‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 106 sur 185 · Lettre du 14 ventôse. Archives départementales · texte numérisé non relu

Lettre du 14 ventôse. Archives départementales

suspects restent en liberté pour blasphémer contre les mesures révolutionnaires et pour solliciter par mille intrigues la sortie des aristocrates qui leur sont chers.

« En conséquence, tous les districts du département du Pas-de-Calais donneront des ordres pour que, dans lesvingtquatre heures, toutes les femmes des hommes suspects détenus soient mises en arrestation, à moins qu'elles n'aient évidemment et constamment improuvé l'aristocratie de leurs maris.

« Cette mesure aura lieu à l'égard de tous les hommes suspects qui doivent être subséquemment arrêtés.

« Elle aura lieu pareillement envers les femmes ci-devant roturières des maris ci-devant nobles et envers les maris ci-devant roturiers des femmes ci-devant nobles, si lesdits maris roturiers ou lesdites femmes roturières n'ont point montré un attachement constant à la Révolution l . »

Joseph Le Bon, en réunissant dans la même prison le mari et la femme, l'épouse et l'époux, faisait disparaître, sans y penser, la plus grande des douleurs que pût entraîner la perte de la liberté : porter les mêmes fers, c'était n'en plus sentir le poids. Mais non ; Le Bon a prévu ces conséquences; il a même porté ses prévisions plus loin :

« Ne laissons point multiplier les ennemis de la liberté. Dans les vingt-quatre heures delà réception du présent, les districts du département du Pas-de-Calais auront pris des mesures pour séparer les femmes suspectes des hommes suspects.

« Les enfants mâles au-dessus de sept ans resteront dans la maison des hommes, et ceux au-dessous de sept ans, ainsi que les jeunes filles, dans les maisons des femmes.

« Les maisons des hommes suspects seront gardées par des hommes, et celles des femmes suspectes, par des femmes 2 . »

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