MADAME PANTALON
Madame Pantalon, personne plutôt mûre
Que la dévotion barde de son armure,
Sent rougir sa pommette et gonfler son poitrail,
Depuis certaine œillade ardente et langoureuse
Que lui décocha hier sous les ormes du mail
Lindor, qui sait, dit-on, rendre une femme heureuse.
Hé quoi? Le beau Lindor ?... Madame Pantalon Frissonne éperdûment de la nuque au talon Dans le lit solitaire où sa vertu l'attache. Oh, sentir sur son cou cette fine moustache, Fouir ses lèvres dans le flot brun des cheveux Et se pâmer pétrie entre ses bras nerveux !
Est-ce un rêve ? Lindor souriant se rajuste.
« Macolombe!» — « Mon cœur !» — Le ciel n'est pasinjuste
Madame Pantalon glousse et frémit encor
Des paradis d'azur que lui montra Lindor
Et qu'un Dieu plein d'amour entrebâille sur terre.
Et Lindor songe : « Je serai son légataire. »