ACTE I
LE MARQUIS
Je suis veuf.
Depuis longtemps?
R O BQ U IN.
Déjà! peste!
LE MARQUIS
Treize ans!
ROUQUIN
* On va vite, à Trieste !
LE MARQUIS
Et toi?
ROUQUIN
Toujours garçon...
J’obéissais...
LE MARQUIS
Moi, j’eus le coeur forcé,
ROUQUIN
Le ciel t’en a récompensé...
LE MARQUIS
Aussi n’ai-je point fait un de ces mariages Où la mort en passant laisse de longs nuages; J’ai pris femme et c’est tout...
ROUQUIN
C’est assez...
LE .MARQUIS
Un amour...
J’avais là
So levant»
A quoi bon te conter tout cela?
ROBQUIN, $<; levant aussi.
Vieille histoire, mon cher, vieille et toujours la môme ; On n’épouse jamais la femme que l’on aime,
Tant mieux ! on la regrette, on l'adore toujours :
C’est une illusion qu’on garde à ses vieux jours.
LE MARQUIS, apres une pause.
Je ne t’ai jamais vu, jadis, chez ta cousine?
ifoûQuix.
Jadis j’habitais Tours ; et tu viens, j’imagine Lui demander...
LE MARQUIS
Je viens, comme on fait entre amis En lui serrant la main, lui présenter mon fils.
ROBQUIN.
Tiens, tiens, tiens! nous avons de la progéniture.
Cherchant.
Où donc ?
LE MARQUIS
Il va venir ; un ressort de voiture Qui s’est rompu...
ROBQUIN.
J’aurai grand plaisir à le voir :
Un apprenti consul, je suppose?
LE
Il a fini son droit...
A savoir ;
ROBQUIN.
Un marquis de Bérulle,
Son droit! qu’on dise encor que le siècle recule.