‹ Le temple de SatanChapitre 23 sur 33 · FRAGMENTS DE LA DÉPOSITION DE M"« MARIA M · texte numérisé non relu

FRAGMENTS DE LA DÉPOSITION DE M"« MARIA M

(18 mai 1887)4

« En mai 1871... Il (B**^ ou le Docteur Baptiste) commença à me parler des unions à distance, disant que je n'avais qu'à appeler Jean-Baptiste depuis Châloos, pour le sentir aussitôt près de moi dans mon lit. J*eus la curiosité d'expérimenter la chose; mats jamais je ne pus percevoir la moindre trace de Jean-Baptiste, malgré mes appels réitérés.

t M""* T*** m'avait déjà parlé de ces unions à distance ; elle se prétendait même enceinte de cette façon...

(Pages 7-8.)

« Je ne tardai pas à m'apercevoir des relations qu'entretenait Baptiste avec toutes les adhérentes du Carmel. Un jour qu'il était enfermé avec Madame T***, j'eus à l'avertir d'une visite pressante. Il vint ouvrir la porte et je vis qu'il était en chemise.

« J'appris que du temps d'Élie (Eug. Vinlras), des choses du même genre se passait^nt; mais Élie réservait ses faveurs à des personnes du grand monde, et ne se compromettait pas au milieu des gens vulgaires, dont Baptiste fait ses délices. C'était plus caché, plus décent dans les apparences ; il ne compromettait pas les familles et ne s'adressait qu'aux femmes libres d'elles-mêmes, telles que ia Marquise de *»», la Comtesse d'»**, que Madame Vinlras traitait de

guenons, de p.... qui venaient lui prendre son homme

(Page 11.)

u Baptiste m'ayant consultée, étant endormie, sur la théorie des corps glorieux donl accouchait Madame T*** et qui devaient servir aux esprits des personnes mortes pour leur ascension, je détruisis

^ Nous ne mettons pas un instant en doute l'absolue sincérité de M'*« Maria M..., qui a dicté une déposition si pleinement concordante avec ce que, d'autre part, nous savons déjà du Carmel. Cependant il est de notre devoir de faire observer que cette déposition n'a que la valeur d'un témoignage, et non celle d'une preuve matérielle, écrasante, comme sont les pièces autographes du Docteur, dont jusqu'ici nous avons donné des extraits.

celte manière de voir, en démonirant que des êlres imparfaits ne pouvaient, par leur propre moyen, en amener d'suires à l'élat de per-

fection

(Page 13-14.)

" En mars 1883, «/e Carme/ était danê toute son aedon ".La Père accordail de très fréquenles Tuveurs à Mademoiselle J. G**, tandisque M. L*** élaîl violemment éprisdoMadcmolsclle C. G**. Hais, d'un autre côté, Madame L*" ne trouvait pas une compensation suDisanle à la perte de son mari, dans les rares faveurs accordées à elle par le Pè™. Sa jalousie devint terrible, et Baptiste eut à craindre qu'elle ne divulguât le secret du Carmel... Il fallut rompre la liaison entre L*»* et Mademoiselle C. G'". Cette dernière dut demander pardon à genoux à Madame L*'*, tandin que cette dam-i, couchée avec son mari^ accomplissait une union eé'.esie. Cette rupture coûta beaucoup à Mademoiselle C. G***, qui en Tit une maladie.

(Pages 15-tfl.)

<i Baptiste se servait de HademoiselleJ.G***, « aaeonaotofion, » pour lui amener graduellement toutes les autres adhérentes du Carmel; elle était chargte de leur faire des coolldences, en les engageant à se livrer au Père...

(Page )7.)

'< 1^ famille G*** ne disposant que dedenx lits, les t/niona avaient lieu dans l'un, où le Père coucbail avec les deui tilles à la fois. (Page 19.)

<< U'apr^ ce que j'ai pu voir, Baptiste doit ^Ire atteint de satyriasis, car ses unions avec l'une et l'autre étaient d'une fréquence à faire reculer de beaucoup plus jeunes que lui. Imo, quod pessimum est, ex ipsiusore accepicum, si quando soins cubueril,quod quidem raro accidit, sese Ipsum poUuere.

