‹ Le temple et la fleurChapitre 45 sur 96 · TAMBOURS BRANCHES FLEURIES · texte numérisé non relu

TAMBOURS BRANCHES FLEURIES

A seconde section de l’entablement des temples grecs se compose de la frise ^ divisée en métopes et triglyphes (fig. 1 10, i).

^ Nous avons déjà dit que cette séparation est factice. En fait, la frise tient à

La Langue Sacrée

— Que signifient les métopes et les triglyphes ?

— L’éclair et la foudre apparaissant au milieu des nuées.

La pluie, pour les anciens, résultait de la victoire de la lumière sur la nuit, du soleil contre le serpent nuage, d’Indra contre Ahi, de Zeus contre les Titans. Grâce à l’éclair-foudre, l’arme du soleil déchire Python et précipite les géants sur le sol. Cette arme se transforme en marteau dans la main de Thor et dans le même but ^ .

Signe 98.

La lumière céleste pénètre les nuées rebelles qui veulent la voiler sous deux formes : l’éclair et la foudre.

L’éclair des anciens, c’est la manifestation soudaine des rayons solaires au-dessus des nuées, soit des étamines audessus des pétales de la Fleur Cosmique (fig. 42, e). Nous l’appellerons l’Eventail-éclair.

C’est sur les vases de Rhodes et les frises égyptiennes (fig. 112, 3) que l’éclair est le plus richement inscrit sous forme

la corniche par les mutules et les gouttes ; à l'architrave par la bandelette et la seconde ligne des gouttes.

^ Dans un commentaire d’FIésiode, M. E. Burnouf s’exprime ainsi :

« Le mythe d’Héraclès et Cycnos est peut-être celui des travaux d’Her-

cule dont la couleur est la plus asiatique; le Véda nous en a donné le sens et l’expose lui-même un grand nombre de fois, avec une poésie dont plusieurs traits se retrouvent dans ce fragment du poète grec. Héraclès est un personnage solaire, identique ou fort analogue à Indra; Cycnos, dont le nom n’a de commun avec celui du cygne que les lettres qui le composent, c’est Gushna, lequel représente la force qui retient l'eau dans le nuage et produit la sécheresse et la stérilité; la lutte d’Héraclès et de Cycnos, c’est la lutte du soleil contre cette force, dont la défaite a pour résultat de précipiter la pluie. » Hist. de la littér. gr. I, p. 124.

L’Éclair et la Foudre — Signe 99 153

d’un éventail — la palmette — sortant d’un étui et se déployant tout d’un coup, comme l’éclair à la surface du ciel L

Signe 99.

Cette forme imagée se retrouve souvent sur les frises lleuronnées égyptiennes peintes dans les tombeaux. Dans

celles-ci (fig. 111), les boutons alternent avec les Heurs, — ils sortent de doubles solaires prenant la place des cornes-énergies conductrices — et ils contiennent tantôt un éventail, tantôt une pointe-foudre. L’éventail déployé lance la goutte germinatrice, la pointe-foudre lance les étincelles de vie.

Signe 100.

Dans son expression la plus simple, la foudre, c’est le redressement d’une ou de plusieurs cépales appointées de la

■* Souvent, en Grèce, la palmette est environnée de points-étincelles. L’ensemble forme une figuration triangulaire et, sur les autels, représente le feu sacré, l’apparition de la divinité. Plus tard cette disposition fut employée comme simple ornement.

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Fleur Cosmique. Généralement c’est l’allongement de la cépale du centre, les deux autres cépales recourbées formant cornes ou force projectrice (fig. 112, i et 3).

Fig. 112. — 1. Egypte. Frise de Naukratis. — Pétrie. Naukratis, pl. III.

2. Assyrie. Plafond de la salle Dieulafoy au Louvre. — Place.

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