Phrygie. La tombe de Kumbet. — Perrot. V
sens. La plus riche de ces frises est celle du temple de Sélinonte ^ (fig. 80).
Ces frises, primitivement en métal doré, étaient placées sur le couronnement des édifices en bois. Le remplacement du bois et du métal par la pierre et le marbre, ne permettant plus les silhouettes légères, le motif fut peint sur les ram-
' Cette fleur, c’est Ilorus, le soleil levant, lançant sur la terre ou au ciel les àmes-palmettes, sujet du dernier chapitre de ce volume.
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pants des frontons, et plus tard sculpté et peint ^ — la simple ligne d’eau ne gardant que la cimaise. — Les palmettes ne se découpèrent au sommet des édifices que dans le motif des chéneaux ou tuiles faîtières (fig. 80), où souvent elles contiennent
Fig. 89. Grèce. Chéneau trouvé à Métaponte. — Cabinet des médailles de Paris. Collect. de Luynes.
ou accompagnent une tête de lion ou de chimère représentant le feu et l’eau ^ (hg. 89).
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Dans l’Inde les petites flammes, sous leur forme naturelle ou modifiées en palmettes, n’ont jamais cessé de former la frise terminale de l’édifice divin même réduit à la plus petite dimen-
' Le fronton du temple de Jupiter Capitolin en est une excellente démonstration. V. Mon. de ilnst. arch. T. V, pl. XXXVI.
2 M. Lefébure a fait remarquer qu’en égyptien le mot ma signifie eau et lion, et que les Egyptiens donnaient une tête de lion aux gouttières. Rites égyptiens, p. 57.
3 L’intention symbolique de ces frises résultait de l’observation d’aigrettes lumineuses sur les lieux élevés, en temps d’orage, considérées jadis comme des apparitions surnaturelles, des manifestations de la volonté des dieux annonçant des événements heureux ou malheureux.
La Langue Sacrée
sion (lig. 90). Nous en donnons deux exemples : D’abord un joli bronze de Civa Tandava au milieu du disque solaire couronné de j3etites llammes (lig. 90,2); ensuite une Dourga victorieuse au milieu d’un fronton en demi-cercle (lig. 90., i), auréole
1 2 Fig. 90. — 1. I/ide. Dourga victorieuse. Ivoire n<> 2264. 2. Civa Tandava. Bronze. — Musée Guimet.
divine terminée par une frise de palmettes. La parenté et la signification de ces deux frises est évidente.
Ces mêmes signes peuvent se reconnaître dans les édifices religieux du monde entier. Il y a une vingtaine d’années, le grand temple des Parsis, à Bakou, sur les bords de la mer Caspienne (lig. 91), construit sur un sol imprégné de naphte, contenait encore sous sa coupole, sur des autels de pierre, plusieurs foyers mystérieusement alimentés ; d’autres flammes jaillissaient au sommet de l’édifice, parmi ses créneaux’.
’ E. Orsalle. Ze Caucase et la Perse. Plon, 1885, p. 140. — Dans les pays à pétrole, les Guèbres adoraient une flamme bleue brûlant à l’extrémité d’un tube sortant du sol.
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En résumé : le soleil étant apparu illumine le ciel et lance sur la terre les âmes et les effluves viviûcatrices ; le feu et l’eau. Tel est le sujet du fronton des temples antiques, sa raison
Fig. 91. Transcaucasie. Le temple de Bakou. — Delon. Les peuples de la terre, p. 156, Hachette.
d’être. Sur le pourtour de la toiture, la corniche et les chéneaux forment une immense ligne de vagues étincelantes, une incantation, une sinuosité de flammes, splendides gerbes rayonnantes de la vie universelle (fig. 81, i).