‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 15 sur 185 · Décret du 11 août · texte numérisé non relu

Décret du 11 août

« Vous te voyez, la liberté commence à renaître ; si tous voulez la conserver, envoyez à Paris de bons représentants, et pour avoir de Jbons représentants, nommez de bons électeurs.

« Point de riches ; les riches sont presque toujours les ennemis des pauvres. Point d'hommes fiers; point de grands salutateurs, ... point de distributeurs d'argent ou dépôts de bière,.*., point d'hypocrites,.... point de nouveaux convertis,. ... point de ces gens qui ne se familiarisent avec la Mère Ducheme l et les sans-culottes que quand les sans-culottes sont les plus forts, et qui, hors de là, les méprisent ou les persécutent.

« Rendez-vous tous exactement à l'assemblée primaire, en chantant Ça ira; entraînez les faibles et les paresseux ; restez-y en grand nombre pour surveiller les aristocrates et les feuillants plus dangereux encore, dussiez-vous y passer deux ou trois jours. Vous faites bien toutes les semaines le lundi pour vos plaisirs ; faites-le cette fois pour vos plus chers intérêts, mais non pas dans les cabarets ni dans le faux-bourg Saint-Sauveur.

« Braves citoyens, c'est un ami qui vous parle ; ses sentiments vous sont connus : attendez-vous aux plus grands malheurs, Ai vous êtes sourds à sa voix 2 . »

L'appel de Le Bon fut entendu; les citoyens du canton de Reeux, après lui avoir donné la présidence de l'assemblée. primaire, le nommèrent électeur. Enhardi par ce premier avantage, il aurait sans doute porté plus loin son ambition : mais pour être éligible à l'Assemblée nationale, il fallait, d'après la loi du 22 décembre 1789, « payer une contribution directe équivalente à la valeur d'un marc d'argent et en

1. La mère Duchesne d'Arras était une marchande de galettes, qui demeurait dans une cave et qui figurait au premier rang dans les processions civiques.

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