SOIR
Au défaillant adieu du jour à l'agonie Tout frissonnant encor des midis exaltés Mon cœur s'obstine et veut revivre les clartés Des ultimes lueurs que l'ombre lui dénie.
Mon âme, soumets-loi : voici venir le soir Effeuillant des bouquets de sauge et d'ancolie. Accepte le mensonge où survit un espoir Dans le déchirement d'une paix abolie.
Sombres essaims d'oiseaux couleur de souvenir Écartez loin de moi vos battements funèbres; Là-bas, sous d'autres cieux, peul-èlrc l'avenir Fera-t-il resplendir vos ailes de ténèbres.
Maintenant je suis prêt : Viens, crépuscule ami, Franchir le seuil de ma demeure taciturne, Draper mon âme aux plis de ton linceul nocturne Et veiller mon regret à jamais endormi.