Moniteur du 10 septembre
3. «Le commissaire du représentant (Ju peuple Joseph Le Bon requiert le
malité remplie, il adressa les pièces à l'accusateur public:
« Vu l'interrogatoire subi par le nommé Mailly, ci-devant maréchal de France ; vu les pièces à sa charge, d'où il résulte qu'il est prévenu d'avoir souhaité la contre-révolution et de l'avoir fait espérer k son fils ; arrête, etc. l ».
L'acte d'accusation ne reprocha à M. de Mailly qu'un seul fait : le 12 novembre 1792, il avait écrit èrson fils une lettre, trouvée à Doullens, dans laquelle il disait « que l'honneur de son nom et personnellement de sa branche eût été porté au plus haut degré sans les circonstances ; mais que, si ses espérances n'étaient pas remplies, elles n'étaient pas anéanties, et qu'un jour heureux les ramènerait, non sur sa tête, mais sur celle de son fils ». On trouva dans cette lettre un « crime contre la sûreté intérieure de l'État », et sur le réquisitoire de Potier, malgré les moyens de défense présentés'par Lefran, on condamna M. de Mailly à la peine de mort.
L'échafaud n'était pas fait pour intimider le duc de Mailly ; il apprit à la populace « comment meurt un maréchal de France ». Vive le Roi! tel fut son dernier cri.
4 germinal (24 mars). — Un mulquinier de Bertincourt, François Noiret (65 ans) et un marchand de tabac de Vignacourt (Somme), Jean-Baptiste Thuilliez (35 ans), furent condamnés à mort pour distribution de faux assignats.
5 germinal (25 mars). — Antoine Hatu (66 ans), tailleur à Valenciennes, avait répondu aux officiers municipaux de Metz-en-Couture qui lui demandaient : D'où es-tu? — D'un pays où les braves gens sont rares. — Il avait ensuite refusé
comité de surveillance de faire conduire de suite au deuxième bureau du département le nommé de Mailly, ci-devant maréchal de France, détenu à Doullens, à présent à Arras. » — Darthé.