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Australie. Porte maori. — Delon. Les peuples de la terre

hiéroglyphes. Cette barre-poutre, au-dessus de lignes ondulées verticales ou de points, indique la tempête.

Cette barre-poutre sur laquelle, en Égypte comme au Mexique, on plaçait le soleil rayonnant, fut spiralée à l’extrémité, tantôt « au carré (fig. 76, 1), tantôt « au rond » (fig. 76, 2). L’exemple « au rond » que nous donnons ici est un des moins connus. N’est-il pas curieux de voir sur un antique monument australien le triple dieu solaire lançant des rayons spiralés audessus des nuées, — celles-ci exprimées par des torsades. Cette

Le Ciel — La Corniche

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porte est un trilithe, c’est l’entrée du ciel, et ses montants figurent la phase antropoinorphique de l’Arbre Sacré.

Signe 87.

Le lotus terrestre croissant sur le Nil, élevant au-dessus de l’eau divine une Heur contenant le soleil, « la vie », était censé avoir un double croissant de même sur le Nil céleste. Suivant l’idée à exprimer, le lotus pouvait fleurir audessus ou au-dessous de ce fleuve aérien. En ceci les Égyptiens n’inventaient rien : l’eau renverse les images, aussi est-elle parfois représentée par le triangfle retourné ^

Fig. 77. Égypie.

Scarabée. — Good., p. 83.

C’est ce que dit clairement un scarabée du musée de Leyde : la ligne de volute c’est l’eau, elle se retourne et se termine par deux lotus fécondant le ciel et la terre :

Ce qui est

en haut est comme ce qui est en bas », dit la Table d’Emeraude.

D’où viennent les nuages? — Du soleil, le Créateur suprême. Nous avons vu le feu produisant l’eau l’analogie de la fumée et des nuages. D’une part la lumière céleste se nourrit d’çaii,

^ Cf. M, S. Mead : Simon le Magicien.

^ L’antiquité a souvent confondu l’importance respective du feu et de l’eau. Le soleil apparaissant au-dessus des Ilots il avait été créé par l’eau. Le Nil étant jadis couvert de lotus, au-dessus desquels il apparaissait, il avait été créé par le lotus. Et certains livres sacrés égyptiens enseignaient que : « Le monde avait été créé la nuit, de l’eau était sorti le lotus, puis du lotus le soleil ». « Les guirlandes de Téti sont la Heur de lotus issu de ton œil enflammé », est-il écrit sur la pyramide célèbre.

La Langue Sacrée

de même que le feu se nourrit du beurre, des huiles et des essences; d’autre part l’éclair peut enflammer les nuées, et la foudre en provenir, donc il y a parenté, absorj^tion réciproque des deux éléments dans la « mer enflammée » des régions supérieures.

Plutarque, dans Isis et Osiris, dit que la mer était une sécrétion étrangère produite par le feu... que symbolisait Typhon L — Homère appelle le Nil, d’après la doctrine égyptienne, Diipétès, celui qui est né de Jupiter, qui vient des cieux.

D’après un fragment d’Orphée les géniteurs des dieux sont le feu et l’eau et les mythes équivalents : la terre et le ciel, le soleil et la nuit. Dans les litanies du soleil (énumération de toutes les métaphores de l’astre), il est nommé : « Celui qui crée l’eau, qui vient de son intérieur; sa figure est celle de Rémi le pleureur ^». Basile parle de réservoirs d’eau que le dieu de la Bible établit dans le ciel pour fournir du feu jusqu’à la consommation des siècles^.

Il résulte de ces citations que le feu et l’eau, le jour et la nuit, le masculin et le féminin, sont apparentés; leurs formes le sont également. Dans un foyer la fumée précède la flamme, seulement ses spirales sont plus lourdes. La ressemblance de la flamme et de la vapeur est telle que Wagner employait celleci en la colorant pour imiter la mer de flammes dans ses drames lyriques. Aussi les spirales de l’eau et du feu présentent une grande similitude. Seule, la position des signes permet de les

■' Plutarque, Isis et Osiris, 1 (9). Id. 33. 2 Orphée. 3<= éd. Hermann.

* Naville. Les lit. du soleil.

'* Lamé, Julien l'Apostat, p. 75.

Le Ciel

La Corniche — Signe 88

discerner; d’autant plus que parfois les rayons solaires projetés par son disque peuvent être alternativement des spirales de feu et d’eau, les principaux éléments créateurs.

C’est ce que présentent souvent les images solaires chinoises, imitations des figurations égyptiennes. Le soleil peut être lui-même le lotus miraculeux. L’astre vogue sur les nuées (lig. 78, 3) et chaque crête phosphorescente s’illumine d’étincelles de vie (fig. 78, 2). Le lotus divin peut lancer des rayons

Fig. 78. Chine, Motifs pris dans Hacinet. — L'Ornem. polycr.

spiralés volant en tous sens pour épandre leur action bienfaisante (fig. 78, 1 et 4). Les spirales peuvent donc devenir les branches du lotus dont les tiges souples se spiralisent dans l’eau L Ce système mixte de spirales et de lotus donna naissance à la forme fleurie des Signes Sacrés dits : « postes fleuronnés » (fig. 67, 2 et 75, 2), universellement employés dans l’architecture, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours.

^ Chacune de ses évolutions contient souvent un double solaire créateur ou vivificateur (fig. G7, s).

Fig. 79. Grèce. Triple palmelte. — Owen Jones. Grammaire de l'ornement, pl. XVIII.

Fier. 80. Frise de Sélinonte. — CoIIignon. Histoire de la

Géramique, pl. VI.

Fig. 81. — 1. Le signe construit. — Grèce. Fronton monolithe. — K. Blouet. Exp. du Péloponèse.

2. Le signe fleuri. — Assyrie. Frise de la salle Dieulafoy au Louvre. — V. Place.

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