SYRUS
Videbo (sic pro Jubeo).
Illam te amare, et velle itxorem. : hanc esse Clitifom's.
Enfin, le feuillet 14g contenait : l'argument de la scène m* du IV* acte des Adelphes et cette scène tout entière.
Ces mutilations nous privent de quatre miniatures. Le Térence des ducs, s'il était complet, devrait contenir : un frontispice et cent trente-six miniatures; il ne comprend que : un frontispice et cent trente-deux miniatures.
Pour ce qui est de la reliure, on a vu qu'en 1416 le Térence était « couvert de drap de damas sendré » et qu'il était orné de « deux fermouers d'argent dorez, esmaillez aux armes de feu monseigneur de Guienne ». Il est inutile de dire que rien n'en subsiste aujourd'hui. Le volume est simplement revêtu d'un modeste velours rouge, assez fatigué. Au dos, une pièce de cuir collée pour le titre porte : « P. Terentius Mss. » La couverture actuelle mesure 350 sur 250 millimètres.
Les tranches sont dorées et contiennent sur leurs trois côtés une inscription de deux lignes dont le déchiffrement est rendu à peu près impossible par l'inégalité des feuillets. Sur la grande tranche verticale, au début de la seconde ligne, on peut encore distinguer ces mots :
Qualiter in rébus
En dehors des mutilations, très regrettables et sans doute anciennes, qui ont privé ce manuscrit de quatre feuillets, le volume s'offre à nous dans un état de conservation tout à fait exceptionnel. Sur les cent trente-trois miniatures dont se compose aujourd'hui l'illustration, il n'en est aucune qui ait subi une détérioration de quelque genre que ce soit. Le fait est assez rare pour mériter d'être signalé. Si parmi les beaux manuscrits enluminés du moyen âge il en est peu qui aient échappé aux mutilations, plus restreint encore est le nombre des volumes dont les peintures n'ont été ni retouchées, ni endommagées. Nous pouvons donc presque nous féUciter que les mains barbares qui ont détaché sans pitié quatre tableaux de cette série unique n'aient pas barbouillé, gratté ou tailladé ceux qu'elles ont laissé subsister.
On ne pouvait songer à donner ici une nouvelle édition des comédies de Térence, le plus connu peut-être des classiques latins. Il a semblé qu'il suffirait, pour que chaque comédie revive dans la mémoire, d'en rappeler l'intrigue en quelques lignes très brèves.
D'autres explications étaient plus nécessaires. Il fallait qu'on pût se rendre compte de la façon dont les enlumineurs ont compris et interprété les scènes de l'auteur comique. Pour cela, le mieux était de transcrire en regard de chacune des figures le dialogue même que les artistes ont voulu illustrer. Ce sont ces fragments de dialogue, placés sous des numéros correspondant à ceux des miniatures, qu'on trouvera imprimés vis-à-vis des planches.
Il restait en outre à fournir le moyen de distinguer clairement les acteurs les uns des autres. En tête de chaque comédie, après l'analyse succincte de la pièce et au-dessous du nom de chaque personnage, on en pourra voir le signalement fait le plus souvent d'après le costume, quelquefois aussi à l'aide de particularités qui enlèvent autant que possible toutes chances de confusion.
Enfin, pour faciliter encore la reconnaissance des personnages, leurs noms en tête du dialogue ont été groupés dans l'ordre où nous les voyons eux-mêmes figurés sur l'image.
L'ANDRIENNE
ANALYSE DE LA COMÉDIE
Pamphile, jeune Athénien, est amoureux de Glycérie, qu'il a rencontrée chez une courtisane d'Andros et qui va bientôt devenir mère. Simon, père de Pamphile, a formé le projet de marier son fils à Philumène, fille de son ami Chrémès. Lorsqu'il apprend l'intrigue de Pamphile, Simon lui ordonne d'épouser Philumène. Désespoir de Pamphile, qui supplie Dave, esclave de Simon, de le tirer d'affaire. Dave lui conseille de feindre d'accepter le mariage avec la fille de Chrémès . Cependant, en apprenant l'amour de Pamphile pour Glycérie, Chrémès a retiré sa promesse de lui donner sa fille. Simon s'efforce de convaincre Chrémès que Pamphile a rompu avec Glycérie, quand un incident se produit : en passant devant la maison de Glycérie^ Simon entend les cris de la jeune femme qui met au monde un fils. Dave croit tout perdu; mais Simon, soupçonnant un piège, ne doute pas que ce ne soit là une comédie imaginée par Dave. La vérité pourtant ne peut manquer de se découvrir. Dave prend donc les devants et dresse ses batteries pour que Chrémès apprenne tout. Celui-ci rompt définitivement le mariage de sa fille avec Pamphile. Sur ces entrefaites, un citoyen d'Andros, nommé Criton, arrive à Athènes en quête d'une jeune fille jetée jadis sur les côtes de son île par la tempête et qui est partie pour retrouver sa famille. Cette jeune fille, c'est Glycérie, et Criton, grâce à Mysis, esclave de l'Andrienne, reconnaît celle qu'il cherche. Chrémès, lui aussi, en entendant le récit de Criton, n'a pas de peine à reconnaître dans Glycérie sa seconde fille qu'il croyait perdue. Tout alors concourt à assurer le mariage de Pamphile avec Glycérie, et Dave échappe heureusement aux étrivières.
