‹ Le temple sans idoles; poèmesChapitre 38 sur 81 · AIR DE GUITARE · texte numérisé non relu

AIR DE GUITARE

Je t'aime tant et tant, ma mie, Que si demain tu trépassais J'embaumerais tes flancs glacés Et j'adorerais ta momie.

Puis je ferais, chère endormie, De tes cheveux tant caressés Deux cordons de vieil or tressés Qui m'attacheraient à ma raie.

Lors sur ta bouche un peu blêmie Les baisers pleuvraient si pressés Que n'en ayant jamais assez Je tomberais mort sur ma mie.

n VOGLIO BÈNE

Petite Napolitaine Au fichu jaune, au jupon de futaine,

Œil de velours

Et cheveux lourds, Dents de perle, peau d'ambre Comme grappe en septembre, Te souviens-tu de ce soir sur le quai Où vers l'amour nous avons embarqué.

Petite Napolitaine,

Ti voglio bène.

J'étais galant, et toi charmante.

La polenta, l'asti spumante,

Et tu fus mon amante Comme il sied entre gens de bien.

s ENSUIVENT SIX CHANSONS d'aMOUR 103

Tu riais de mon italien Qui, ma foi, valait bien le tien.

Mais^ personne, carina mia, N'eût mieux que toi dit ces mots-là

Où chante lame italienne :

Ti voglio bène.

Mia, comme te voilà grave !

Va, carina, je reviendrai.

Tes yeux ne doivent pas pleurer, Savoir l'amour cela rend brave :

Addio. Avant quinze jours Tu connaîtras d'autres amours.

J'ai vu rôder autour de toi Un beau garçon, quelque Génois

Qui te dira sa cantilène :

Ti voglio bène.

Mais prends garde à ce Piémontais A l'œil sombre, au geste mauvais.

Ne te laisse pas faire :

Vilaine affaire

Qu'un galant qui ne rit jamais, Il faut qu'une fille l'évite.

Ne pleure pas. Suis mes conseils, petite, Car en te faisant de la peine Ti voglio bène.

s ENSUIVENT SIX CHANSONS D AMOUR 105

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