‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 113 sur 185 · Procès de Le Bon, \. l, p. 95 et · texte numérisé non relu

Procès de Le Bon, \. l, p. 95 et

faisant arrêter la femme et la ÛÛe de M. Payen, de Monteriescôurt ■*. .

L'expédition faite à Neuville avait sans doute réveillé dans r*âme de Lé Bon des souvenirs irritants. S'armaût de nouvelles rigueurs contre tes dernières manifestations d'un culte proscrit, il prit les arrêtés suivants :

« Le Conseil général de la' commune d'Arras donnera ordre sur-le-champ à tous les soldats de police de se répandre dans les promenades 1 et sur les remparts; comme dans tous les lieux publics, et d'y arrêter toutes les femmes et les filles endimanchées. Les aristocrates ou* fanatiques seront définitivement constituées en arrestation 2 . '

« Joseph Le Bon, instruit que les compagnons de cultivateurs, appelés ci-devant valets de charrue, égarés par le fanatisme, s'opiniàtrerit à célébrer les cMeVant jonrs des fêtes et dimancheâf et eiflèvent ainâi un tétops précieux à l'agriculture, arrête :

« Que tout domestique, valet de charrue et autre ouvrier qui chômera d'autre jour que le décadi sera mis en état d'arrestation comme suspect, et que les municipalités qui n'exé-

1. M. Le £entu\ de Wailly, marié à Victoire Payen, de Neuville, avait employé, pour se soustraire à l'emprisonnement, un procédé fort ingénieux : fermier à grosses bottes, ancien lieutenant de l'abbaye d'Arrouaise qu'il avait refusé d'acheter nationalement, M. Le Gentil reçut un jour la visite de Le Bon qui, après une perquisition minutieuse, laissa dans sa maison une partie de son escorte et continua sa tournée jusqu'à Rivière. M. Le Gentil fit remonter de sa cave tous les liquides qu'elle contenait et les mit, avec forces provisions de bouche, à la "disposition des sans-culottes. Le soir, Le Bon les retrouva dansant la Carmagnole autour des futailles vides et chantant les louanges de leur hôte, proclamé le meilleur des maires. — Resté libre pour le moment, M. Le Gentil fut cependant emprisonné le 29 ventôse (19 mars 1794).

2. Arrêté du 19 ventôse. 2* Censure, p. 219. — Conseil général de la commune, séance du 19 ventôse : « Des soldats de police amènent une trentaine de femmes arrêtées se promenant endimanchées. Après les avoir interrogées, le conseil général, considérant que la plupart sont des sans-culottes patriotes, demande au représentant du peuple leur élargissement ».

citeront p*s le préeevfc arrêté seront elles-mêmes* considérées comme suspectes et traitées comme telles ' . »

Dans l'exécution de ces mesures, est-il besoin de dire que Joseph Le Bon rencontrait, de la part des autorités constituées, et surtout du district , servile obéissance et complète approbation? Le 19 ventôse (9 mars), le comité de surveillance l'informait qu'en exécution de l'arrêté du 16, il avait fait amener deux hommes et vingt-et-une femmes ma-» riées à des suspects : « Le comité aurait agi plus tôt , s'il avait connu l'arrangement des maisons destinées aux mâles et femelles détenus ». — Néanmoins, le comité avait laissé quelques enfants eh bas-âge, dans la maison de leurs parents, aux soins des domestiques. — « Nous sommes instruits, écrit aussitôt le district , que les enfants de gens, suspects sont restés dans la maison paternelle; ceci est contraire aux dispositions de l'arrêté de Joseph Le Bon du 16 de ce mois ; nous vous prions de remplir les dispositions de cet arrêté et de conduire avec les femelles suspectes les filles et les garçons au-dessous de sept ans, et avec les mâles suspects les garçons au-dessus de sept ans. »

Le Bon n'avait ordonné d'enlever aux détenus que leur argent ; le district trouva l'arrêté trop humain. — « Séance du 18 ventôse : L'assemblée du district arrête que six membres de l'administration, accompagnés d'autant de membres au moins du conseil général de la commune, se rendront, dans le jour, dans les maisons dites Abbatiale et Hôtel-Dieu, Baudets, Orphelines, à l'effet de saisir tout l'argent, soit en numéraire, soit en assignats, tout or, argenterie et bijoux, desquels objet? il sera dressé procès-verbal, ainsi que du linge, consistant en draps, chemises, bas f serviettes , sur l'emploi desquels il sera statué ;

« Arrête, en outre, qu'il ne sera laissé à chaque individu

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