Arrêté du 17 germinal (6 avril 1794). (Arch. dép
Conseil général de la commune, séance du 22 germinal : «Les secours à distribuer aux infirmes, vieillards et enfants au-dessous de dix ans sur les bases établies dans l'arrêté du représentant offrent cinq cent soixante-dix infirmes ou vieillards et cinq cent soixante-deux enfants au-dessous de dix
26 et 29 ventôse (16 et 19 mars). — Benoît-Louis-Joseph Lallart de Berlette (48 ans), négociant à Ârras, membre de l'échevinage en 1 789, avait été mis en état d'arrestation dans sa maison, le 15 vendémiaire (6 octobre 1793), avec sa femme, Albertine Lallart de Le Bucquière. On prétendait qne son frère et ses sœurs avaient émigré : M. Lallart représenta que son frère habitait depuis trois ans la Hollande où il apprenait le négoce ; que ses sœurs étaient parties pour les eaux, et qu'il était lui-même le seul soutien d'un père aveugle et octogénaire. M. Lallart fut emprisonné à l'Abbatiale. Aucune charge ne s'était élevée contre loi, lorsque, le 14 vendémiaire (4 mars), le citoyen Havet se rendit au comité de surveillance et dénonça un sieur Sévin qui lui avait remis neuf assignats de cinq livres, reconnus faux. Sévin déclara tenir ces assignats d'un épicier qui, à son tour, lit connaître qu'il les avait reçus du citoyen Doré, gardien des scellés apposés chez M. Lallart. Ce Doré prétendit que M. Lallart lui avait donné les neuf assignats en payement de ses frais de garde ; il consentit à les reprendre et les porta à M. Bon Lallart, rue des Balances, qui s'empressa d'en remettre à Doré la valeur. Dans un fait aussi insignifiant, enl'absence de tout préjudice, sans autre preuve que des dénonciations intéressées, le comité révolutionnaire trouva pourtant matière à information : il saisit les assignats, interrogea M. Lallart qui ne put reconnaître, on
ans ». — On établit un caissier par section choisi parmi les citoyens reconnus les plus vrais amis de l'indigence. On invite le district à faire an premier versement de neuf mille quatre cents livres par décade. Il est fait sur les distributions une retenue du tiers pour le pain et l'habiUement. « Le conseil général , prenant à tâche de maintenir autour de lui les vertus et les mœurs, colonnes de la République, engage ses concitoyens à faire usage de cette sobriété qui constitue l'homme raisonnable. Tout individu participant au secours qui sera rencontré pris de boisson sera amené au conseil général et recevra en séance publique.les reproches dus à son intempérance et, en cas de récidive, sera dénoncé au représentant. »
le comprend, ces chiffons de papier, conduisit le prisonnier dans sa maison, rue Ronville, et procéda en sa présence à une visite domiciliaire. On trouva dans un portefeuille vingthuit assignats de cinq livres semblables aux premiers. M. Lallart constata cette similitude et se borna à répondre que ces assignats provenaient sans doute des avances que son père lui avait faites ou du payement de ses fermages. — Quelques jours après, le 23 ventôse (13 mars), le comité de surveillance, « vu la dénonciation du 14 de ce mois, le procès- verbal des commissaires du 1 5, le procès-verbal d'audition des témoins du 23, le procès-verbal de vérification d'assignats du même jour, celui d'interrogatoire de Lallart dit Berlette dudit jour, arrêta que Lallart, dit Berlette, prévenu de distribution d'assignats faux, serait conduit en la maison d'arrêt du tribunal révolutionnaire d'Arras * ». — M. Lallart fut écroué aux Baudets. — Joseph Le Bon, informé de ces poursuites par Gabriel Le Blond, président du comité de surveillance, prit aussitôt l'arrêté suivant : « Arras, 24 ventôse : Je requiers le comité de surveillance et révolutionnaire de m'envoyer sur-le-champ les pièces relatives à Lallart, dit Berlette 2 ».
M. Lallart fut conduit à l'audience le 26 ventôse (16 mars). L'absence d'intention criminelle était évidente ; aussi le jury, n'étant pas encore entièrement plié au joug révolutionnaire, déclara que les assignats étaient faux, mais que le prévenu ne les avait pas distribués sciemment. En conséquence, M. Lallart fut acquitté.
Les Terribles s'indignèrent de ce jugement. On vit Le Bon arriver le soir- à la Société populaire, « se démener comme un diable, traiter les jurés d'hommes qui n'étaient pas fermes, s'irriter de ce qu'ils avaient été assez lâches pour