•' In ventrem ergo cubans, manu stnpralur. Tune fœminei crobro Spiritus vocati apparent, quorum formas modo simul, modo alternis vicibus sibi submissas seotit. Flamuiea: e menlula ejus micant scintillai , etc.

« Ab ipso prœterea me doctam esse testor, nullo sanguiais Tinculo prohiberi, quia et fidèles coéaot invicem : nec patrem cum Qli&, neque cum filio malrem, nequc cum fratre sororem uuquam rite misceri fuisse nefai

<• Eliani et in vasibus indebîlis confilebalur niulierem cum viro aliquando jiingi decere, sî prœsertim fuerit mulier veneri luiaime idooea.

u Huic prœcepto nenipe Doctor litienler iadulget : creatum est os ad edendum, creata lunt geoilalia ad coeuadum. Atlamen interdum

licet communionem in vase buccs sub omnibus speeiebtis fi«i:

vits etenim coUus Saeramentorum Saeramentum nuncuptbitv

apud nos.

(Pages 23-21, piissim.)

« En février 1886, M'^* M"^* eut un rêve qui semblait d*un reuvais présage pour son père ^ Baptiste, ayant consulté les esprits, trouva qu*une opération magique avait été dirigée contre M.M**% et devait lui être fatale à un jour fixé

(( Baptiste fit le contre-signe^ et le jour en question on dit force sacrifices. Ainsi M. M*** fut sauvé, et la victoire du Carmd îA

complète sur \es forces adverses

(Page 30.)

« Le Carmel était toujours dans Tattentédu Grand monarque^] Baptiste entrepiit le voyage de Frohsdorf. — L*argent lui en était remis par M"« L»*» ( la sainte Vierge de Loches), qui consacrait à cet usage la somme qu'elle avait destinée tout d*abord à son enterrement, somme qui devenait superflue, puisqu'elle ne devait jamais mourir, ou plutôt ressusciter ^ au bout de trois jours.

i Baptiste vit Henri V, et lui annonça qu'il avait pour mission d'être le Grand Monarque; et comme preure, il lui annonça la résurrection de Madame L»**.

« A la mort de Henri V, la déception de Baptiste fut grande : car il avait promis tant de choses à ses partisans, pour le jour de Tavènement du Grand Monarque!

« Il ne fut pas embarrassé longtemps, et il se rejeta sur les soidisant descendants de Louis XVIL

* M. M***, l'amphitrion du Baptiste. — Prière de ne pas confondre sanile, M"'^ M*", avec M"« Maria M

* C'est, on s'en souvient, un des dadas prophétiques du Carmel. 3 Voilà qui atteint le sublime de l'odieux. — Le récit prophétique

de celte résurrection existe au dossier 3, en une pièce autograpbiée en 1877, qui se termine par une proclamation « aux pontifes éliaques et aux élues consacrées du Marisiaque du Carmel » :

« Nous prions les pontifes et les élues..., qui auraient reçu le texte autographié ci-joint, de vouloir bien le conserver avec soin, jusqu'au jour du miracle attendu. Il ser\'ira à attester qu'ils ont été appelés à rendre témoignage à la vérité et à certifier comment tout s'est accompli, dans ce prodige qui ouvre l'ère des temps bénis de la III» Révélation, etc.. »

Allons! allons! voilà qui s'appelle vendre la peau de Tours quand il court encore !

« Moi-même, il devait me donner an Grand Monarque pour les unions, disant que cette fois, du moins, je ne refuserais pas.

(Pages 34-35.)

u Baptiste me parlait souvent de Magie noire ; dans mon sommeil, il cherchait à découvrir les secrets de certains magiciens

« Son moyen suprême, c'étaient les cataplasmes de matière fécale \ préparés selon des rites à lui...

