‹ Le temple sans idoles; poèmesChapitre 13 sur 81 · L'AMANT MALAVISÉ · texte numérisé non relu

L'AMANT MALAVISÉ

Avec la conviction criarde

D'un marchand turc, qui sous l'arcade d'un bazar

Vante la qualité de ses tapis et veut que l'on regarde

Leurs entrelacs, leur trame et leur finesse,

J'ai partout vanté ta beauté, ô ma maîtresse,

Et à tous les passants j'ai crié que j'aimais

Un être non pareil par la splendeur des traits,

El célébré la volupté jumelle de ton sein,

L'ardeur incluse sous tes cils.

Et l'attique dessin

De ton impérial profil.

Et je fus un grand sot en agissant ainsi. Car plus que ne voulais, hélas, j'ai réussi.

Et mon délire a gagné tant d'hommes que depuis lors

Ils te poursuivent tous

Et se traînent à tes genoux.

Et moi je souffre désormais à mort De les avoir si bien persuadés.

Que du moins mes tourments

Et ma stupidité

Servent de leçon aux amants

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