Archives départementales
chez le nommé Lallart, dit Berlette, détenu comme suspect; tu pareillement les papiers sus-mentionnés ; considérant que déjà, par un jugement, ledit Lallart a été convaincu d'avoir distribué de faux assignats, et que les ouvrages infâmes saisis chez lui prouvent qu'il savait servir la contrerévolution de diverses manières, arrête qu'à la diligence de l'accusateur public, ledit Lallart sera, dans les vingt-quatre heures, traduit au tribunal révolutionnaire de cette commune *. »
Le 29 ventôse (19 mars), M. Lallart fut ramené devant le tribunal qui l'avait acquitté trois jours auparavant : Demuliez avait abandonné son siège au substitut Potier.
Trois autres prévenus, défendus par Lefran, étaient assis avec Lallart au banc des accusés : c'étaient M* 68 Thérèse Dufour (34 ans), Laurence-Joseph- Amélie Lallart deBerles, née Lepage (40 ans) , Éléonore- Julie de Duglas, femme du marquis de Berthoult de Hauteclocque (42 ans) .
M lle Dufour demeurait avec sa mère à Douai. Expulsée de cette ville, elle avait été emprisonnée à Àrras, puis conduite à Doullens.Darthé trouva en sa possession, lors de la visite qu'il fit à la citadelle, des papiers qu'il remit à Le Bon. Le 27 ventôse le représentant la traduisit à son tribanal : « Vu la pièce intitulée Nouvelle du jour, du I e * avril 1791, jeu de lettres où la Nation, les représentants, la liberté sont outragés, la guerre appelée et le despotisme invoqué ; vu pareillement un recueil d'Oraisons manuscrites où le ciel est invité à se ranger du côté royaliste et contrerévolutionnaire, lesdites pièces trouvées dans le portefeuille de Thérèse Dufour; considérant que ladite Thérèse Dufour était déjà détenue comme suspecte à Doullens ; que par conséquent on ne peut croire qu'elle ait gardé les pièces susdites sans mauvaise intention ;