« Il m'a parlé de souris blanches, nourries avec des hosties consacrées^; mais il prétendait que cela s'était fait par une autre personne, qu'il ne nommait pas

(Pages 39-40, passim.)

u Je reconnais avoir dicté les 40 pages qui précèdent, et en affirme l'exacte vérité. Chàlons-sor^Marne, le 18 mai 1887. »

Signé : MABIA M Contresigné : OSWALD WIRTH.

Complétons cette déposition, par quelques extraits

d'une lettre supplémentaire de M"' Maria M à

M. Wirth, en date du 28 mai 1887 ;

« Cher Monsieur, depuis votre départ de Châlons, j'ai trouvé dans ma mémoire encore différents faits relatifs à Baptiste.

« Il prend des statuettes de saints ou de saintes, les baptise au nom des personnes auxquelles il veut faire arriver quelque chose {sic) Les statuettes sont consacrées à quelque diable, mais la

* A ceux qui douteraient de ces cuisines à la Panurge, nous rappellerons que sous le deuxième Kmpire, au cours d'un procès où il fut condamné comme escroc à 3 ans de prison, Baptiste avoua des pratiques toutes semblables, et qu'il déclara devant les juges « con^ /ormes à sa foi. » Il crachait, en guise d'exorcisme, dans la bouche des possédés; mais sa panacée universelle consistait, outre les cataplasmes de matière fécale, en un élixir composé de son urine bénite, €t mêlée dans certaines proportions à celle de la sœur C***.

On voit que, depuis plus de 20 ans, Baptiste n'a pas changé!

^ Lorsqu'en 1886, nous parlâmes de Jean-Baptiste à un jeune homme de lettres do nos amis, dans la famille duquel le Pontife était connu de longue date, notre ami nous assura que Baptiste pratiquait ce sortilège impie, mais il ne nous en donna point de preuves.

formule de consécratioa est une prière adressée à baule voiiin saint ; dans sa pensée, il s'adresse ao Diable, au maumis Esprit.

« 11 y a aussi des cœurs d'animaux transpercés d*épiDgles. U personne (objet du sortilège) se sent piquée au cœur et piife lopération entraîne la mort.

« Il y a encore les commandemenU suprêmes, écrits sur pv-

chemin bénit, avec de l'encre et du sang Les conimandeoab

sont lus à haute voix, avec un certain cérémonial, puis cadiHfS. toujours d'une manière à part et brûlés. Cela brûlé, T Esprit ip on le destine le lit {sie)^ et se trouve forcé de faire ce que le casmandement exige

u U peut se vanter de m'avoir prise dans ses tristes filets..... J à encore en ma possession une certaine fiole qu'il m^avait eofoycc

pour me procurer des Unions de oie: c'est M. Cb qui adéboa*

ché le flacon; il a voulu goûter, mais il a cru être empoisonaé. Dans ce dictame, on pourrait reconnaître le sperme. »

(DossiXB 4. — Appendice.)

Il paraît inutile de faire observer que toutes ces pratiques tiennent de près à la plus laide ^oëtie. Le lecteur, pour s'en convaincre, n'a qu'à relire notre chapitre iik où sont détaillés les maléfices de la sorcellerie traditionnelle.

M"' Maria M termine sa lettre, eo priant

M. Wirth de se tenir toujours à sa disposition pour la défendre, au cas où Baptiste voulût lui faire du mal. Elle peut se tranquilliser; Thiérophante n'a plus aucune prise sur elle. Au surplus, on peut dire, en principe, que le sorcier n'est guère à craindre que pour ceux qui en ont peur. Baptiste le sait bien, et il en abuse.

Le fait est que ce triste sire a porté le deuil et la discorde, parfois la mort, dans plus d'une famille d'où il se vil expulsé, après avoir été accueilli. Xous pourrons citer à ce sujet un fragment d'une lettre, qui

nous fut adressée, le 7 mars 1887, par ce même prêtre dont il a été question plus haut :

« Il est vrai que sur les esprits faibles et aotamment sur deux femmes. . . il a réussi à les effrayer de telle manière qu'elles en sont mortes. Lune (Telles, au Haore, à partir de l* heure où il prononça son arrêt de mort, Vaoait sans cesse devant les yeux, menaçant, terrible, aoee un cercueil sous le bras, et lui faisant signe de s* y coucher. Son délire dura plusieurs jours et plusieurs nuits, et le trépas s*en suivit.

