ACTE DEUXIEME
C0RBINET.
Vous l'avouez?
BRUN IoU EL.
Oui, je l'avoue I... Ne pouvant pas faire autrement, je l'avoue!... Mais le ciel, vous entendez? Le ciel m'est témoin que j'ai tout fait pour rompre.
GORBINET.
Allons donc !
BRUXIQUEL.
Je me suis assis au bout de la pièce, là, loin de la chaise longue; j'ai fait fermer le peignoir et j'ai mis Adèle sur ma manche ! Donc, j'ai fait tout ce qui dépendait de moi...
GORBINET, railleur.
Vraiment?
BRUXIQUEL.
Oui, monsieur ! Et ce n'est pas la peine de sourire bêtement, dédaigneusement, et de faire votre bec en cul de poule.
GORBINET.
Ah 1 Monsieur !
BRUNIQUEL
Ce que je pense, je le dis, et ce que je dis, je le pense!...
CORBIXET.
Pardon, c'est moi !
Et moi aussi ! Vous prenez avec moi des airs et des façons, qui ne me vont pas du tout.
GORBINET.
Permettez î
q4 LE TERRE-NEUVE
BRUNIQUEL
Ce matin, vous m'avez donné votre démission...
GORBINET.
Vous l'avez refusée
BRUNIQUEL
Je l'accepte!
GORBINET.
Trop tard.
BRUNIQUEL
En ce cas, je vous la demande.
CORBINET
Je vous la refuse !
BRUNIQUEL
Hé bien! Vous m'ennuyez, là, et je vous flanque à la porte. Est-ce clair ?
CORBINET
Très clair ! Et je m'en vais !
Bonsoir !
CORBINET
Moi de même !... Je m'en vais remettre à madame Bruniquel le petit papier...
BBUNIQUEL, menaçant.
Ah ! Prenez garde !
CORBINET, tirant le papier de sa poche et lisant. « Je soussigné, Bruniquel, Fortuné, déclare avoir jusqu'à ce jour indignement trompé ma femme. » (Bruniquel essaie d'attraper le papier.) C'est encore raté.
BRUNIQUEL
Vous allez donner ce papier?