Pérou. — G. Wiéner. Pérou et Bolivie
4. Rfiodes. Détail d’un vase. — Collignon. H. de la Cér., pl. XIX.
(fig. 121 et 122), elle lance la foudre au milieu de l’éventailéclair. Cette figuration mène au principe des métopes.
Signe 107.
« Sous les mutules, disait jadis M. Chipiez i, les métopes nous font assister au combat des nuages inférieurs figurés par des amazones, des centaures et des rochers qu’amoncellent les titans, représentations mythiques des nuées.
« Le résultat des combats partiels, du choc formidable des nuages les uns contre les autres, la victoire, en un mot, ce sont les eaux célestes qui se précipitent sur la terre, l’abreuvent et la fécondent ».
Nous avons dit que M. Chipiez abandonne aujourd’hui cette théorie, dans le livre même où il signale une frise trouvée à
' Or. des ordres grecs, p. 246.
La L A N tï U E A G R E E
TiryntlieL frise qui présente un double motif, deux demi-cercles affrontés, sortant des triglyplies 2, et qu’il reconnaît avoir servi de motif principal des architraves grecques primitives.
Dans ce double motif, que l’éminent archéologue nomme « double palmette », nous reconnaissons l’éclair et la foudre, crevant les nuées et provoquant la pluie (hg. 120).
Fig. 120. Grèce. Frise d’albâtre de Tirynthe. — Schliemann. Tirynthe, pl. IV.
L’identité de cet ornement est établie par Vitruve en ces termes : « Le reste de l’espace qui est plus grand au-dessous des métopes qu’au-dessus des triglyphes, doit rester sans ornements ou ne recevoir que des foudres ».
Signe 108. ■
La frise d’albâtre de Tirynthe n’est pas un modèle-type et unique. M. Chipiez remarque que ce motif est apparenté avec celui du tombeau d’Orchomène (fig. 121) et une fresque de Tirynthe (fig. 122).
^ Histoire de l'Art. T. VI, p. 549.
2 On trouvera dans le chapitre suivant : Les triglyphes, la pluie (fig. 128), trois variantes de ce motif.
L’Églair et la Foudre — Signe 108 163
Au milieu d’une double palmette séparée par un triglyphe, se trouve une courte barre à tête arrondie ressemblant à l’armature des éventails modernes. Cette barre, la foudre apparaissant au milieu de l’éclair, n’a nulle apparence terrible, car elle est déjà simplifiée comme les mutules-nuées. Heureusement, au plafond d’Orchomène — ■ ou l’image est cent fois répétée au-dessus du mort qu’elle doit réveiller — la barre, remplacée par une lance finement appointée, ramène au principe des foudres directement lancées par le soleil ou tenues
Fig. 121. Grèce. Tombeau d’Orchomène.
Fragment du plafond. — Perrot. Hist. de l'Art, t. VI, p. 543.
dans la main des dieux, variant entre la lance simple, double ou triple, la flèche ou le faisceau de flèches et les haches de pierre.
C’est ainsi que la foudre de la fresque de Tirynthe n’est pas une lance simple, c’est une flèche projetée (fig. 122). Elle est formée de pointes superposées, s’étageant comme des écailles. Celles-ci glissent les unes sur les autres, les plus acérées sont à l’extrémité. L’ensemble forme une suite de chevrons, — le signe de croissance.
Ce signe, image du feu, de son mouvement ascendant et
La Langue Sacrée
descendant, est une variante, expressive à l’œil, de la direction d’un feu projeté. La foudre peinte, avec ses flèches ou série de cuspis de lance sortant de la palmette-éclair, prouve qu’elle atteindra vite les espaces les plus éloignés. Cette foudre, c’est le « feu de l’éclair, le très rapide M,.le Fazista de l’Avesta, c|ue Darmstetter a identifié avec le troisième feu du T almud ^ .
Fig. 122. Grèce. Fresque de Tirynthe.
— Schliemann. Tirynthe, pl. V.
La fresque de Tirynthe présente les deux phénomènes réunis et ornemanisés de façon à remplir le champ à décorer. A la place des flammes séparées, architecturales, de la palmette, comme dans la frise d’albâtre sculptée (fig. 110, i), nous avons ici une figure ondulée et, comme l’éclair des trois Zeus (fig. 117), exprimant bien la vive lueur en éventail c[ui sort des nuées.
Signe 109.
Le roulement est aussi un élément de l’action bienfaisante
^ Darmstetter, I, 151 et 155.
Chez les Israélites, l’épée de Jahvée présente les mêmes images : « Dans Deut., 32, 41 et 42, « si j’aiguise l’éclair de mon épée » et « mon épée dévore la chair », il s’agit bien du glaive aux mains de Jahvé, appellation de ce foudre, ou de l’éclair synonyme de « llèches » que nous trouvons en parallélisme dans le même verset 42. » Karppe. J. asiatique, août 1897, p. 81.
L’Éclair et la Foudre — Signe 109 165
du tonnerre. « Les éclats du tonnerre, dit un texte égyptien, dans la guerre des éléments... éveille ces êtres intelligents ».
Ce rôle est encore magnifié dans Platon : « On vit ces âmes endormies, lorsqu’au milieu de la nuit la foudre éclata dans la nue et les réveilla, la terre était ébranlée par un tremblement épouvantable, toutes les âmes furent dispersées comme
Fig. 123. — 1. Écosse. Croix d’Aberlemno. — Stuart. Sculpl. stones, pl. LXXX.