‹ Le temple et la fleurChapitre 75 sur 96 · Frise céleste sur une antre urne de même provenance · texte numérisé non relu

Frise céleste sur une antre urne de même provenance

L’urne de Pendomadi (fig. 182,2) montre la croissance d’une plante miraculeuse formée de plusieurs tiges portant deux fausses palmettes. Ces feuilles-éventails simulent la foudre et l’éclair. Les foudres ne sont exprimées que par deux barres lancéolées, mais la parenté indiscutable de cette urne avec celle de la page 174, trouvée dans la même contrée, prouvent que ces barres peuvent aussi bien contenir la lance rouge — la flamme centrale qui pique — que les atomesétincelles, principes des âmes. « Celles-ci (les âmes), dit Platon, sont réveillées par la foudre et dispersées comme des

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étoiles filantes vers les lieux où elles doivent renaître à la vie ».

Sur la cuve de Pendamodi les âmes apparaissent déjà, mais — fait à souligner — c’est à l’intersection des tiges de la plante mystique. Les fausses palniettes sont les agents de la résurrection; elles font naître et croître les âmes nouvelles, grâce au feu et à l’eau qui en émanent.

Cette plante mystique c’est l’Arbre Sacré, qui donne la vie; arbre cosmique, dont l’éclair et la foudre sont les feuilles, et les êtres vivants les fleurs. Les signes de croissance, ici simples barres, naissent à l’intersection de ces feuilles. Ces petites barres composent ensuite une auréole — le voile Nems, la maison du soleil — enveloppe des âmes naissantes. Au centre de l’auréole un petit disque, contenant une flèche, est la première manifestation de l’esprit créateur, le germe de l’être nouveau. Les petites barrettes sont des fragments de la feuille éventail-éclair; la petite flèche remplace le cuspis de la lance-foudre.

Le lecteur croira, évidemment, à un excès d’imagination de notre part dans cette description d’une ornementation si simple, sur une grossière cuve en terre cuite. S’il admet les feuilles éventail-éclair-foudre, il lui semblera étrange de voir dans une vague fleur, entre les tiges, un héros ou une jeune fille en voie de résurrection. Expliquer un tel miracle, telle est l’œuvre des

documents que nous allons présenter.

Auparavant nous devons mentionner les judicieuses affirmations de M. F. Houssay, l’éminent naturaliste attaché à la mission de M. et M"’“ Dieulafoy ^ que nous corroborons.

' Cf. Revue archéologique, 1895, I, p. 1-27 et 1897, I, p. 81-105 et les protestations de MM. A. -J. Evans [Journal of Ilellcn. Stucl. 1894, p. 319, note 24) etE. Pottier (Rev. archéol. 1896, III, p. 24-32 et Cat. des Vases du Louvre, p. 190).

La Langue Sacrée

Certes, on pourrait regretter que ce savant n’ait pas reconnu la Fleur Cosmique, dans les figurations sur lesquelles il appuie justement sa thèse. Certes nous n’acceptons pas de réduire la tige divine en une simple imitation des feuilles rubanées de la vallisnérie, malgré les ressemblances que signale M. Houssay; de même nous n’assimilerons pas les cornes conductrices aux spatlies ouvertes de cette plante, ni l’écharpe « Nems » et le double solaire à un simple support conique des fleurettes, ni les rayons et étincelles entourant le

disque divin à des fleurettes mâles. Néanmoins, M. Houssay a le grand mérite d’affirmer la formule génératrice des figures ci-dessus (fig. 183, i à g). Malheureusement cette formule, ilia croit exactement copiée sur la genèse d’une plante réelle; où M. Goodyear retrouve un simple lotus, M. Houssay ne reconnaît qu’une vallisnérie. Tous deux discutent sur ces plantes et analysent leurs formes. Hier, MM. Furtwaengler et Lôschke reconnaissaient le palmier dans les n°® 1 et 2 ci-dessus. Lfinvention, l’ingéniosité, la variété de la plante cosmique sont bien autrement originales et puissantes. Il ne s’agit ni de palmier, ni de lotus, ni de vallisnérie, mais du soleil, du ciel, de la foudre, de l’éclair, des âmes, d’une écriture religieuse, de Signes Sacrés superposés, qui modifient la plante cosmogo-

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nique et lui permettent tontes les formes possibles, car elle est la création !

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Prenons ce vase(fig. 184, i). Que représente-t-il? — Le soleil créant les êtres vivants, et ceci de par sa forme et les signes

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