Pierre de Kirriemnir. — Stuart, pl. XLVI
des étoiles filantes, vers les lieux où elles devaient renaître à la vie » .
Ce réveil des morts, rappelés par la foudre à leur vie première, est constamment représenté sur les monuments funéraires antiques. La chasse, le grand plaisir de nos aïeux, est le plus souvent figurée. Elle a lieu au milieu des nuées orageuses, sur les plaques funéraires de Mycènes (fig. 66, p. 108),
La Langue Sacrée
et principalement sur les croix d’Écosse ’ (fig. 124, i, 2, 3, 4, 5, 6 et 7).
Le plus important de ces signes exprime le roulement du tonnerre par les disques ou roues lancées par la divité dans
Fig. 124. — ’l-7. Écosse. Diverses formes de foudres. — Stuart. Sculpt. stones. 8. Chine. Idéogramme de la foudre.
les entrelacs de l’éclair-foudre^. Cette figure imite la projection du disque en pierre, aiguisé sur les bords, parfois avec un trou pour le doigt dans le but de le faire tourner avant de le lancer, chez les Hindous, les Germains, etc. Ailleurs le disque est
* « On trouve sur nombre de croix écossaises exclusivement, un ornement particulier qu’on appelle le dessin à lunettes. Il se compose de deux cercles joints par deux lignes courbes, lesquelles sont croisées par la traverse oblique d’un Z orné. Les antiquaires sont et ont toujours été embarrassés d’expliquer l’origine et la signification de cet ornement, dont nous n'avons jamais trouvé hors de l’Ecosse qu’un seul exemple sur un bijou gnostique reproduit en gravure dans VEssay on Christian Coins, par Walsh ». — Owen Jones. Gram, de l'ornement, chap. XV.
2 C’est l’arme des Kérubins gardant le chemin de l’arbre de vie, « la lame flamboyante du glaive qui tourne » que nous retrouverons en étudiant la Tchakra des Hindous.
L’Éclair et la F’oudre — Signe llO 107
simple, comme chez les grecs. Chez les Chinois (fig. 124, s) quatre de ces disques, reliés par des lignes en biais, indiquent le mouvement tournante En Écosse (fig. 124), c’est un double disque relié et placé en travers des traits en zigzags de la foudre. Parfois le disque s’enrichit, et autour du soleil central des spirales s’enroulent.
Sirpie 110.
La parenté des disques-tonnerres avec les tambours-disques est évidente. Elle se manifeste chez les Germains par un disque
Fig'. 125. — 1. Cypre. Terre cuite. — Richter. Kypros, pl. XLVIII, 8. 2. Germanie. Objet du Musée de Stuttg-ard. — • Cournault, vol. VII.
avec swastika présentant aux quatre points de l’espace les marteaux de Thor, variété du Tau créateur. Les Japonais forment leur tonnerre de ces tambours tournant autour d’un cercle. C’est le principe des barillets du Diis Pater gaulois (fig. 126).
' Nous retrouverons ce signe à la phase anthropomorphique chinoise ou la foudre devient un génie marchant sur des roues enllammées.
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Signe 111.
On remarquera que les lances-foudres de l’Écosse sont souvent fleuries. Le trait est escorté de feuilles (fig. 124, i et 2). Ces feuilles — que nous retrouverons à propos du signe en chevron — nourrissent la tige, lui permettent de croître et de s’élancer loin. Parfois l’extrémité d’une lance prend la forme de ces double feuilles ou celle d’un poisson (fig. 124, 1 et 4), symbole de Infécondité. Donc d’une part la foudre, par la lance, blesse ou tue, c’est-à-dire punit ; de l’autre elle récompense en envoyant la fécondité sur la terre, en ressuscitant les âmes.
Le poisson peut être remplacé par une fleur ou la triple flamme (fig. 124, 5) — le triçula — synonyme de vie. Ce signe est connexe avec une nouvelle série montrant la puissance vitale des nuées, sujet que nous allons aborder.
Fig. 126. Gaule. Le Dieu au barillet. — Musée de Saint-Germain.
Fig. 127. — 1. Le signe construit. — Décor de l’architrave par les triglyphes et les gouttes.
2. Le signe fleuri. — Peinture d’un vase cyriote. — Good., pl. XV, 7.