Arrêté du 17 ventôse. Archives départeatentales
à la guillotine en mourant dans les bras d'un geôlier; il faut que l'innocence ne souffre pas de l'air infect d'une prison : tels sont les motifs de l'arrêté ci-joint *. »
Les soins donnés à la chose publique ne faisaient pas oublier à Le Bon ses vengeances personnelles. Sous prétexte de rassemblements de gros fermiers tenus à Neuville, il résolut de se saisir d'un seul coup de toute la famille Payen. Il commença par enToyer au district l'ordre qui suit : « Faire arrêter Merlin, notaire à Ârras (beau-frère de Jean Payen), et ses adhérents, quelque part qu'ils se trouvent, même dans d'autres districts, ainsi que leurs papiers ; la femme Merlin (Henriette Payen) sera arrêtée avec lui ». Lorsque les commissaires de Le Bon se présentèrent chez M me Merlin, elle leur déclara que son mari était parti pour Neuville. On l'arrêta, ainsi que sa servante et un enfant de huit mois; une petite fille de trois ans (Sophie Payen, nièce de M me Merlin), dangereusement malade, fut jugée hors d'état d'être transportée. Joseph Le Bon, parti pour Neuville en compagnie de Cartier, de Galand, et de quelques autres patriotes, avait rencontré Merlin dans la ïnaison de son beau-frère ; il le fit fouiller et arrêter. Il s'empara aussi de la femme et du frère de Jean-François Payen , Thérèse Payen et Louis Payen , avocat au Parlement de Flandre. Avant de ramener son butin à Arras, il rassembla les patriotes dans l'église du village, et faisant allusion, du haut de la chaire, à la fortune de Payen : « C'est pour vous, leur dit-il, ces beaux chevaux gris, ces belles vaches, ces quatre cents mesures de terre 2 ». Au moment de son départ, il laissa à la municipalité la réquisition suivante : « Joseph Le Bon charge les officiers municipaux de Neuville -la -Liberté de faire arrêter et conduire à Arras, au département, tous ceux,