L'AIGLE
Longtemps Famour a tournoyé Allier, au-dessus de ma tête.
Et je sentais le souffle de conquête De ses ailes au remous éployé.
Puis un jour l'aigle
Du faîte olympien des airs
Fondit sur moi, l'œil plein d'éclairs.
Et ce fut fait de Tordre et de la règle .
Et l'aigle me creva les yeux.
(Oiseau de Jupiter, merci 1)
Et me voici l'aveugle glorieux
Qui ne voit plus qu'en soi le beau souci.
L'aigle me lacéra le flanc
D'où mon sang coule goutte à goutte.
Mais c'est un plaisir violent
Que d'aimer dans l'horreur du doute.
Maintenant son aile me frôle, Et près de mon visage nu L'aigle, de carnage repu, Se tient juché sur mon épaule.
Grave, il m'accompagne en tout lieu,
Attribut qui me glorifie,
Et sa présence qualifie
La fierté de me croire un dieu.