‹ Le temple sans idoles; poèmesChapitre 27 sur 81 · AH L'ÉTRANGE MÉTIER · texte numérisé non relu

AH L'ÉTRANGE MÉTIER

Ah l'étrange métier que de polir des phrases, Au brasier de son cœur de flamber des émaux, D'enchâsser corindons, béryls et chrysoprases, De marteler le verbe et de sertir les mots.

La douleur du poète est le fruit de l'emphase Et lorsqu'elle gémit, c'est en rythmes jumeaux. Pour moi je ne ressens la grandeur de mes maux Que quand, crinière au vent, je galope Pégase.

Amantes de jadis qui blessâtes mon cœur.

Vous pour qui je rimai maint hommage vainqueur,

C'est en vain maintenant que j'essaie un poème.

L'hyperbole me fuit. Je reste déconfit Devant le mal nouveau qu'une de vous me fit, Une dont je ne sais même pas si je l'aime.

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