‹ Le temple sans idoles; poèmesChapitre 25 sur 81 · LA PROTECTRICE · texte numérisé non relu

LA PROTECTRICE

Voix suave de quelque invisible viole

Que le passant écoute expirer dans le soir,

Quel miracle t'apprit l'ineffable parole

Et ces mots qu'un enfant seul aurait pu savoir ?

Pourtantplus doux encore estau deuil qui m'oppresse Ton silence, ombre grave aux gestes assourdis, Que j'entrevois glisser autour de ma détresse, Car tes mots les plus chers ne furent jamais dits.

Être étonnant qui te prolonges jusqu'à l'âme, Lorsque sur mes yeux las ton souffle aimé descend, Je sens l'essor en moi de deux ailes de flamme. L'espoir, le bel espoir captif et frémissant.

Oh I reste ainsi, ne t'en va pas, ma bien-aimée ! Je suis un voyageur que le doute exila. Toi seule as su trouver simple ma destinée ; Incline ainsi ton front, ma sœur, oh ! reste là.

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