‹ Le temple de SatanChapitre 22 sur 33 · MAIS COMME CELUI QUI NE COMPREND PAS CE QUE NOOS AVONS EN VUE · texte numérisé non relu

MAIS COMME CELUI QUI NE COMPREND PAS CE QUE NOOS AVONS EN VUE

« Lorsqu'un soleil brille dans le firmament, ceux qui vivent dans les ténèbres ne peuvent arrêter ses rayons (textuel!) »

Ainsi, rélève devenu maître à son tour, le plus avancé d'entre les adeptes, Télu du ciel qui a su découvrir par ses seules forces le Grand Arcane des Arcanes, — celui-là devient, en moins d'une semaine, un aveugle qui n'a rien vu, un imbécile qui n*a rien compris... Voilà ce que soutient notre Pontife interloqué !

Ah ! certes, c'est porter jusqu'à la maîtrise Thypocrisie, le charlatanisme et Timposture — la bêtise aussi.

L'indignation monte à la gorge, en présence d'une aussi stupide audace • Peccatum est stultitia...

Quoi qu'il en soit, ces quelques extraits peuvent donner une idée de la volumineuse correspondance que M. Wirth mit à notre disposition, dans les derniers jours de février 1887.

Au demeurant, nous avions déjà plusieurs cahiers de documents non moins significatifs. Un autre Rose ^ Croix du 2® degré, M. René GaiUié, ingénieur à

* Celle des jeunes filles, qui fut rendue, en effet, après empreinte prise.

AvigTion, avait effectué vers la même époque entre nos mains le dépôt de sa propre correspondance avec le Docteur'.

D'autre part, un saint prêtre, qui avait dispensé en pure perte bien de l'éloquence apostolique, pour ramener dans la voie ce misérable et sa nombreuse escorte de dupes et de victimes jnous avons scrupule de nommer cet ecclésiastique, parce qu'ayant plaidé près de nous l'irresponsabilité de Baptiste, peut-être ne nous approuvera-t-il point d'arracher le masque d'un homme en qui sa charité ne veut voir qu'un fou), un saint prêtre nous avait écrit, à la date du 7 janvier 1887;

— - ... La veille de ma rclraile, M. M**" me faisail des rfvélalioas dont il ae compreuail pas la gravité, et doal la portée lui échappe complètement. Cn mot vous fera comprendre.

" l.e personnage a un apparlemant iiecrel, qui se compose d'un soi-disant oratoire, où il s'enferme seul deux lois par jour, et d'une petite chambi'e oïl il couche rurtivemenl de temps en temps, pour dépister les Esprits qui tentent de le tuer et qui ignorent, dit-il. ce réduit. Cet appartement est dans le logement à c6lé, qu'habite la famille G...'.

" Deui jours avant. M"" T.... revenant* ses unions oceuUes, dîtes spirituelles, a (lui par me dévoiler cet ofTrayant mystère, la mal- HEonEUse EST obligée dk recevoir les caresses et les emdrassements, NON seuleuext DBS ESPRITS nE LDUiÈRE, NAIS ENcons DE CE qd'ellb

APPELLE LES KDHANIHAUli, MONSTRES PUANTS QUI EHI'ESTENT SA CHAHBRB ET SOX UT, ET QUI SniOSSEST A ELLE POUR s' ÉLEVER A L'HUHANISATIO.I.

« Elle m'assurait qu'ils l'ont engrossée à planteurs reprises, et que, pendant les neuf mois de cette gestation, elle

* 11 nous sitppliait de sauver six dames de Turin, ses amies, innocentes hirondelles de l'idéal, (|ui s'étaient prises, comme tant d'autres, à la glu hideuse du faux prophète. — Puissions-nous avoir contribué à leur ouvrir les jeux !

* Cette famille su compose de trois adhérentes à l'œuvre : deux des jeunes fliles signataires de la lettre collective — et leur mère.

a éprouoé touê les symptômes, mèiie les sigiiss kitékimbs ku GROSSESSE. — Le terme arrivé^ elle accouche sans douleur et ^ s'échappe db& ve^its* de r organe d'où sortent les enjants, quand la délivrance s'opère pour la femme.

« Cest pire, comme vous voyez, que ce que raconte l*abbé de VUlars, au sujel des sylphides, des salamandres et des lutins. Le comk de Gabalis est dépassé — et de beaucoup *.

€ Je vous rapporte exactement ce que m*a raconté cette ptonf hallucinée ; Je cous le certifie sur mon honneur et je ni Ton

DIS PAS TOCT »

Une enquête fut ouverte, pour recueillir de nouveaux documents. Elle dura deux mois environ. Avant de la clore, on statua de faire appel à la franchise de cette jeime adhérente au Garmel, dont M. Wirth avait désillé les yeux. M . Wirth reçut la mission d'aller recueillir sa déposition détaillée ; il partit à cet effet pour Ghâions (mai 1887). Mademoiselle Maria M..., désabusée et confuse d'avoir été dupe d'un imposteur, eut le courage de tout dire. Elle signa bravement sa déposition, qui fut sur le champ contresignée par M. Wirth (18 mai 1887). Elle lui remit en

* Ce sont là, d'après Baptiste, les Corps glorieux dont il sera question tout à l'heure.

3 Baptiste semble, en eiïet, avoir pris à la lettre les théories symboliques et paradoxales du Comte de Gabalis {Entretiens sur les Sciences secrètes, Londres, 1742, 2 vol. in-12). Rien ne ressemble davantage à sa manière de faire ascensionner les humanimaux, que les procédés du comte, pour immortaliser les gnomes, ondins, salamandres et sylphes,

Peut-^tre le Docteur Baptiste a-t-il cru que l'abbé de Villars entendait, par Mariages philosophiques, des actes d'incubisme analogues à ses unions de sagesse,

Beata simplicitas! serait-on tenté de dire avec Jean Huss, s'il n*était plus à propos de s'écrier avec Tertuliien: praoa malejleo^ rum stultitia!

outre un énorme dossier, où figurent, à côté des lettres autographes du Docteur, des livres de liturgie éliaque, des manuscrits révélateurs en grand nombre, enfin des œuvres autographiées et des reproductions d'hosties sanglantes — toutes pièces relatives aux mystères secrets du Garmel de Jean-Baptiste.

Dès le retour de M. Wirth, examen fait des pièces nouvelles, les occultistes réunis en tribunal d'honneur prononcèrent la condamnation du Docteur Baptiste à l'unanimité des voix (23 mai 1887). Elle lui fut signifiée le lendemain.

Mais avant de mettre en lumière les œuvres du personnage, on lui laissa tout le temps de s'amondor. La condamnation, qui resta près de quatre any HUHpondue sur cette tête coupable, reçoit en ce jour Hon exécution tardive. K. 0. P.

Puisse le faux prophète entrer dans la voi«^ du repentir! C'est le vœu des initiés qui se houI \u)vU\h juges de sa conduite, à la face du (Ynû ol dn Inur conscience.

Il nous reste à feuilleter très Hnprîrflrinllnmniil Ion

dépositions de Mademoiselle Maria M <îI U*h (Ic)k-

siers que nous tenons d'elle.

Nous n'écœurerons pas le public, en trop innintont sur la nature des pratiques obscènes qiKî BapliHl^^ a érigées en sacrements, et nous prendrons Hoin, nur toute chose, d'écarter les nombreuse» personnaJitéH dont le nom se trouve mêlé plus ou moins dire^'tement

aux circonstances de cette déplorable affaire. Au surplus, la décence va nous contraindre à traduire en latin quelques phrases trop techniques.

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