I. PORTE
(PL XLIII-XLIV et pi. 0).
La porte faisant communiquer la cour avec le pronaos est, nous l'avons déjà constaté, percée au milieu de la paroi ouest de la cour, et en surélévation d'environ 1 mètre et demi par rapport au dallage de cette dernière. Elle mesure 3 m. 45 cent, de largeur (dont 1 m. 67 cent, d'ouverture) et 6 mètres de hauteur (dont ira. 10 cent, d'ouverture entre le sol et le bas du linteau). Sa profondeur est de 2 m. 70 cent, entre la paroi ouest de la cour et la paroi est du pronaos. Cette porte a été complètement transformée par les chrétiens.
FAÇADE EXTERIEURE
Cette façade se composait primitivement Je deux montants égaux, d'un linteau, d'un tore et d'une corniche. Mais la largeur comprise entre les deux montants latéraux (1 m. 67 cent.) a été agrandie par les chrétiens au détriment des montants, de sorte quelle atteint maintenant plus de 2 mètres et demi. Dans cette largeur nouvelle ont été construites deux portes jumelles, juxtaposées, en pierre, surmontées d'un bel arc fort régulier, larges chacune de 1 m. 30 cent, (ouverture
0 m. 80 cent.) et hautes de 2 m. 1 5 cent. Un petit seuil de pierre, haut de 0 m.
1 o c, occupe toute la largeur de chacune des portes. Au milieu du cintre de chacune des portes est sculpté l'écusson ci-contre (fig. 7). La division en deux parties se continue en arrière des portes par un mur de terre, construit dans l'axe de la porte égyptienne; au milieu de sa largeur un passage voûté conduit de l'un des
deux couloirs dans l'autre. Il est à présumer que cette division en
Y*T" J deux répondait à la préoccupation de séparer les hommes d'avec les
I yOv femmes au cours des exercices du culte. J'ai déjà fait observer,
d'autre part, que la division de l'escalier de Ramsès 11 en deux
parties avait peut-être aussi conlribué à donner aux chrétiens
1 idée de poursuivre cette division jusque dans l'entrée de leur église.
Quoi qu'il en soit, les montants primitifs de la porte ont été sensiblement endommagés par cette nouvelle adaptation. De même, le bas du linteau a été taillé en vue de transformer en cintre le sommet de la porte; mais il semble que les architectes chrétiens se soient défiés de la solidité de cet arc, dont la pierre ne devait déjà plus à cette époque être en fort bon état de résistance, et qu'ils aient renoncé à leur projet de cintre et de porte unique. Ils ont alors construit la porte jumelle, à peine assez haute pour laisser le passage à un homme de taille moyenne, et ils ont comblé le vide laissé entre le sommet de leurs deux arcs et le linteau égyptien au moyen de briques, qui sont tombées en grande partie mais dont un assez grand nombre sont pourtant encore en place. Le point faible entre les deux arcs divergents des deux portes a été renforcé par un bloc de pierre de forme y , et la survivance de cette double porte jusqu'à nos jours prouve qu'elle fut construite dans des conditions de solidité sullisantes pour affronter les siècles.
Montant de gauche (sud).
A 0 m. 82 cent, au-dessus du sol un soubassement sculpté, haut de 0 m. 37 cent, occupait toute la largeur du montant. Il comptait quatre personnages
agenouillés (- >) adorant un des cartouches de Ramsès II. La construction de la porte chrétienne a détruit ce cartouche et le premier personnage; il ne reste donc que trois figures agenouillées. Au-dessus d'elles était probablement une ligne horizontale d'hiéroglyphes (- — ), dont il ne reste que deux signes très incertains.
Au-dessus de ce soubassement, un bandeau, haut de o m. 1 7 cent. , porte une ligne horizontale d'hiéroglyphes définissant l'acte accompli par les personnages qui sont au-dessous : (- — ► ) *Hl T^tël!flïP4i "* I 1-
Puis viennent trois tableaux superposés, à deux personnages chacun, occupant toute la hauteur du montant jusqu'au linteau; chacun d'eux mesure 0 m. no c. à 0 m. 99 cent, de hauteur.
