‹ Le temple de GnideChapitre 20 sur 25 · PREMIER CHANT · texte numérisé non relu

PREMIER CHANT

ENUS préfère le séjour de Gnide à f//f^ celui de Paphos et d'Amathonte. .;^^ Elle ne descend point de l'Olimpe sans venir parmi les Gnidiens. Elle a tellement accoutumé ce peuple heureux à sa "vûe , qu'il ne sent plus cette horreur sacrée qu'inspire la présence des dieux. Quelquefois elle se couvre d'un nuage, et on la reconnoît à l'odeur divine qui sort de ses cheveux parfumez d'ambroisie.

La ville est au milieu d'une contrée sur la-

quelle les dieux ont versé leurs bienfaits à pleines mains. On y jouit d'un printems éternel; la terre, heureusement fertile, y prévient tous les souhaits; les troupeaux y paissent sans nombre; les vents semblent n'y régner que pour répandre par tout l'esprit des fleurs; les oiseaux y chantent sans cesse : vous diriez que les bois sont harmonieux; les ruisseaux murmurent dans les plaines; une chaleur douce fait tout éclore; l'air ne s'y respire qu'avec la volupté.

Auprès de la ville est le palais de Venus; Vulcain lui-même en a bâti les fondements. Il travailla pour son infidelle quand il voulut lui faire oublier le cruel affront qu'il lui fit devant les dieux.

îl me seroit impossible de donner une idée des charmes de ce palais : il n'y a que les Grâces qui puissent décrire les choses qu'elles ont faites. L'or, l'azur, les rubis, les diamans,y brillent de toutes parts : mais j'en peints les richesses, et non pas les beautez.

Les jardins en sont enchantez : Flore et Pomone en ont pris soin; leurs Nimphes les cultivent. Les fruits y renaissent sous la main qui les cueille; les fleurs succèdent aux fruits. Quand Venus s'y promené, entourée de ses Gnidiennes, vous diriez que dans leurs jeux folâtres, elles vont détruire ces jardins délicieux; mais, par une vertu secrète tout se répare en un instant.

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