ACTE DEUXIÈME
CORBINET, avec hauteur.
Dans une heure, madame Bruniquel apprendra qu'elle a été. sans s'en douter, la plus malheureuse des femmes.
BRUNIQUEL
Ah! Le pied me démange furieusement.
GORBINET.
Hé bien! Grattez-le! (Bruniquel va lui lancer un coup de pied; corbinet se retournant, Bruniquel reste la jambe en l'air.) Hé, quoi? Frapper le futur derrière de votre gendre?... Je veux dire le... de votre futur gendre?
BRUNIQUEL
J'ai eu tort !
Comment se fait-il donc que vous vous montriez si énergique à mon endroit et si lâche avec votre maîtresse ?
BRUNIQUEL
Je n'ai pas été lâche avec Angélina; et, si je n'ai pas rompu comme j'y étais décidé, c'est que je n'en avais pas le droit.
CORBINET
Pas le droit ?
BRUNIQUEL
Elle a voulu se tuer !
CORBINET, railleur.
Non!
BRUNIQUEL
En se jetant par la fenêtre.
CORBINET, à part.
Pauvre homme !
BHUNIQUEL.
Déjà une de ses jambes se balançait dans le vide ! (Avec force.) Je vous le demande : peut-on rompre avec une femme dans cette position-là?
GORBINBT.
On rompt avec une femme dans toutes les positions! Mais vous ne voyez donc pas qu'elle se moquait de vous?
Mie? Quand la seconde jambe allait y passer!...
CORBINET
Tenez, vous me faites de la peine! Alors, vous ne voulez pas rompre?
BRUNIQUEL
Elle en mourrait, Gorbinet! Elle m'adore!
CORBINET
Eh bien ! Je ne vous demande qu'un quart d'heure, moi, pas plus, pour vous prouver le contraire.
BRUN IQUEL.
Un quart d'heure?
CORBINET
Allez faire un petit tour, revenez, et c'est ellemême, qui vous flanquera à la porte !
BRUNIQUEL
Allons donc! Allons donc !... Allons donc !...
CORBINET
Acceptez-vous?... Si elle ne vous met pas dehors, et vivement, je vous rends votre, petit papier... «Je soussigné, Bruniquel... »
BRUNIQUEL
J'accepte!