‹ Le temple et la fleurChapitre 64 sur 96 · Gaule. Monnaie de Rhoda. — Latour · texte numérisé non relu

Gaule. Monnaie de Rhoda. — Latour

ou l’ayant mangée devient enceinte ; ^ maintes superstitions antiques et modernes; la légende de Tristan et Isolde; les tisanes de fleurs et de bourrache que l’on donne aux femmes infécondes dans les campagnes, etc.

Signe 128.

Le temple lui-même était une fleur mystique; en Égypte, son soubassement s’ornait de boutons et de fleurs de lotus

^ Le baron Ghandruc de Vrazannes a, le premier, signalé cette pièce dans ses « Lettres à M. de la Saussaye sur les monnaies gauloises aux types de la roue ou delà croix », dans la Revue numismatique, 1839. Il remarque à ce propos que le nénuphar était consacré au dieu de la lumière, « à raison des rapports qu’on croyait qu’elle avait avec cette divinité en l’absence de laquelle elle restait plongée dans les eaux ».

2 « La chaleur qui émane du lotus de Tafnut. » Naville, Les lit. du soleil, p. 33.

® Le conte des deux frères, papyrus d’Orbiney.

^ La croyance magique affirmait que toute chose peut reprendre vie dans le corps de la femme si elle la mange.

(fig. 149), dont l’alternance avait la même vertu que l’ornementation en entrelac de l’architrave des temples grecs.

La place de la frise génératrice est affirmée sur un fragment de jarre (fig. 163) trouvé à Rhodes.

A la partie supérieure c’est d’abord, sous la ligne des doubles solaires, la ligne d’eau ondulée — les spirales de la cimaise ; — puis vient la frise génératrice , celle de l’architrave des temples ; enfin le combat des centaures brandissant les foudres

Fig. 163. Camiros. Fragment de jarre en terre cuite. — Milchhoefer.

Die a/tf. der kunst., p. 75.

et le double maillet, — comme dans les métopes du Parthénon et de Sélinonte.

Généralement, sur les édifices, on retrouve le même signe fleuri créant une suite d’entrelacs en cœur, contenant chacun une petite fleurette naissante (fig. 159, i). Cette frise forme un collier sans fin, horizontal, flottant sur les nuées. Il porte des doubles solaires dans chaque enroulement. Ce collier est infini, puisqu’il forme une guirlande circulaire autour de l’édifice. Ce germe projeté dans le fleuve céleste est l’égal du grain semé dans la terre, l’épi de blé mystique.

La Succession des Générations — Signe 129 209

Signe 129.

Les vases et les monuments funéraires de tous pays portent souvent cette chaîne fleurie à leur partie supérieure (flg. 164, 2)-

Fig. 164. — 1. Crète. Cuve funéraire. — Perrot, t. VI, p. 456. 2. Vase mycénien. — Fortiv. Atl. pl. XIX, 139.

Une urne funéraire d’Orsi (flg. 164, i), représente la même chaîne de fleurs en action, car au-dessous, dans les replis des

Fig. 165. Égypte. Monaït de Dendérah.

— Mariette, t. II, pl. 80.

nuées et du serpent-éclair, les âmes-poissons, images de la génération active, prennent déjà leurs ébats.

L’Egypte montre une transformation magique de la « monaït », sous la forme du buste d’Isis (fig. 165), tenant à chaque main le signe de la vie — la croix ansée — et sur le bras droit Horus enfant; l’instrument même est un soleil rayonnant. Une

La Langue Sacrée

double chaîne de lotus, la fde de boutons fleuris, part du disque pour s’accrocher au buste de la déesse.

Actuellement, dans le symbolisme catholique, les fleurs autour de la croix indiquent la fécondité de l’église.

En résumé, la file de chevrons ou le cercle de boutons fleuris tournant sans fin autour de l’édifice, montant le fût des colonnes, s’épanouissant dans les antéfixes, c’est l’éternel renouveau, la vie naissant de la vie, le printemps des printemps, la succession des générations, la force mystérieuse et cachée qui règne en tout. Cette couronne de boutons cosmiques forme le diadème du temple ; elle est le gage des renaissances perpétuelles ; elle montre le pouvoir de « l’excitateur de toute vie » qui met dans chaque flot le germe divin.

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— 1. Égypte. Stèle I. — Good., p. 390.

Fig. 166. — 1. Egypte.

de Florence. — Good., p. 390.

2. Égypte. Peinture sur le plafond d’un tombeau. — Prisse d’Avesnes.

Fig. 167. — 1. Le signe construit. — Phrygic. Tombe royale. — Chipiez. Or. des or. gr., p. 134.

2 et 3. Grèce. Terminaison de deux frontons archaïques. — Wiegand. Aniike Deakmàler, t. I, p. 39.

4. Le signe fleuri. — Tête d’Hathor avec terminaison de lotus. — Good., f. 127.

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