‹ Le temple et la fleurChapitre 47 sur 96 · Gaule. Dalle du dolmen de Gavrinis (Morbihan · texte numérisé non relu

Gaule. Dalle du dolmen de Gavrinis (Morbihan

dalles de Gavrinis (fig. 114, 2). Il représente les nuées — des nimbus formés par sept lignes — se développant; titans révoltés se superposant, annonçant l’orage futur. La seconde, fragment d’un vase de Tirynthe (fig. 114, 1), montre les cornes de bélier lançant trois foudres-lances à travers les nuées. Celles-ci sont environnées de points-étincelles indiquant qu’elles sont illuminées et comme enflammées par les foudres (signe 37).

La Langue Sacrée

Signe 102.

Le foudre formée d’une double tige de feuilles de lotus

Fig. 115. Diverses formes de foudres.

1. I/ide. Alv., p. 273. 2. Rome. Bouclier. 3. Grèce. Duruy, p. 221. 4. Grèce. 5. Chaldée. Alv., p. 124. 6. Inde. Alv., p. 319.

indique spécialement une arme de vie, un instrument bienfaisant (fig. 115,2). Une collection d'ex-voto romains en feuilles d’argent, au musée de Saint-Germain, montre la foudre créant l’Arbre Sacré et ses branches divines.

Signe 103.

La fleur entière, les cépales et les pétales, peuvent constituer un foudre (fig. 115, 4). Naturellement, dans ce cas, les effets en seront multiples; c’est ainsi que le Dordj (fig. 115, 1), le foudre en bronze bouddhiste, sert à bénir les fidèles et exorciser les démons L

^ Comte G. d’AIviella. La Mig. des synib., p. 126. — C’est d’Hancarville, un archéologue injustement oublié, qui, le premier, remarqua que les Grecs entourèrent le foudre d’une plante aquatique, « à cause que la foudre sort des eaux qui s’élèvent de la terre ».

Notons que les Grecs figuraient aussi le foudre de la même façon que le swastika. Jupiter, dans sa lutte contre les Titans, dut sa victoire à un foudre forgé par

L’Éclair et la Foudre — Signe 103 157

Elle apparaît dans ce dernier rôle sur un cylindre assyrien Il g. 1 16, i) : Izdhubar (litt. : masse de feu) combat deux monstres

Fig. 116. — Assyrie. Cylindre gravé. — Lagard. Culte de Mithra, vol.

I, pl. LU.

2. Inde. Grotte de Baja. — G. D'Alviella. La migr. des symboles, p. 302.

ailés et de chaque côté de lui, dans le champ inférieur, deux foudres-épées, ayant la forme de dagues fleuries, indiquant par quelles armes miraculeuses il obtiendra la victoire.

les Cyclopes sous la direction de Vulcain. La foudre, dès la plus haute antiquité, fut l’objet d’une foule d’interprétations superstitieuses. Les lieux frappés de la foudre étaient sacrés. Les poètes grecs parlent sans cesse des métaux brillants comme l’éclair ou la foudre, elle est souvent représentée pour indiquer le métal, sa force et son éclat.

Chez les Perses, le génie du feu, Atar, passait pour l’ennemi par excellence de la maladie et de la mort. Un hymne védique appelle Agni « le libérateur » celui qui tue les démons et met en fuite la maladie.

Les Finnois croyaient aussi que le glaive fulgurant d’Oukko, c'est-à-dire de l’éclair, tuait le démon de la maladie, seulement comme le remède eut été pire que le mal, cette propriété curative de la foudre avait passé dans les a pierres du tonnerre », ou silex épars sur le sol, qui étaient soigneusement recueillis et portés comme des talismans. Ces croyances se retrouvent chez tous les peuples, elles existaient il y a fort peu de temps encore en Bretagne comme dans nombre d’autres contrées. Dans le volume ayant pour sujet les armes, nous reviendrons sur la foudre-rayon solaire, lumière pétrifiée, ayant, avant son émiettement terrestre, la forme conique, plus ou moins allongée.

