Cypre. Chapiteau du Louvre. — Perrot. 3, p
Parmi les architraves antiques, base du fronton, signalons les stèles phéniciennes — pastiches de l’art égyptien — décorées par le simple signe d’eau (fig. 69, i), « au rond » ou « au
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carré » (fig. 67, i). Signalons aussi à la partie supérieure des chapiteaux cypriotes, l’abaque ou le tailloir, touchant à l’architrave, en faisant partie dans le principe, et décoré du même signe (fig. 69, 2).
Rappelons que partout, jusqu’au xv® siècle de notre ère, la mer céleste, écrite par des ondulations spiralées, n’a cessé de figurer sur les églises chrétiennes. Exemple : en France, la façade de la vieille église abbatiale de Saint-Front, et le porche de Moissac, montrant le Christ assis sur la troisième zone céleste.
Cette figuration de la mer céleste paraît simple, pourtant c’est une des plus complexes au point de vue de ses expressions métaphysiques.
Le ciel, pour les Égyptiens, se divisait en deux sections principales : le ciel supérieur et le ciel inférieur. Le ciel inférieur est un fleuve : le Nil céleste, qui descend sur l’Égypte au delà des cataractes pour féconder le pays tous les ans.
Cette eau, qui court à travers le ciel, c’est le germe, les larmes d’Isis causant l’inondation féconde.
Cette eau, chez tous les êtres, forme le sang, se mêle au souffle, circule dans les artères des dieux comme des hommes. Le mort, lorsque sa momie, par les formules magiques, est identifié avec le soleil, sent à nouveau ce flux céleste circuler dans ses membres.
Le ciel des anciens n’était pas l’espace impondérable, mais l’au-delà des nuées sur lesquelles les dieux édifiaient leurs cités, la Jérusalem céleste, le Walhal, le paradis. Le nuage émettait l’eau, la Langue Sacrée, créée dans la vallée du Nil,
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sera conséquente, elle représentera le ciel liquide, le Père du Nil. Sur ces Ilots, dans la barque sacrée, le soleil accomplit son voyage journalier*.
' Pour les Égyptiens le Nil était un serpent aux replis multiples. Apopi était le serpent du Nil céleste. Que l’on y voit une métaphore ou un mythe accepté dès la plus haute antiquité, retenons une analogie graphique ([ui s’allie parfaitement avec l’ondulation de l’eau. Le serpent, lleuve céleste, au corps ondulé fut partout accepté, comme exemple monumental nous donnons ici la façade du palais de
Fig. 70. Yacatan. Façade est du palais de Ghichen-Itza. — F. Catherwood. View of ancient monument, in Central America and Yucatan.
Ghichen-Itza (fig. 70). On en retrouvera d’autres au chapitre IV, à propos de l’éclair et de la foudre. Nous avons consacré déjà dans le tome I®’’, page 271, un chapitre spécial au serpent lançant le germe. Pour compléter cette étude, nous traiterons le serpent de l’orage et le serpent-éclair dans un prochain volume.
Plusieurs confusions se présentent ainsi sans cesse dans les études ayant rapports aux nuages et par suite aux auréoles.
L'auréole fut dans le principe l’image du disque solaire de couleur d’or — de là le nom. — Par la suite, les symbolisations diverses du soleil : objets, animaux, hommes, eurent lieu en s’inscrivant dans ce cercle, qui, de ce fait, finit par n’être plus qu'une ellipse d’or les entourant. Le nimbe est une gloire sur la tête; l’auréole une gloire qui entoure le corps. Par analogie, le nom d’auréole fut donné plus tard atout encadrement lumineux; le cercle composé d’étoiles, etc., est devenu l’enveloppe mystique des divinités chrétiennes; il indique leur splendeur morale.
Le soleil étant parfois entouré d un cercle de nuages qu’il éclaire et dore de sa lumière, ce cercle lumineux est le nimbe, du latin nimbas, nuage — nuage de teinte grise, nuage pluvieux. Ici il pourra sembler y avoir contradiction et opposition de fait. G’est qu’en Occident, les nuages, souvent sombres, provoquent des pensées
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Signe 6'4.
La Langue Sacrée représente les nuées, d’après la nature, par des formes variées.
Fig. 71. Gaule. 1, 4. Vase du musée Miln, à Carnac.
2, 3. Vases de l’Espiaux. — Revue de Comminges, p. 76.
Les lignes ondulées célestes sont souvent remplacées par des spirales (fig. 71); elles simulent alors les cirrus, les nuées légères, roses, près du soleil. Elles montent au ciel, comme les
tristes, voilent le soleil dans les longs jours de pluie. Les anciens avaient d’autres idées. En Orient, le spectacle des nuages est rare, de bon augure; on les admire au lever ou au coucher du soleil quand ils resplendissent de lumière. A ce moment ils sont « en feu ». Leurs franges sont d’or et de pourpre; et même — pendant les orages — sillonnés sans cesse d’éclairs, ils sont encore resplendissants L
1 Cette splendeur d’or et de pourpre, qui caractérise les nuages des pays d’ürientj égare nos jugements. Auss un collaborateur du Larousse, à propos des vers de l’Éiiéide :
Jam sumas arces Tritonia, respice Pallas insedit, nimbo cffulgcns et Gorgone sœva.
comprend que Minerve est placée “ au milieu d’un nuage d’une céleste blancheur », cl pourtant il y a « fulgurant » a auréolisé ». Nous donnerions bien d’autres exemples de ces confusions.
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fines spirales de flammes enveloppant le défunt sur le bûcher, le transportent au Wallial ou dans l’Olympe ^ (lig. 66).
L’expression de la rotation solaire amène celle du ciel 2. Les
nuées mobiles qui la composent changent constamment de formes, se prêtent à toutes les combinaisons.
Une fusaïole (fig. 73, 2) montre le soleil entouré de nuages spiralés, indiquant le mouvement communiqué par la rotation solaire à l’aide du vent, le souffle de Dieu.
' Les spirales simples ou accolées sont parfois inscrites « au carré ». Dans ce dernier cas elles se nomment « méandres », et leur origine est généralement technique. De là une difficulté de lecture, le méandre pouvant aussi indiquer le sol terrestre. Parfois même, postes et méandres s’échangent, se superposent sans raisons visibles. Le méandre se retrouve surtout chez les peuples construisant avec des briques ou des petites pierres combinées ou alternées, tels les Phéniciens, les Chaldéens, les Chinois, les Péruviens et les Mexicains. L’imitation de la paille dans la céramique, la trame des tapis, le fil du bois, amène aussi son inscription.
2 L’origine solaire du vent tordant les nuées est souvent indiquée dans les textes égyptiens : « O Râ... qui produit les vents par les feux de sa bouche », dit le Rituel funéraire. (V. de Rougé. Et. sur le rit., ch XVII, p. 58). Cette même idée se retrouve dans la Genèse : « Et les eaux de l’Océan primitif furent mises en mouvement par le vent, le souille de la divinité ».
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Ailleurs la torsion meme de l’eau, semblable à celle de la
Fig. 73. — 1. AssT/rie. Fragment d'un bas relief. — Place pl. 57.