Premier tarleau. Le roi (— >), coiffé du bonnet 4 et la tète surmontée du disque aux urœus <#) ou jfjçw), présente un objet qui parait être le petit brûle-parfums i(?) à un dieu («-— ) complètement détruit, dont on ne voit plus que le sceptre. Les petites lignes du haut sont détruites. De celle qui donnait le titre du tableau, en bas, il reste ceci : (- — ►) j * T* A J2
Deuxième tarleau. Au-dessus du précédent et moins mutilé. Le roi (»—*), coiffé d'un diadème qui a disparu, présente deux objets qui paraissent être des fleurs U(?), à Horus (*— ) hiéracocéphale, coiffé du pschent et tenant en mains le sceptre et le signe ^. Les textes comptaient quatre lignes dont il reste ceci :
Titre du tableau : (- — ►) ' I $' kQ-
1"<":(~);rtst;( i
Ho„oS:(— ■);v,~~
Troisième tableau. Au-dessus du précédent, tout en haut du montant. Le roi (— ), dont la coiffure n'existe plus, offre un objet, qui a également disparu, à Amon (< — «), coiffé du bonnet à longues plumes E. 7, tenant en mains le sceptre et le signe ^-. Les textes comptaient cinq lignes, bien conservées sauf celle du bas :
Titre du tableau : (» — «•) j gH.
le .., : ( — ►> *CE3iS3 î(iiiM±j|-
A~=(-)NSB.]gfë{fi.
Montant de droite (nord).
La décoration de ce montant est absolument symétrique de celle du précédent, et a également souffert de la construction de la double porte chrétienne. A sa base est un seuil postérieurement ajouté, haut de o m. 16 cent., qui n'existe pas au pied du montant sud.
A la même hauteur que sur le montant sud était sculpté le même soubassement, mais orienté en sens contraire (-« — «); il ne reste de cette scène que les deux personnages agenouillés situés à droite: les deux autres ont disparu, ainsi que le cartouche royal qu'ils adoraient.
Au-dessus de cette scène, on lit les quatre derniers signes de la courte ligne
horizontale qui formait le bandeau du soubassement : I f\i\'
Puis viennent les trois tableaux superposés, symétriques chacun à chacun des trois tableaux du montant sud.
Premier tableau. Le roi (-< — ■), qui a seul subsisté, est coiffé du bonnet <J surmonté de \&$ ■ ses mains ont disparu, ainsi que l'offrande qu'elles portaient, le dieu auquel était destinée cette offrande, et les lignes de textes.
Deuxième tableau. Au-dessus du précédent. Le roi (-< — ■), coiffé de la perruque
"^ et la tête surmontée du disque f^D offre les vases à vin. ##, à Horus (» — ►)
hiéracocéphale, tenant le sceptre et le signe ■*■ (ce dernier est détruit). Les textes comptent quatre lignes.
Titre du tableau : (-«—■) \ -^— lW I [4#] * • Le «o. : (~) 'Ç^ïjîgj îCHlP^l Hobos : (— ) VV"1.'
Troisième tableau. Au sommet du montant. Le roi (-< — «), coiffé du diadème
^^ sur la perruque ^, présente les deux vases à lait, zx.au dieu Harmakhis
(. — ►), hiéracocéphale et tenant en mains le sceptre et le signe ■¥•• Les textes comptent quatre lignes, bien conservées. Ce tableau est, du reste, de tous ceux qui composent la décoration de cette porte, le plus intact.
Titre du tableau : ( ■* — - ) ' ^ I i"W ^ A •¥■ •
LE TEMPLE DE 0UAD1 ES-SELiOUA. 129
Le roi : (■> — ■) | (®Ï^C^ ( 'e second cartouche n'a pas été écrit à cause des dimensions de la coiffure royal»;, qui ne laissait plus de place à droite du premier cartouche).
Harmakhis : ( - — ) ' \T | J ■*— I | (on ne peut dire si les signes man-
(juants formaient la suite de la ligne k, horizontale, ou occupaient une seconde ligne verticale ( n" 5) aussi courte que la ligne U).
Linteau.
