LE PÊCHEUR D'ORIENT
Ce pêcheur d'Orient Oui tout un jour durant Fut roi, C'est moi.
Oui, reine, vous m'avez admis Dans le palais de votre amour, Et vous m'avez permis L'accès d'un tel séjour, De sorte que j'ai pu croire A la réalité de ma couronne Et de ma gloire.
Mais le rêve
A tôt pris fin. Et le merveilleux trône
De ma joie s'est écroulé.
Et au matin je me suis retrouvé
Sur la déserte grève.
Et pour me consoler de mon souci Des gens, des pauvres comme moi, M'ont dit : « Va, ne t'afflige pas ainsi. Songe que tout un jour tu fus roi.
C'est une provende De bonheur qu'un tel souvenir. »
Mais moi, couché le front contre la lande, Je n'ai plus cessé de gémir.
Car vivre du passé
C'est vivre au fond d'un in-pace