‹ Le temple sans idoles; poèmesChapitre 14 sur 81 · L'AIGLE · texte numérisé non relu

L'AIGLE

Longtemps Famour a tournoyé Allier, au-dessus de ma tête.

Et je sentais le souffle de conquête De ses ailes au remous éployé.

Puis un jour l'aigle

Du faîte olympien des airs

Fondit sur moi, l'œil plein d'éclairs.

Et ce fut fait de Tordre et de la règle .

Et l'aigle me creva les yeux.

(Oiseau de Jupiter, merci 1)

Et me voici l'aveugle glorieux

Qui ne voit plus qu'en soi le beau souci.

L'aigle me lacéra le flanc

D'où mon sang coule goutte à goutte.

Mais c'est un plaisir violent

Que d'aimer dans l'horreur du doute.

Maintenant son aile me frôle, Et près de mon visage nu L'aigle, de carnage repu, Se tient juché sur mon épaule.

Grave, il m'accompagne en tout lieu,

Attribut qui me glorifie,

Et sa présence qualifie

La fierté de me croire un dieu.

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