Le linteau mesure 3 m. 45 cent, de largeur sur o m. g 5 cent, de hauteur. Il comprend deux moitiés symétriques et égales (1 m. 63 c. de largeur chacune), séparées entre elles par le cartouche-prénom du roi (•< — «), dehout sur le r^n et surmonté de ^, le tout mesurant 0 m. 1 g cent, de largeur et occupant toute la hauteur du linteau.
a. Section de gauche (sud). Cette section est elle-même divisée en deux scènes de largeur inégale, celle de gauche comptant deux personnages seulement et ne mesurant que o m. 65 cent, de largeur, celle de droite comptant trois personnages et mesurant o m. 98 cent, de largeur.
Le petit tahleau de gauche comprenait deux personnages debout, se faisant vis-à-vis. Celui de gauche, orienté dans le sens » — >-, n'existe plus; celui de droite, orienté dans le sens - — «, est coiffé du pschent et paraît être hiéracocéphale : c'est probablement Horus.
Le grand tableau de droite montre le roi (-< — «) offrant les vases à vin, $$. à Amon assis et à la déesse Maut debout (< — «). Le roi est coiffé de la couronne du sud, M : Amon porte le bonnet à longues plumes E. 7, et Maut le pschent.
Amon tient le sceptre et le ■+>: Maut tient le •¥• de sa main gauche pendante, tandis que de la main droite elle saisit Amon par l'épaule. Tous les textes sont détruits, sauf la ligne placée devant le roi, qui donnait le titre de la scène, et
dont il reste ceci : (» — ► ) I * Àt"
b. Section de droite (nord). Cette section, égale à la précédente en dimensions, compte cinq personnages groupés en un seul tableau. Au milieu, le roi (« — «).
coiffé de la couronne du nord. SJ , offre probablement deux vases à vin, $9, à Harmakhis (?) assis, coiffé du diadème E. 7, et à la déesse Ouadjit (?), debout, coiffée de la couronne du nord, \ls , tous deux orientés dans le sens - — ». Le dieu
Le Temple de Ouadi es-Sebouâ. in
tient le sceptre et le "¥■: la déesse tient le •*■ de sa main droite pendante, tandis que de la main gauche elle saisit le dieu par lépaule. Devant le roi est dressé un autel portant un vase à libations § et une Heur H . Derrière le roi viennent deux personnages debout (- — -), dont le premier, hiéracocéphale, est probablement une forme d'Horus, et dont le second est complètement détruit. Il ne reste rien des lignes de textes du haut: seule la ligne du bas, tracée devant le roi et contenant le titre de la scène, est conservée presque en entier : (-< — «)
Corniche.
Le tore est très dégradé. La corniche qui le surmonte, haute de o m. 70 cent., est également cassée; il en reste seulement la moitié de gauche du disque qui en occupait le centre, ilanqué des deux ureeus, les ailes largement éployées. L'urœus de gauche est coiffé de la couronne du sud É\ celui de droite, détruit, devait porter la couronne du nord y^.
EMBRASURES
La porte du pronaos mesure 2 m. 70 cent, de profondeur; sa largeur, qui est à l'entrée, du côté de la cour, de 1 m. 67 cent., s'élargit de o m. 35 cent, à droite et de o m. i5 cent, à gauche après une longueur de 0 m. 55 cent., et conserve sa nouvelle largeur de 2 m. 20 cent, environ jusqu'à son débouché dans le pronaos, c est-à-dire sur une longueur de 2 m. 1 5 cent. Les embrasures sont donc au nombre de quatre, soit deux à gauche et deux à droite.
Première embrasure. Largeur : o m. 55 cent. Hauteur : h m. 10 cent. De chaque côté cette feuillure était décorée par une ligne verticale d'hiéroglyphes donnant les noms de Ramsès II. La ligne du côté sud (- — >•) a été complètement cachée (ou même détruite) par le mur de briques élevé par les chrétiens; elle devait donner le nom d'Horus et le cartouche-prénom du roi. La ligne du côté nord donne, en effet, le nom d'Horus et le cartouche -nom : (« — «) V^
ïîtj^ S^ 0a suite est dissimulée sous les briques chrétiennes).