« Je mettrai plus tard cette relation sous vos yeux, telle qu'elle m'a été transmise par M. P..., du Havre.

« Je vous dirai aussi ce qu'il alla faire à Frohsdorf, auprès de Henri V, dont il troubla la tête assez longtemps... »

Il peut paraître intéressant à cette heure, avant d'en tinir avec ce lamentable personnage, de transcrire çà et là quelques phrases des manuscrits et des brochures autographiés du Dossier 3. La doctrine secrète du Garmel s'y trahit, mais exprimée en termes vagues, intelligibles le plus souvent aux seuls initiés — comme vous et moi, cher lecteur! Tels quels, ces divers cahiers ne se communiquent, dans la secte, que sous le manteau : ils appartiennent à la liturgie ésotérique ou aux archives occultes du Garmel de Jean-Baptiste.

DÉCLARATION CONCERNANT LES SEPT MYSTÈRES dont la Clef a été apportée par J.-B^* Elle Gabrlel,au St-Carmel

« C'est au ministère de Jean-Baptiste qu'il appartient de nous donner la clef des sept mystères qui constituent Pensemble des vérilés de la ///• Rècélation..,

« Premier mystère, — Adam, de son corps glorieux, s'est fait un corps de pénitence, par sa faute, avec Eve, dans leur chute; et nous, par Jésus-Christ, l'Adam nouveau^ nous po uvons sur cette

terre nous former un corps édenal, que nous appellerons le Corpi spirituel glorieux, ou notre corps d'immortalité, qui est la ro6e nuptiale dont parle l*Évangile..J

« Deuxième mystère, — Nous pouvons régénérer aussi nr cette terre les corps spirituels glorieux de ceux qui sont morts sans posséder cette robe nuptiale...

(« Quatrième mystère, — Nous allons toucher id au M^ tère des mystères du Saint-Carmel. Saint Jean a résumé tout son enseignement dans cette devise : Aimons-nous les uns Ui autres. Il faut comprendre, en effet, comment et par quelle voie nous pouvons aider nos frères à se rendre dignes d*étre généréi dans leur corps spirituel glorieux..., comment et par quelle voie leur ouvrir la voie des ascensions. S*il s*agit des yivants, commeot et par quelle voie nous pouvons les aider à quitter la voie du péché pour faire mourir en eux le vieil homme... Et 8*il est question des esprits qui ne sont pas entrés encore dans les lois de leur humanisation, comment nous pouvons les préparer... — Il faut qu*il nous soit possible de pénétrer dans les mondes de la répression... et d*arracher au Prince des ténèbres les victimes qui sont àoumises au châtiment du péché... De même, il nous faut pouvoir ouvrir les voies des ascensions... ; et ce que nous faisons pour ceux qui sont au-delà de la tombe, il faut le tenter aussi pour ceux qui vivent sur la terre... »

La brochure d'où nous avons détaché ces lignes, fut écrite par Baptiste les 4 et 5 février 188i . — Nous trouvons à la suite une curieuse prière, tracée sur un chiffon de papier, de sa main pontificale. On sera bien aise de la lire :

1 On le voit : c*cst la théorie (mal comprise) de la Faculté plastique, engendrant sans cesse un Corps astral adéquat à la situation actuelle de Tétre quelconque dont il s*agit, et convenable au milieu où il se trouve transitoirement plongé.

Cette magnifique théorie de la Faculté plastique n*a jamais été mise en lumière sous un aspect correct. On a beaucoup et doctement disserté du Corps astral: mais on parait méconnaître la nature et jusqu'à Texistence de son substratum,le potentiel plastique de rame. Nous aborderons ce problème au livre II : Clef de la Magie noire.

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