU FOND
(PI. XXXVIII B et XXXIX).
La paroi formant à la fois le fond du portique de Thoutmôsis III et d'Amenhotep II et le fond de la salle hypostyle de Thoutmôsis IV, mesure 8 m. 70 cent, de largeur et /i ni. 20 cent, de hauteur du sol au plafond, y compris la corniche dont elle est surmontée. Elle date des deux premiers rois qui viennent dêtre nommés.
Nous avons vu ([ue sur la largeur un espace de 2 m. 25 cent, était occupé par la façade de la porte de l'antichambre ou salle transversale. Les deux panneaux latéraux, de chaque côté de celte porte, mesurent l'un (celui de droite) 3 m. 26 cent, de largeur, l'autre (celui de gauche) 3 m. 20 cent. Chacun d'eux
172 II. GAUTHIEH.
porte, au-dessus d'un soubassement dont la hauteur varie entre i m. 06 cent, et 1 m. 08 cent, et des cinq bandes horizontales (^noires, rouge et jaune), un registre unique de personnages et d'inscriptions. Ce registre est encadré sur ses deuv cotés et à son sommet par une rangée de rectangles jadis multicolores, mais presque invisibles maintenant, et surmonté de la frise ordinaire de hhakeroa (hauteur : o m. '?.& cent.).
Au-dessus de cette frise un loro arrondi, liant de 0 m. i','> cenl.. courait (à '^ m. 5o cent, au-dessus du sol) sur toute la largeur de la paioi : il est aujourd'hui cassé en plusieurs endroits. Enfin au-dessus de ce lore nous retrouvons la corniche (|iii a déjà été décrite avec la porte de l'antichambre; cette corniche, (|ul occupe toute la largeur de la paroi, est assez bien conservée.
Je vais décrire successivement le panneau de droite (nord), puis celui de gauche (sud): les tètes des personnages et les lignes verticales de légendes qui les surmontent ont été soigneusement martelées; à leur place ont été sculptés de grossiers ip'(tjfili modernes représentant des animaux. (Juclques traces d'hiéroglyphes ont pourtant subsisté de côté et d'autre.
A. PANNEVi: DE DROITE.
^Pl. XXXIX).
Largeur : 3 m. 9.b cent., divisée en deux tableaux égaux de 1 m. Ga cent, et 1 m. 63 cent.
Tableau de (iaiciie. — Ce tableau compte Irois personnages. Au milieu, le roi (- — >■). très mutilé, est debout entre deux divinités masculines qui le conduisent par la main. Les tètes et coiffures sont en grande partie mutilées. Le roi est vêtu de la shenti /M et de la longue queue pendante: dos traces de couleur rouge subsistent sur les pieds.
Le dieu de gauche (■ — >■) a le torse, les bras et les jambes nus et peints en rouge; le jupon court est orné à l'arrière de rayures fines sculptées, où les creux sont peints en jaune et les reliefs en rouge: il ne porte pas de queue. La main droite pendante tient le ^, tandis que la gauche tient la main droite du roi.
Le dieu de droite a le buste et les jambes orientés, comme les deux personnages précédents, dans le sens > — ►, mais la tète et les bras sont, au contraire, retournés complètement en sens inverse (^ — -). Le dieu, hiéracocéphale, semble être coiffé du pschcnt. jK: il est à supposer que c'était Harmakhis, et dans ce cas, l'autre dieu, à gauche, serait probablement Amon. Le buste, les bras et les jambes sont nus; le jupon est uni et décoloré ainsi que la longue queue pendante.
LK TKMPLE I) AMADA. 173
On voit cMicoro du louge sur les jambes. La main droite tient la main {fauche du roi, tandis que le bras gauche complètement ramoné en arrière présente au nez du roi le signe de la vie, Y-
11 ne reste aucune trace des lignes verticales de textes qui. au-dessus dos personnages, devaient les désigner.
Taiu.kau i)k Dnorri:. — Ce tableau comprend, comme le précédent, trois personnages; il est un peu mieux conservé.
