LES JOUEURS
Ils sont là sept ou huit en un retrait caché Attenant à la grande salle de l'auberge. Le long du mur ils ont accroché leur flaraberge, Le pistolet d'arçon, le feutre empanaché I Parfois d'un sursaut vif une flamme dans Tâtre Flagelle brusquement d'une lueur rougeâtre Les visages fiévreux vers les cartes tendus. « Per Bacco ! voilà bien trente louis de perdus I »
Rodomont lient la banque.
Mais la chance a tourné. L'or fauve s'amoncelle, Tandis que don Guzman de Salamanque Tâte nerveusement du doigt son escarcelle. Le chevalier Lindor, l'œil attentif et froid,
Attend sa main en préparant la fausse coupe
Qui lui fera ro.arquer le roi.
Isabelle au-dessus du groupe
Lui glisse un sourire averti En vidant une coupe De lacryma-Christi.
Cependant que Sylvia, câline et parfumée,
Penche son profil de camée
Sur le front du jeune Agénor Qui, ravi d'être en si galante compagnie, Regarde sans souci fondre les ducats d'or Que feu monsieur son père amassa dans sa vie.