La Langue Sacrée

Signe iOk.

Près cette famille des armes magiques fleuries, il faut placer un vase grec figurant les trois Zeus (%. 117) un foudre de la main droite, l’éclair dans la main gauche. Le foudre est une

sorte de trident, l’éclair une épée en lignes ondulées comme la feuille-éventail-éclair d’ Orchomène .

Nous avons dit que la foudre, figurée par une arme, est une divinité maîtresse de la vie et de la mort, adorée et crainte sous cette double puissance. Comme instrument de délivrance c’est elle qui, perçant la nuée, délivre l’eau qu’elle emprisonne. Sur le fronton même du Parthénon, Athénée, entr’ouvrant le sol de sa lance, fait jaillir l’olivier; Poséidon, frappant la mer de son trident — une des formes de foudre — en fait sortir le cheval. Cette dernière forme est plus spécialement assyrienne :

Fig. 117. Grèce. Les trois Zeus. — Duruy. Hist. gr., vol. I, p. 237.

L’Eclaik et la Foudre — Signe 1U5

Raman, le dieu de la foudre et des orages, élève ce trident à la main et comme d’une fontaine, l’eau en découle (lig. 115, 4). Le maillet de Thor, le dieu des Goths, a la même vertu.

Signe 105.

Dans les^Védas, l’arme d’Indra est délinie : « la pierre à quatre pointes qui procure la pluie ». Cette pierre, modifiée

Fig. 118. — 1. Suède. Pierre de Landeryd. Est du Gotlang.

— Archeologia, vol. XLIII.

2. Suède. Dalle sculptée. — Stephens. The old n. r. mon., vol. III. p. 304.

en vis, devient foudre. En Amérique, les Indiens Dakotas prétendent aussi que les silex proviennent de la foudre. Dans le mythe grec c’est en jetant ces pierres magiques que Deucalion forme des hommes.

La Langue Sacrée

En combinant ces « pierres de foudre », les anciens montrèrent que la foudre agit en tous sens.

La foudre-silex, ou pierre météorique, est constamment figurée sur les monuments, dits préhistoriques, du nord et du centre de l’Europe (fig. 118, i). Prenons comme exemple la croix de Starkeby (fig. 118, 2). Cette croix est formée de l’anneau solaire d’où émanent sept rayons : trois petits, ayant la forme de coins, dont la base est près de l’anneau, et quatre grands dont, au contraire, l’extrémité conique part de l’intérieur de l’anneau, et la base — ou l’évasement — rayonnant du coin, se projette à une distance plus ou moins grande du disque.

Cette croix, placée dans deux spirales-cornes entr’ouvertes comme une fleur en cœur, laisse voir son ovaire : le soleil et ses rayons. Le rayon supérieur sort du cœur, sous la forme d’un bouton projetant une pierre conique, rayon appointé. Nous avons donc un ovaire-solaire dans une fleur en cœur, donnant naissance à un bouton d’où s’échappe un nouveau germe.

Signe 106.

La spirale-tournante est une modification des cornes. Cette S, cette spirale évolue spécialement en l’air L Cette action giratoire forme la base de l’éventail-éclair (fig. 110, 2) et de la

^ Lo principe de la spirale tournante provenant du soleil et participant de son mouvement, est visible dans les disques mexicains (fig. 49), et surtout dans le Diis Pater gaulois (tome I, fig. 239). Le dieu, de la main gauche s'appuie sur la roue solaire, et de la droite lance le germe des âmes par la foudre. Les spirales qu’il porte en bandoulière prouvent qu’une fois le germe lancé, il va les jeter dans l'espace où elles voleront entourer ce germe. — Cf. La Langue Sacrée, vol. I, p. 416.

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lance-foudre, et montre qu’elle projette en tous sens les lueurs de cet éventail, la pointe de cette lance. Son action figure sur un vase de Rhodes (fig. 119,4). A Orchomène et Tirynthe

Fig. 119. — 1. Troie. Fusaïole n<> 1958.

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