Arrêtés du 16 ventôse. Archives départementales
Les tortures morales de la séparation ne suffisent pas; Le Bon, prodigue de rigueurs, y ajoute la privation de tout adoucissement au régime des prisons. Déjà il avait fait enlever aux détenus leurs provisions; il fait saisir leur argent :
« Les gens détenus comme suspects n'ont plus aucun besoin.
« La République les nourrit frugalement ; partant, qu'on ne leur laisse aucune somme.
« Qu'il soit dressé procès-verbal .exact de toutes celles qu'on trouvera sur eux, pour leur être rendues, dans le cas où ils seraient élargis par le Comité de sûreté générale, ou pour, être, dans l'autre £as, versées dans le Trésor public * ».
Joseph Le Bon envoya au Comité de salut public copie de son arrêté :
« Les gens suspects amassaient encore des trésors dans leurs prisons et se disposaient sans doute à les soustraire à la salutaire loi du 8 ventôse. L'arrêté ci-joint a déjoué leurs coupables espérances 2 ».
Cependant la commission nommée par le district avait fait connaître quelle était la capacité des diverses maisons d'arrêt. Le Bon les trouva tw>p étroites au gré de ses désirs; il demanda au Comité de salut public l'autorisation de faire évacuer les prisonniers sur quelque ville de l'intérieur :
« Autorisez-moi à faire évacuer sur Chantilly, ou sur tout autre endroit de l'intérieur, l'énorme multitude de gens suspects arrêtés et à arrêter dans ce département; sinon, il est à craindre qu'ils n'affament Àrras, leur principal dépôt D'ailleurs, Arras est trop voisin des frontières