CRÉATEUR
La Langue Sacrée
ES Grecs, à compter du v® siècle avant notre ère, abandonnèrent les figurations magiques de la création et de la résurrection, étincelle par étincelle, spirale par spirale, que nous avons constatée. Dès cette date ils firent renaître de la fleur le double complet et parfait du défunt. L’image artistique prit la place de l’image mystique L
Ce développement de la Fleur Cosmique mène à un motif ornemental magnifique (fig. 180), dont nous décorons encore nos tombeaux sans en comprendre la noblesse et la haute portée.
Cette série permet de répondre à cet argument qu’on nous oppose constamment : Comment prouvez-vous que les fleurettes peintes sur les vases montrent les transformations de l’être humain après sa mort et que celles-ci se passent au ciel?
Réponse. — En étudiant les Signes fleuris des tombes grecques; ces tombes étant des signes vivants, des divinités célestes auxquelles le défunt s’assimilait pour monter avec elles dans le ciel.
Une déclaration s’impose dès ces premières lignes : la tombe vivante n’est pas une singularité accidentelle ou spéciale à la Grèce. C’est l’expression même de la pensée qui fit l’art, celle qui animait les édifices religieux, dont la puissance miraculeuse était incontestée dans toute l’antiquité.
Il résulte d’une savante étude de M. Schiaparelli^ que la plus grande des pyramides de Giseh — celle de Chefren — était nommée « le soleil à l’horizon ». D’autres étaient désignées parles expressions ; « l’âme, les âmes divines », noms qui se
< Contrairement aux Celtes, qui n’abandonnèrent jamais cette tradition. V. les nombreuses explications des monnaies gauloises et anglo-saxonnes dans notre premier volume.
- Il significalo simholico delle piraniidi egiziane. — Ueale academia dei Lincei. Loescher, 1884.
Le Miracle dans l’Architecture
rapportaient au soleil ; le dieu Ra, « l’âme universelle, le seigneur de toutes les âmes ».
M. Schiaparelli a signalé de petites pyramides déposées dans les tombes par la piété des parents, ou de petites stèles de même forme. Souvent ces monuments représentent le défunt en adoration (fig. 198, 4 et 5), et portent gravées une prière au soleil levant : « Adoration à Ra qui surgit à l’horizon », ou (c Hommage à toi, ô Ra, maître des créatures », etc. Fait curieux, parfois une face de la petite pyramide montre le dieu-soleil,
Fig. 198. — Egypte. 1. Le soleil sur les montagnes. — 2. La pyramide sur les montagnes. — 3. Obélisque et pyramide tronquée. — 4. Le défunt dans une pyramide. — 5. Pyramide tronquée. — Schiaparelli. Il significato.