Au-dessous du ciel •— — ■, presque invisible, lo roi (• — ») occupe le milieu de la scène, debout entre la déesse Anoukil debout (» — »), à gauche, et le dieu Harmakhis assis (» — ►), à droite. Peut-être y avait-il au-dessus de la tète du roi quelque faucon, ura^us ou vautour tenant le Q dans ses pattes, mais il n'en reste absolument rien.
Le roi, dont la tête est en assez mauvais état, est coiffé du bonnet ^ et de Turaeus. Il tient de la main droite pendante le signe ■¥>, tandis qu il étend le bras gauche on avant dans la direction d'IIarmakhis. Le collier, le bonnet, la ceinture sont décolorés, ainsi que le buste et les bras, qui étaient nus et rouges; les jambes ont conservé des traces de couleur rouge. Le roi est vêtu de la shenti complètement ornée de fines rayures sculptées, aux creux jaunes et aux reliefs rouges, et de la longue queue jaune. Les jambes et la queue cachent une partie du siège et des jambes d'Harmakhis, car le roi est placé au premier plan.
La déesse Anoukit(» — >■). à gauche, n'est pas expressément désignée comme telle, mais est coiffée du diadème spécial qu'elle porte toujours, sans urseus. Elle tient de la main gauche le bras droit du roi, tandis que de sa main droite elle lui effleure à peine l'épaule droite. Lo visage et le buste ont été martelés et recouverts de gro^ft d'animaux. La longue robe est décolorée en blanc; elle était probablement jaune, comme les chairs mêmes de la déesse.
Harmakhis (■< — -), à droite, hiéracocéphale et coiffé du disque solaire et de lurœus décolorés, est assis. Le klaft, le collier, le buste et les bras ont perdu leurs couleurs, mais les jambes sont encore rouges. Le jupon est uni à l'avant et rayé à l'arrière; les ravures sont fines et sculptées en relief. On ne voit pas la queue, car elle est cachée par le corps du roi. Le dieu passt^ la main droite derrière le roi et la pose sur son épaule droite, tandis que lo bras gauche replié à angle droit soutient le coude gauche du roi.
Le socle du siège a le fond peint en jaune; il est encadré sur ses quatre côtés de bandes de rectangles multicolores. A l'avant, il forme une pointe peinte en bleu et unie. Au-dessus de ce socle est posée une sorte de natte rectangulaire
174 11. liAlITIlIER.
|)eliil(> <Mi vt'il. avec dfs bandt>s jaunes et des filols rouges verlicaux au milieu el au\ (leu\ exlrémilés latérales, l/inlérieur du socle esl garni de cinq grou|)es i^! '. jii\la|)ost's. dans les(]n.'ls le -i»- a élé vert, le ^ el j hleus. .-t le | imiltieolore.
Le siège lui-inènie seiulde avoii' él('' dt'coii' de ijiiigt'es lion/onlalos d ('cailles, vertes, rouges el bleues. Le jm'IiI carn'' ménagé à linrière est décolon'. ainsi que le cadre et le dossier.
Des inscriptions qui accompagnaieiil ci- laMeau, et qui devaient être assez nombreuses, il ne reste que quatre lignes, dont deux en avant d(> la déesse .\noukit et deu\ autres à chacune des (nliv'inilés latérales, ces deu\ dernières aussi hautes que le registre lui-même :
** VtI ' (longue ligne derrière la déesse I | | |
/ — ^1L ifii 1 1 ■^-^^<=>'f<^y (celte ligne paraît se rapporter jdutôl
à llarmakliis. bien (juelle soit oi'ientée dan^ le sens • — »).
ll\^,M\Klll^ : ( — -I I " 1 (longue ligne derrière le dieu)
.Vu-dessus du ciel qui couronne tout le registre, la ligne de rectangles el la frise de Lhakeroii sont très mutilées. Le lore est complètement détruit. La corniche, assez bien conservée, a déjà été décrite avec la porte de Tanlichambre.
B. PANÎVEAU DE GAUCHE.