TEMPLE DE BAKOU
E lotus-soleil, ce feu dans l’eau, mène à une autre idée exprimée sur les monuments.
Rarement les architraves grecques furent entièrement décorées par l’inscription de la ligne d’eau, simple ou tordue,
La Langue Sacrée
ondulée ou spiralée; celle-ci se restreignit peu à peu à la cimaise. Au-dessus et au-dessous une ornementation compliquée se présente souvent : la frise fleuronnée et la frise en cœur ^
Le soleil resplendit au sommet de l’édifice qu’il couvre de ses rayons. Ceux-ci s^évasent sous forme de triangle lumineux (fig. 82) — le Delta — et constituent le fronton contenant les nuées rosées, légers flocons, et les nuages compacts — les nimbus — amas lourd et obscur qui descend vers la terre et se résout en pluie. Ces rayons spiralés, projecteurs (fig. 74, i et 4) ou générateurs, donnent naissance à de multiples manifestations. On peut les assimiler à des fusées lançant de toutes parts des gerbes, des étoiles, des flammes terminales (fig. 86). Ces étoiles, ces flammes sont le principe des âmes. Les nuées, issues du soleil, de son disque, représentent l’eau génératrice, le principe féminin, le ciel que le soleil féconde par le feu. De là des confusions faciles que l’on retrouve déjà dans le chapitre XVII du Rituel Funéraire égyptien qui nomme l’élément créateur : le Feu primordial ou l’Eau primitive, — suivant le scribe traducteur.
Sur ces confusions secondaires discutèrent les écoles philosophiques grecques 2.
^ La frise fleuronnée prend, dans les temples phénico-grecs, la place de la gorge égyptienne formée des urœus et de 1 epervier solaire dans les herbes-plumes. En Egypte, les urœus, l’épervier et les sillons régularisés de l’herbe étaient devenus, nous l’avons dit, les symboles des flammes ou des rayonnements solaires. C'est un des sens de la frise fleuronnée.
2 Les noms de Saturne et de Rhéa signifient le principe igné et le principe aqueux. Sanchoniaton appelait Hipsystos le Très Haut, et sa femme Berouth la création ou la nature. (Fabre d’Olivet, I, p. 265.)
Fig. 82. Inde. Image symbolique de la triple faculté divine.
Les Jours et les Nuits
« Pythagore disait que la grande Monade agit en Dyade créatrice (fig. 84). Du moment que Dieu se manifeste, il est double :
essence indivisible et substance divisible ; principe masculin actif, animateur, et principe féminin passif ou matière plastique
Fig. 84. Inde, ôm (l’eau et le feu). — Montéreggio. La mathèse.
animée. La Dyade représentait donc l’union de l’Éternel Masculin et de l’Eternel Féminin en Dieu, les deux facultés divines.
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essentielles et correspondantes. Orphée avait poétiquement exprimé cette idée dans ce vers ^ :
Jupiter est l’Epoux et l’Epouse divine.
Signe 89.
Ces idées sont traduites sur les monuments égyptiens par les frises peintes (lig. 85, 2), et à leur imitation sur les frises d’Asie,
Fig. 85. — 1. Asie Mineure. — Perrot.
Hist. de VAri, vol. V, p. 191.