Deuxième embrasure. Largeur : 2 m. 1 5 cent. Hauteur : h m. 1 0 cent. La décoration de cette embrasure n'est pas la même sur le côté sud et sur le côté nord.
LE TEMPLE DE OUADl ES-SEBOUA. 131
a. ù'»l<: sud. De ce côté est représentée une scène d'offrandes occupant toute la largeur de la paroi et mesurant a m. 90 cent, de hauteur; cette scène se trouve à 1 in. 20 cent, au-dessus du sol; elle est assez mutilée. Le roi (» — ), coiffé peut-être du bonnet •«((?), présente le symbole u à Arnon (1 — «) debout,
barbu, coiffé du diadème E. 7, tenant le sceptre et le signe-*-- Les textes comptent neuf lignes assez bien conservées :
Titre du tableau : (» — ►) 1 détruit.
Au-dessous de ce tableau était une bande horizontale de o m. 2 5 cent, de hauteur (» — ►). donnant les cartouches du roi. et dont il ne reste que 1 4^ . Au-dessous de ce bandeau il semble que le soubassement lui-même
ait été décoré, mais on ne peut plus rien distinguer.
I>. Cote nord. A 1 m. 20 cent, également au-dessus du sol et jusqu'à son sommet cette feuillure est décorée de sept lignes horizontales toutes identiques, hautes chacune de 0 m. 28 cent, (o m. ko cent, avec les filets qui la séparent
de la ligne voisine), et ainsi conçues : (-< — «) t M*» ^— (©""l^^f; J «^ *
. 11 reste le début de la ire ligne (celle du haut), la première moitié de la 3e et de la 5e, les deux premiers tiers de la k'\ et il ne subsiste rien des lignes 2, 6 et 7. La hauteur totale de ces sept lignes est de 2 m. go cent. Chacune de ces embrasures semble avoir eu son soubassement également décoré; mais cette décoration a été soit détruite, soit recouverte par le crépi en terre des chrétiens; on n'en peut rien distinguer.
FAÇADE INTÉRIEURE
La façade intérieure de la porte est encore plus mutilée et dégradée que la façade extérieure et les embrasures. Elle diffère de la façade extérieure par l'absence de tore et de corniche au-dessus du linteau: toute la hauteur occupée par ces deux éléments à l'extérieur est ajoutée ici au linteau, qui mesure 1 m. ho c. de hauteur. La porte semble être un peu moins haute de ce côté qu'au dehors,
parce quelle repose sur un sol plus élevé que la plate-forme extérieure dans la cour. La hauteur est, en réalité, la même des deux côtés. Les montants sont moins larges que ceux de la façade extérieure (o m. 7 5 cent, au lieu de o m. 87 c). Ils étaient divisés en un soubassement, un bandeau, et trois tableaux superposés; mais de toutes ces scènes il reste assez peu de chose, principalement sur le montant nord.
Montant de droite (sud).
Le soubassement est invisible. Le bandeau qui le surmontait porte la ligne horizontale : (-> — «) Rm I 1 1 f ^ tjflïP^ J ff, fort effacée. Puis viennent les trois tableaux superposés, à deux personnages chacun, hauts chacun de o m. 90 cent.
Au premier tableau, le roi (» — ► ), coiffé du bonnet <J et la tête surmontée de |0f , fait à la déesse Maât (-> — -), coiffée de i, une offrande qu'on ne peut distinguer. Les textes comptaient quatre lignes verticales :
Titre du tableau : (W) (| g^T
Le boi : (— >) | ǰ"Ï7^"] ] (M¥£)i-
Maât : (^ — «) j I î|~4h^ (peut-être y avait-il encore une ligne devant la déesse, en bas du tableau, mais on n'en peut rien lire).
Au deuxième tableau, le roi (» — ► ), coiffé de la couronne A , offre le brûleparfums + (?) à Horus (-< — «), hiéracocéphale et coiffé de t#> Les textes comptaient quatre lignes :
Titre du tableau : (» — ►) î III! à (la ligne est partagée en deux
par la pointe du jupon du roi).