DESCRIPTION DU COSTUME DE CHAQUE PERSONNAGE Simon, vieillard, père de Pamphile.
Coiffé d'un chapeau bas et rond, à bords relevés. Chaperon formant mantelet. Robe longue. Ceinture placée assez bas et supportant soit un couteau, soit une escarcelle. Simon porte toute sa barbe, qui est blanche.
Simon paraît aux figures i, 2, 8, 9, lo, 11, 12, 13, 14, 20, 21, 22.
ChrÉMÈS, vieillard, père de Philumène et de Glycérie.
Coiffé d'un bonnet pointu, à revers blancs. Chaperon enveloppant la tête sous le bonnet. Grande cape doublée de blanc. Chrémès porte la barbe blanche, longue et en pointe. Chrémès paraît aux figures 13, 18, 20, 21, 22.
Pamphile, jeune homme, fils de Simon et amant de Glycérie.
Coiffé d'un chaperon s'avançant sur les yeux et formant visière. Houppelande courte, aux bords dentelés. Très larges manches également dentelées. Chausses semelées mi-parties : c'est tantôt la jambe droite, tantôt la jambe gauche qui est blanche. Ceinture placée haut. Pamphile est imberbe.
Pamphile paraît aux figures 4, 5, 6, 7, 8, 9, 14, 15, 16, 17, 22, 23.
Charinus, jeune homme, ami de Pamphile et amant de Philumène, fille de Chrémès.
Coiffure formant bourse sur le front. Chaperon aux bords dentelés, posé en mantelet, avec large queue dentelée tombant très bas par derrière. Dague et escarcelle à la ceinture, qui est posée assez bas. Souliers hauts. Chausses mi-parties. Charinus est imberbe.
Charinus paraît aux figures 6, 7, 16, 17, 23.
Dave, esclave de Simon.
Chaperon posé en bonnet et pendant sur l'oreille. Costume à boutons nombreux sur le devant. Ceinture au-dessous du ventre. Chausses roulées en haut et laissant voir les genoux. Souliers bas. Dave est imberbe.
Dave paraît aux figures 2, 3, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 14, 15, 16, I7, 18, 21, 22, 23.
Sosie, affranchi de Simon.
Sosie ne paraît qu'une fois, en cuisinier, à la figure i.
Byrrhia, esclave de Charinus.
C'est le seul personnage de la pièce qu'on voie tête nue. Byrrhia ne paraît qu'aux figures 6 et 9.
Criton, étranger, d'Andros.
C'est le seul personnage de la pièce qui porte des éperons. Criton paraît aux figures 19, 21, 22.
Dromon, esclave fouetteur.
C'est le garde qui arrête Dave dans la figure 21 et lui serre les jambes entre deux pièces de bois dans la figure 22.
Glycérie, de son vrai nom Pasibule, fille de Chrémès et maîtresse de Pamphile.
C'est la jeune femme qu'on voit couchée aux figures 4 et 11, et qui apparaît à la fenêtre dans la figure 17.
Mvsis, servante de Glycérie.
Coiffée d'une huve ou cornette. Tablier blanc attaché au-dessous du ventre. Trousseau de clefs pendant à la ceinture.
Mysis paraît aux figures 3, 4, 5, 11, 17, 18, 19.
Lesbie, vieille sage-femme.
Coiffée d'une huve ou cornette. A sa ceinture, placée au-dessous du ventre, pendent des clefs et une aumônière.
Lesbie paraît aux figures 11 et 12.
L'ANDRIENNE Pl. I.
L'ANDRIENNE