‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 13 sur 185 · Délib. du 2 juillet 1702. Arch. munie · texte numérisé non relu

Délib. du 2 juillet 1702. Arch. munie

moyens la cause criminelle de leur maître; mais nous ne souffrirons point que nos suffrages tous servent à trahir la nation. » — La pétition se terminait ainsi : « Nous tous déclarons que nous nous présenterons à vos*séances pour y

être témoins de vos opérations Si cette détermination

vous blesse et qu'il vous faille des victimes, jetez les yeux sur nous ; prenez nos noms, et que ceux qui défendent le plus ardemment les droits de rhumanité tombent les premiers sous le couteau des tyrans : c'est la gloire que nous nous disputons tous. » Contre cette manifestation audacieuse, signe précurseur d'excès plus coupables, le département indigné, mais impuissant, ne voulut pas examiner s'il avait un droit de répression immédiate ; il se contenta d'en référer à l'Assemblée nationale. En attendant, il organisa, dès le 5 juillet, la publicité des délibérations. (Cette publicité ne fut rendue légalement obligatoire en France que par le décret du 2 septembre 1792.) — Ainsi la faiblesse des actes rendait impuissantes et vaines l'énergie du langage et l'honnêteté des sentiments.

Joseph Le Bon, appelé fréquemment à Arras par ses relations de famille et d'amitié, par ses fonctions de vicaire de Saint- Vaast et plus encore par le désir qu'il avait de devenir nu personnage politique, n'était pas resté étranger aux menées d'un parti dont il partageait les idées et les intérêts. Il s'était fait admettre à la société des amis de la Constitution et s'attachait à conquérir, en flattant les passions des habitués du club, une position qui satisfit son orgueil *. Les succès qu'il obtiendra bientôt de la faveur populaire, les éloges qu'on lui prodiguera, un an plus tard, en le proclamant, <c le chef de la sainte insurrection qui s'est élevée

1. « Hier au club, écrivait-il à Elisabeth Régniez, j'ai rédigé, séance tenante, une adresse terrible à l'Assemblée nationale pour l'engager à donner le signal de l'insurrection. Je te l'enverrai au premier jour, le f embrasse de tout mon cœur. » (Lettre précitée, page 44, note.)

contre les trop fameux arrêtés des 26 juin et 3 julliet 1 792 », suffisent à démontrer que, dès l'époque qui nous occupe il avait pris place au premier rang des agitateurs. — Et, en effet, il est à noter qu'à la veille des événements dont l'éventualité n'était un secret pour personne, Le Bon, sans avoir donné sa démission de curé de Neuville, avait cessé de résider à la campagne : du 18 juillet au 22 septembre, les registres de la paroisse attestent qu'il se fit remplacer par divers prêtres assermentés qui signèrent avec son autorisation les actes de l'état-civil.

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